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DEUX POÈMES ÉPIQUES

en passant tous ces chardons et n'en continue pas moins sa course triompliante. Les /{usses l'empèchent-ils d'achever un vers, il écrira bravement les Bussiens, comme un tambour dans une lettre à sa payse :

Un courant merveilleux qui ne vient point de l'homme Fait marclier les Russiens sur les cliemius de Rome.

Ailleurs, il met en scène un vieillard, héros des néfastes journées de la Révolution, qui sent

Une larme amère Rouler comme le samj du sein de sa paupière., ,

Lupicin (C'est le nom que portait ce vieux républicain).

Voici maintenant la description d'un combat. C'est un épisode de la prise de la tour Malakofif:

Cependant sous le feu nos soldats écrasés

Tombent partout sans vie et jonchent les fossés.

N'importe! S'ils n'ont plus, au sein de la mitraille.

L'espoir d'escalader de nouveau la muraille.

Ils sauront tous du moins, sans reculer d'un pas.

Braver ou recevoir un trlorieux trépas.

Mais à cette lieure, ô ciel! du haut du Carénage,

Une bombe s'envole et répand le carnage :

Bosquet, l'illustre chef, accouru dans ces lieux,

Pour modérer l'élan de nos chefs furieux,

Au côté droit frappé par la talale bombe.

Sur le sol entr'ouvert déjà roule et succombe.

Placé, pendant l'assaut, au haut du Brancion,

Pélissier, à ce coup, sent un léger frisson.

Se souvient de Marie, en ce jour vénérée.

Et presse sur son cœur la médaille sacrée...

La Vierge au ciel sourit au généralissime;

Pélissier aussitôt députe Sophronime :

i28 LES SIGNES DL TEMPS.

« Cours, vole, en cet instant sur ton coursier poudreux: Que le grave Dulac, à ce coup désastreux, De l'illustre Bosquet ose prendre la place; Qu'à son tour de Cissey s'avance et le remplace, Qu'on prodigue les soins au général français. Honneur de la patrie, orgueil des Bayoniiais. »

Et aussi des baïomiettes !

A ces mots dans les airs soulevant la poussière, Sophronime déjà vole dans la carrière,.. Cependant les Anglais, au feu qui les dévore, Quand flotte sur la tour le drapeau tricolore Dont les plis onduleux proclament le succès Qui couronne déjà le front de nos Français, S'avancent à leur tour vers le Redan qui tonne ; Malgré les cent canons, ils poussent leur colonne. Le colonel ^Vindham, larme en main, le front haut. Au signal convenu les entraîne à l'assaut ; Et du haut du Redan, sur son infanterie Par le ciel foudroyée au nom de sa pairie, La bombe et le boulet roulent avec fracas. Et sèment dans leurs rangs un abondant trépas..

Assurément ce n'est point la facilité qui manque à l'auteur des Finançais en Orient, il en est pourvu surabondamment; au soutïle de la muse, les vers tombent de sa plume comme les feuilles d'une forêt au souffle des vents d'automne, on voit qu'il est tout brûlant de cette « ardeur périlleuse , > de cet « amour de rimer » dont le maître engage à fuir les trompeuses amorces, mais qui pourront se transformer en talent réel, pourvu que l'étude, l'âge, la rf'flexion et surtout la direction « du sage ami » lui viennent en aide.

Exilez de Quinault la slérile aliondance.

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