‹ Les signes du tempsChapitre 60 sur 148 · II. > V A l'Lis i)'i:>K\.\Ts · texte numérisé non relu

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réunit à la t'ois les convenances et la sympathie. C'est parfait ! Je me charge d'arranger ton affaire.

« Et voilà nos deux péronnelles que l'école réclame, que les gammes attendent, et qui savent à peine les premières leçons de leur catéchisme, lancées à la poursuite d'une intrigue matrimoniale 1 Nos grand'mères riaient avec raison de ces jeux d'enfant, même quand Va petite femme et le petit mori prenaient leur rôle au sérieux. Autres temps, autres mœurs! Croyez bien qu'aujourd'hui de semblables comédies ne sont pas sans danger, surtout dans la société parisienne, dans cette serre chaude où affluent toutes les primeurs, où l'on grandit si vite, où // n'y a plus d'enfants, comme disent, avec trop de vérité, M. Cham et M. Nadar.

« Assurément je ne veux rien exagérer, et je suis la première à regretter l'innocente joie de ces bals domestiques qui réunissaient les enfants du manoir, l'été, sur la pelouse, l'hiver, dans la grand'salle , au feu vacillant d'un vaste foyer, où l'on dansait, en cotillon simple et en souliers j)lats, au son de joyeux refrains qui valaient mieux que les quadrilles de M. Musard. Ce que je blâme , c'est la surexcitation de la vanité et de la coquetterie , c'est la recherche des toilettes, c'est l'éclat delà musique et des décorations; en un mot, c'est le développement excessif d'un luxe qui prépare aux jeunes générations les dé-

IGi LES SIGNES Dl TEMPS.

ceptions les plus cruelles , et dont l'effet le moins désastreux est de blaser l'enfance, de la flétrir dans sa fleur, de lui inspirer, avec l'aversion des plaisirs simples et naturels, la passion des voluptés factices, acres et malsaines. Au surplus , je ne suis pas seule de mon avis, et , si vous voulez savoir ce que pense sur un semblable sujet un homme dont le nom est une autorité, lisez le traité tX Éducation de Monseigneur Dupanloup. »

Ainsi parla ma noble interlocutrice.

J'avoue qu'il me fut impossible de rien répliquer, car elle n'est pas le moins du monde une janséniste austère ou une dévote acariâtre. Si elle a la pieuse sagesse de madame de 3Iaintenon , elle a l'esprit et les grâces indulgentes de madame de Sévigné; si elle est sévère pour elle-même, elle est bonne et compatissante pour les autres, et sa haute raison, son expélionce consommée du meilleur monde, aijisi que le charme qui s'exhale de ses moindres paroles, en font l'oracle irrésistible et incontesté de tous ceux qui l'approchent.

Rentré chez moi, j'ouvris, suivant son conseil, le second volume de Monseigneur l'évéque d'Orléans. J'y lus ce ({ui suit dans le chapitre sur la PurcW: des mœurs :

« Je sais que, pour adoucir l'austérité de leur éCw:calion, on a imaginé les bals d'eiifanls : tiuit-il dire

Ol'INION DE MGR. DLPANLOLP. 165

ici pleinement ma pensée?... Ce sera, du moins, mon dernier mot. Oui , il est vrai , les bals d'enfants sont une des consolations et des joies de l'éducation privée. Mais, pour moi, je dois l'avouer, ils ne me consolent pas et me rassurent encore moins! je l'ai déclaré souvent, je n'aime pas qu'on arrache un entant à sa mère et qu'on le livre avant le temps à l'éducation publique! Mais, si les bals d'enfants conîiiment, je serai condamné moi-même à demander que l'éducation publique commence plus tôt. Sérieusement, quand se décidera-t-on à respecter les âmes immortelles et à renoncer à toutes les indignités par lesquelles on les profane ? »

Qu'on décide maintenant entre de tels avis et le mien! quanta moi, mon choix est fait : jene suis pas de mon avis.

M. de Lamartine édite par lui-même — Uu souvenir de La Fontaine. — Les entretiens mensuels de littératui'e. — M. de Lamartine et Savonarole. Le roman et l'histoire. — La vérité sur l'illustre dominicain.

M. de Lamartine publie une édition complète et définitive de ses œuvres, et plusieurs journaux en ont fait connaître la préface. Nous voudrions pouvoir dire à nos lecteurs : portez à Bélisaire l'obole devotre souscription, car un drame douloureux se cache sous cette spéculation littéraire. Mais la charité ne saurait être complice de la propagation de doctrines perverses,de jugements faux, d'erreurs historiques, morales ou religieuses, et Dieu sait combien l'auteur de \diCliutc d'un ange et des Girondins en a accumulé dans l'immense collection de ses écrits ! On a ri du bon La Fontaine proposant, après sa conversion, de publier une nouvelle édition de ses Contes au profit des pauvres. On ne peut que gémir en voyant M. de Lamartine éditer quarante volumes de ses œuvres au profit de

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