M. LÉON FEUGÈRE
torique jusqu'à la causerie littéraire, depuis la fantaisie panthéistique jusqu'à la critique érudite et savante qui se complaît dans l'étude des vieilles chroniques et des chartes originales.
C'est à cette dernière catégorie qu'appartenait M. Léon Feugère, que les lettres ont perdu dans la maturité de l'âge et du talent. Ses Caractères et portraits littéraires du seizième siècle^ renferment toute une série de monographies savantes, dans lesquelles on voit revivre des figures originales et puissantes, mais un peu enfouies sous la poussière du passé : celles de la Boétie, des frères Pasquier, de Scévole de Sainte-Marthe, d'Henri Estienne, d'Agrippa d'Aubigné, de Jean Bodin, de Gui du Faur de Pibrac, etc.
A une époque où toutes l|s physionomies s'amoindrissent, oi^i les traits s'effacent, on peut trouver à la fois un vrai charme et un grand profit dans l'étude de ces caractères rudes et fiers du seizième siècle, de ces écrivains-soldats à la fois hommes de pensée et hommes d'action, qui, au milieu des camps et tout en prenant une part incessante aux agitations