Deux vol. in
politiques et religieuses de leur époque, ont entrepris et mené à bonne fin des œuvres colossales, des ouvrages d'une érudition toute bénédictine. M. Feugère a été bien inspiré en étudiant, sous la forme biographique, un siècle dans lequel la personnalité humaine tient une si grande place. C'est assurément un des plus curieux, et, je ne crains pas d'ajouter, un des plus édifiants de l'histoire, car ses agitations et ses soulèvements avaient leur cause dans une foi profonde. Il combattait pour des croyances là où trop souvent nous combattons pour des opinions et quelquefois pour des intérêts. Malheureusement, l'ouvrage de M. Léon Feugère est incomplet, et il ne montre guère qu'un des côtés du seizième siècle, le mauvais, le côté révolutionnaire et raisonneur. C'est ainsi qu'il retrace avec amour l'histoire de la vie et des travaux de calvinistes comme d'Aubigné et les Estienne, de gallicans parlementaires comme Etienne Pasquier, Jean Bodin et Pibrac, tandis qu'il passe sous un silence qui peut^sembler systématique tant d'écrivains catholiques, de héros ou de saints qui, en triomphant par la plume, par la parole ou par l'épée, des mauvaises passions de leurs contemporains, ont préparé les paisibles splendeurs et la renaissance chrétienne de l'âge suivant. On aimerait à voir au moins se détacher la rayonnante figure de saint François de Sales dans la galerie de M. Feugère