‹ Les signes du tempsChapitre 57 sur 148 · Ger.csc, XI, i · texte numérisé non relu

Ger.csc, XI, i

l'Orient. Prenons donc son livre, non tel qu'il nous le présente, mais tel qu'il est, c'est-à-dire comme une série d'empreintes successives du profil humain , de médailles classées par ordre chronologique, mais avec de nomhreuses lacunes, dans une sorte de galerie où viennent successivement figurer Eve, Gain, Daniel dans la fosso, Booz endormi, l'ânesse du prophète Balaam , la résurrection de Lazare, le lion d'Androclès, Mahomet, le cycle héroïque chrétien, la chevalerie errante, les trônes d'Orient, l'Italie au moyen âge, la renaissance, l'inquisition, où l'on trouve quelques échos des temps modernes et même une vision de l'avenir.

Toutefois, il y a dans cette œuvre une sorte d'unité (|ue nous ne devons pas méconnaître et comme un double courant qui lui imprime le mouvement et la vie : d'un côté, la haine du mal, de l'injustice et de la violence, du crime superbe et triomphant, de la tyrannie sous toutes ses formes; de l'autre, l'amour du faible et du misérable, du petit, de rhuud>le, de l'opprimé, et l'exaltation du Justicier qui les protège ou qui les venge. Rien de plus louable sans (k)ute. Mais il faut dire (jue cette longue antithèse entre le bon et le mauvais, entre le juste et l'injuste, amène parfois sous la plume du poète d'étranges jugements et fait naître des confusions bien malheureuses.

Page 1