DÉCADENCE DU RESPECT
ilont nous ne voyons que trop la réalisation. La notion du respect s'altère de jour en jour dans la société contemporaine , tandis que l'école du mépris fait d'efirayants progrès ; elle triomphe sur toute la ligne, jetant sa pierre à toute hiérarchie, à toute autorité qui commande, à toute grandeur qui s'élève : le souverain pontife, l'évêque, le prêtre, le père de famille , la femme , tout ce qu'il y a de plus noble , de plus saint, de plus pur et de plus élevé ici-bas, est en butte à ses attaques, qui ne s'arrêtent guère que devant l'écharpe du commissaire de police et les menottes du gendarme ; car, il faut lui rendre cette justice, l'école dont je parle, qui est très-hardie et très-insolente quand il s'agit de grandeurs et de forces purement morales, est très-prudente et très-souple en présence de la force matérielle ; elle affronte le mépris des honnêtes gens, mais elle craint prodigieusement la police correctionnelle , et surtout l'amende qui s'ensuit.
On a vu depuis quelque temps plusieurs faits douloureusement significatifs de la tendance que nous signalons.
Un évêque de France, dont le zèle, les vertus, Téioquence, l'amour intelligent de l'enfance et de la jeunesse sont dignes de la vie de Fénelon , publie un jour en faveur des droits méconnus et outragés du souverain pontife une protestation qui retentit
d'un bout à l'autre du monde catholique. Il y llétrissait avec une légitime indignation, comme c'était son droit et son devoir, les outrages adressés au Saint-Père par une plume française. Que fait l'écrivain ainsi désigné par l'illustre prélat, au lieu de subir en silence un châtiment mérité ou de répondre avec gravité, avec mesure et respect par des faits et non par des invectives ? Frémissant de rage sous la verge épiscopale, il retourne contre l'évêque les traits qu'il avait déjà dirigés contre le pape et son ministre, il vomit des injures d'estaminet, il aiguise des épigrammes dont la forme surannée rappelle les beaux jours de la Minerve et du Nain Jaune ; car l'impiété , qui est vite à bout d'arguments , tourne éternellement dans un cercle vicieux , et ses plus grandes hardiesses ne sont que des souvenirs et des pastiches. Les hardiesses de M. About ne dépassent point l'essor de celles des libéraux de 1 825 : elles sont frappées dans le même moule et elles ont la même tournure. Des amis complaisants prétendent qu'il est fils légitime de Voltaire. Ce n'est qu'un bâtard de M. de Jouy.
Je dois ajouter pour l'élification publique que M. About a rencontré de nombreux souteneurs de sa cause contre Mgr d'Orléans. 11 a eu pour alliés et pour complices plusieurs organes de la grande et petite presse, (|ui admettent parfaitement qu'on