‹ Les signes du tempsChapitre 75 sur 148 · L.NE CRITIQUE DES MOINES d'oCCIDENT · texte numérisé non relu

L.NE CRITIQUE DES MOINES d'oCCIDENT

ses Mélanges distillent à chaque page un insupportable ennui, son livre sur Marie-Magdeleine , écrit pour lui servir d'introducteur dans la salle du palais Mazarin, est «tout imprégné de sensualisme; » c'est une vie de sainte, quant au titre, un roman, quant au fond. De plus, le nouvel académicien ignore le français, il est « faux et froid , guindé, prétentieux, rlîétoricien, empoisonne de r/ic torique. »

Ce mot aurai! suffi sans en lurreiil d'injures.

Ce n'est pas tout , comme l'appétit vient en mangeant, et qu'il faut à tout prix que Barbey Dantlin fasse office de jugeur, après la cause de l'illustre enfant de saint Dominique, le critique du Pays appelle celle de l'autour des Moines d'Occidenf. Ce livre n'a pas le don de lui plaire, et peu s'en faut que le juge ne s'endorme à l'audience. Selon lui, c'est une œuvre qui ne satisfait « ni le criticiue ni le clir(Hien; » cette apologie des ordres religieux « nouvelle sans nouveauté » est « sans éclat, sans poésie, sans manière de tourner les choses ou de les retourner {?] » Enfin, ce n'est pas le Génie du christianisme , c'est le christianisme sans génie. »

Ah! iiu'en lermes galants ces choses-là sont dites...

C'est à faire pâmer toutes les Bélises du Pays et l'ombre de Trissotin a dû tressaillir de jalousie. Dandin n'a jtas trouvé la i)1lis petite page digne de

ses éloges dans tout le cours de ces deux volumes , non plus que dans cette incomparable légende de Sainte Elisabeth que nous admirions jusqu'ici à l'égal d'une peinture d'Orcagna ou d'Angelico, mais qui n'est « qu'un vitrail de chapelle sans couleur et sans naïveté. »

Je n'ose me hasarder à plaider les circonstances atténuantes et à essayer de réfuter toute cette dandinerie. A quoi bon? On ne réfute pas le parti pris, et il n'y a rien à faire contre le dénigrement aveugle et systématique, à moins de rire ou de siffler. Il est de mode aujourd'hui, dans les rangs d'une certaine critique, de prendre des airs et de se donner un genre, de vêtir des costumes excentriques et d'afficher des opinions paradoxales , de prendre tout à rebroussepoil, de fronder toutes les doctrines reçues, tous les principes admis, d'aller au rebours du senscommun, et, pour revenir à la première pensée de ce chapitre, de ne respecter aucune supériorité sociale, aucune renommée acquise , aucun talent reconnu. C'est k\ un des signes du temps.

Il me souvient qu'à l'époque de la mort de notre cherpoëte Brizeux, il y avait dans les lettres un véritable concert de regrets, à l'occasion de cette fin prématurée qui enlevait à la Bretagne et à la Poésie un interprète plein de grâce, d'originalité et de fraîcheur. Chacun voulait déposer sa couronne de fleurs

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