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LE CONGRÈS DES FLELRS

et les nobles qu'à l'état de courtisans, l'émigTation des campagnes a commencé , que l'agriculture est tombée en décadence, et que la France, jetée hors de ses voies naturelles, a été livrée à tous les vents de la politique comme à toutes les aventures de l'ind-ustrie.

Mais je n'en ai pas fini avec les congrès. J'oubliais le plus beau, le plus gracieux, le plus attrayant, le plus éloquent de tous,

Le Congrès des fleurs!

Je ne pense point commettre ici de paradoxe, ni provoquer de réclamations rivales. Nul sans doute n'entend disputer à mon congrès préféré la palme de la beauté et de la grâce. Je mets au défi toute réunion d'hommes, tout corps constitué d'émettre sur ce point une prétention acceptable. Le type humain dégénère trop pour cela. L'homme enlaidit de siècle en siècle. Isolée, bien que peu conforme aux règles de l'esthétique, sa figure est encore supportable; mais contemplée au milieu deda foule, elle atteint des proportions de laideur vraiment formidables. Je crois même que les réunions de savants ont, à cet égard, des privilèges tout particuliers; j'en atteste la séance annuelle des cinq Académies au palais de l'Institut.

Quant II l'éloquence, sans nier celle des congrès de savants ou de lettrés, on me;permcttra de préférer l'éloquence des fleurs, les sympathiques, accents

de leur âme, les douces causeries qui s'exhalent de leur calice embaumé. Ne les avez-vous donc jamais entendu converser entre elles, ou échanger avec la brise du soir une mutuelle confidence? — Non. — Alors, vous n'aimez pas les fleurs, vous n'êtes pas initié à leurs mystères, vous n'êtes pas digne d'assister à leurs congrès. Restez chez vous. Mais pour peu que vous ayez pénétré dans ce monde enchanté, et étudié les manifestations de la vie végétale, vous trouverez un charme irrésistible dans ces expositions horticoles qui vont chaque jour se propageant de plus en plus parmi nous. Tendance heureuse et charmante. Celui qui étudie les signes du temps a troj) souvent à déplorer des perversions ou des décadences, à constater des symptômes de mauvais augure pour qu'il ne saisisse pas avec empressement l'occasion d'indiquer ceux qui lui semblent de bonne et consolante espérance, qui sont la marque d'un retour aux plaisirs délicats, aux pures jouissances de la vie familière. Or, il est vrai de dire que le goût des fleurs est devenu universel. Le petit jardin se montre partout, à la campagne comme à la ville; il a sa place réservée sous la haie vive dans l'enclos de la chaumière; il encadre de festons et de guirlandes la fenêtre de l'ouvrier; l'humble giroflée enbaurae la mansarde pendant que la fleur de luxe s'étale dans des palais vitrés; les plantes les plus gracieuses, disposées avec

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