LES
De quelques critiques, — M. Léon Feugère, — Les Caractères el portraits littéraires du sei:ième siècle. — MM. Demogeot et Robiou. — La littérature avant Corneille et Descartes. — Les Variétés de M. de Sacy. — Libres opinions morales et historiques, par M. Emile Moiitaigut. — L'esprit allemand et l'esprit français. — La littérature et l'industrie. — Deux frères jumeaux : M. Renan et M. Taine. — La critique mélancolique. — Use méthode nouvelle. — M. de Ponlmarlin et la causerie littéraire. — M. Sainte-Reuve. — Le monde des lettres et la sociélé polie.
— Les Causeries du Samedi. — Les fétiches littéraires. — Philinie et Alceste. — Dernières études historiques el littéraires, par M. Cuvillier- Fieury. — La critique pédagogique. — Œuvres complètes de H. Rigault.
— Hoc erat in rôtis.
Je voudrais, à propos de quelques publications nouvelles, — épaves du journalisme recueillies par la librairie parisienne, — donner une idée de la situation de l'esprit critique en France. Peut-être n'est-ce pas chose facile, car le caractère des civilisations avancées comme la nôtre est de produire un nombre considérable de critiques et fort peu d'écrivains ori-
ginaux, beaucoup plus de Quintiliens que de Virgiles ou de Cicérons. Comment, en outre, classer avec un peu d'ordre et de méthode cette tumultueuse famille qui, dans les Revues, dans les grands et petits journaux, s'arroge le droit de juger des œuvres de l'esprit, comment dégager l'idée mère de la critique contemporaine, quand chacun suit sa propre fantaisie pour tout principe, et va où le vent le pousse? Aujourd'hui, en effet, il n'existe plus, comme il y a un quart de siècle, d'écoles littéraires ni de groupes autour d'un même drapeau, obéissant aux mêmes doctrines, ou, si l'on veut, animés des mêmes passions. On ne voit nulle part de ces théories générales, reconnues de tous, crues et acceptées sans discussion, sorte de fonds commun où puisaient les esprits qui ont fait la gloire et la force des grandes époques littéraires. Dans la^société contemporaine, les idées, essentiellement individuelles, se sont morcelées comme le sol. A peine entrés dans l'arène de la publicité, tous nos critiques se regardent comme passés maîtres ; ils sont chefs d'école, docteurs, professeurs ex cathedra. 11 ne leur manque qu'une seule chose : des disciples.
Il faut donc se borner i\ signaler, au milieu de la foule, quelques individualités sur lesquelles des œuvres récentes appellent l'attention, et qui marquent dans les divers genres, depuis la critique his-