‹ Les signes du tempsChapitre 50 sur 148 · M. BARILLOT · texte numérisé non relu

M. BARILLOT

aime à contempler le ciel bleu, la plante qui fleurit au milieu des ruines, la feuille qui tourbillonne au souffle de novembre, surtout elle aime à chanter auprès des berceaux :

Dans le buisson dort la fauvette,

Dodelinette, La mésange sur le bouleau,

Dodelino ; L'enfant dort dans son berceau ,

Et la fleurette

Au bord de l'eau.

Dodelinette,

Dodelino !

Elle se complaît aussi à écouter dans une rêverie ineffable les chansons du mois de mai ; « le Merle à la voix sympathique , le Rossignol aimant l'herbe et les eaux; » à suivre dans le « Miroir des champs » le vol des hirondelles et des bergeronnettes :

Au bas de ce buisson semé de violettes, De frais muguets, de blanches pâquerettes.

Deux petites bergeronnettes Gazouillaient dans leur nid, nid de paix et d'amour

Où glissait un ravon du jour.

Et qu'une douce mère abritait de son aile.

Mais on ne saurait aimer ainsi les enfants et les oiseaux sans tenir en réserve quelque friandise dans une bonbonnière ou quelque conte dans un coin de sa mémoire. Aussi les Vierges du foyer redisent-elles souvent des légendes familières, des histoires, et surtout de ces apologues où une leçon de morale se déguise sous la forme du récit :

— Enfant, prends cette feuille à la verte enveloppe. Velue et dentelée : examine-la bien.

Maintenant qu'y vois-tu ! — Père, je n'y vois rien.

— Que ton œil la regarde avec ce microscope...

Y vois-tu quelque chose? — Oh! père, que c'est beau!

J'y vois tout un monde nouveau!

Des forêts, des gazons, des insectes qui volent! Les uns longs et rampants, d'autres qui cabriolent. Tout bouge, tout remue aux rayons du soleil : Non, non, mes yeux n'ont rien vu de pareil!...

— Cela te prouve, enfant, qu'il ne faut rien détruire. Que dans la moindre feuille un monde entier respire.

Le livre de M. Barillot est rempli de ces petits drames à la manière de Florian , d'une tournure aussi vive et peut-être plus naturelle.

Avant de finir et de quitter cette veine de la poésie familière, je dois signaler deux publications assurément fort disparates , mais qui ont la prétention de s'adresser au même public , les Uondes du couvent, de M. Marcellin Moreau, et le Béranger des familles. Les Rondes du couvent sont faites pour remplacer ces refrains populaires, ces fils perdus de la gaieté française , dans lesquels on rencontre presque toujours une mollesse de ton et des crudités de langage qui doivent leur interdire l'accès de tous les foyers chrétiens. On trouve dans les poésies de

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