‹ Les signes du tempsChapitre 44 sur 148 · Lamartine, la Prière · texte numérisé non relu

Lamartine, la Prière

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Les poètes ont alors cherché une autre voie. Ils sont devenus sensualistes, réalistes, fantaisistes, intimes, etc. Les uns ont dressé des autels à Vischnou ou à Brahma; les autres ont redit les charmes de la télégraphie électrique et de la galvanoplastie ; d'autres ont fait des pastiches de la Grèce ou de Rome. Nous en sommes là.

Et pourtant la poésie n'est pas morte. Elle peut avoir ses heures de défaillance ou d'expiation, elle peut languir un moment sur sa tige dans l'attente d'un rayon de soleil ou d'une goutte de rosée; mais elle ne saurait mourir, puisqu'elle répond à ce qu'il y a de plus intime et de plus profond dans la nature, puisqu'elle est la fleur même de l'esprit humain ! Quel sera son prochain avenir? — Il est difficile de le prévoir au milieu de la confusion des écoles et de l'anarchie des systèmes. Mais il serait douloureux de penser que l'immense travail qui s' élabore en ce moment sera tout à fait stérile et qu'il ne donnera pas naissance à celui que la foule attend pour retrouver ces généreux enthousiasmes qui sont un des besoins de sa nature, à ce poète des temps nouveaux dont de nombreux précurseurs préparent et annoncent déjà la venue.

On étonnerait beaucoup, en elfet, les hommes uniquement préoccupés de plaisirs et d'affaires, ou voués à l'accomplissement d'austères devoirs qui

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