DEUX ÉCOLES LITTÉRAIRES
liiiures terribles; mais la première, attentive à ne jamais briser le cœur, donne encore aux plus sombres tableaux je ne sais quel reflet divin ; la seconde, toujours soigneuse d'attrister, répand sur les images les plus riantes comme une lueur informe. L'une, enfin, ressemble à Emmanuel, doux et fort, parcourant son royaume sur un char de foudre et de lumière; l'autre est ce superbe Satan, qui entraîna tant d'étoiles dans sa chute, lorsqu'il fut précipité du ciel. Ces deux écoles jumelles, fondées sur la même base et nées pour ainsi dire au même berceau, jious paraissent spécialement représentées dans la littérature européenne par deux illustres génies : Chateaubriand et Byron ' . »
Au moment même où il écrivait cette page , -M. Victor Hugo était une des plus chères espérances de la première de ces deux écoles. C'était le temps où il atïirmait que « l'histoire des hommes ne présente de poésie que jugée du haut des idées monarchiques et des croyances religieuses -. » Alors Ormuzd, le bon génie, l'ange de la lumière, régnait en vainqueur dans son âme. Il n'avait point encore divorcé avec le bon goût et le bon sens, il n'avait point encore inventé d'étranges théories pour justi-
1. LiUcrattirc et Pliilo^opliie mêlées, t. I, p. 71-7 3. Paris.