‹ Les signes du tempsChapitre 8 sur 148 · L'n vol. in-8, 18ÔS · texte numérisé non relu

L'n vol. in-8, 18ÔS

le disciple fervent du vieux Gœtlie, M. Montaigut a fini par protester ouvertement contre le matérialisme de sa doctrine. Lui aussi, il a été tourmenté, comme l'auteur du Wilhelm Meister, du besoin d'un idéal nouveau, et il a cru voir poindre dans le mouvement des sciences, dans le développement de l'industrie, l'aurore d'une civilisation « toute brillante de couleurs inconnues. » Longtemps il a pensé que l'industrie serait le nouveau principe qui communiquerait aux arts une vie nouvelle; que la beauté et la poésie sortiraient tout armées des machines à vapeur comme la Sagesse du cerveau de Minerve. Aujourd'hui il dit hautement que la civilisation matérielle, dégagée du contre-poids delà civilisation spirituelle, est un etfroyable instrument de mort et de ruine, que l'industrie sans âme n'est qu'une manufacture de jouissances. On ne saurait trop relire l'article qui renferme cette profession de foi et dans lequel on croit entendre comme un écho mondain des conférences de Xotre-Dame.

Mais l'exercice du rationalisme n'a pas toujours des conséquences aussi iieureuses. Voici deux écrivains, M. Renan et M. Taine, qui, en poursuivant le feu follet de la raison, sont tombés dans le plus abject matérialisme. Eux aussi sont des enfants perdus de l'Allemagne, et ils se sont donné pour mission de propager parmi nous les résultats de la critique

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