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MONUMENTS RELIGIEUX

On doit, du reste, reconnaître que Paris, malgré son esprit révolutionnaire et sceptique, n'a jamais craint d'honorer les patrons de la France monarchique et chrétienne. 11 a été élevé de magnifiques sanctuaires à sainte Clotilde et à sainte Geneviève ; le souvenir du grand apôtre des Gaules, saint Denis, se retrouve à chaque pas dans ses rues, dans ses places publiques, dans ses églises; enfin, du pied même de la nouvelle fontaine Saint-Michel , le regard peut se reposer à la fois sur la Sainte-Chapelle, où resplendit l'image du plus saint de nos rois, et sur Notre- Dame, où l'on vénère la plus auguste de nos patronnes.

Ah ! l'incrédulité a beau faire, elle chante en vain les funérailles de l'Église, elle retrouve l'Eglise toujours et partout; pour un monument religieux que le siècle détruit, il s'en élève vingt autres destinés à perpétuer la mémoire des Saints, c'est-à-dire des hommes qui sont la condamnation et l'antithèse vivante du siècle. La Religion a fait la France, elle a veillé comme une mère sur son berceau, elle l'a nourrie de son lait, elle a présidé à toutes ses destinées, elle est la sève immortelle de ce grand chêne qui a pris racine dans le sol de la vieille Gaule et qui étend aujourd'hui jusqu'en Orient ses rameaux protecteurs. Nous défions la France de se soustraire jamais à son maternel empire.

i64 LES SIGNES DU TEMPS.

Mais revenons à notre promenade à travers les démolitions parisiennes. Encore un vieux château qui s'en va et dont la noble poussière \a être répandue à tous les vents du ciel. Le château et le parc de Bercy ont été achetés par la compagnie du chemin de fer de Lyon et par une société de spéculateurs au prix de 1 0,500,000 francs, plus 50,000 francs d'épingles pour les serviteurs et employés du château. Il appartenait à la famille de Nicolaï, qui avait déjà cédé plusieurs parties du parc pour un prix d'environ 3 millions de francs.

De tels marchés contrastent avec la médiocrité des fortunes contemporaines. Mais l'étonnement cesse quand on voit ce château, qui est le digne contemporain (1q palais de Versailles. Il fut construit par le propre frère de Jules Hardouin Mansart, architecte du roi Louis XIV, au milieu de splendides jardins dessinés et plantés par Le Nôtre.

A la seule contemplation de ces ruines splendides, on se demande avec étonnement quels étaient ces grands seigneurs qui , de leur autorité et de leur fortune privées et guidés par l'amour intelligent du grand et du beau, se bâtissaient de semblables résidences.

Hélas ! Bercy n'est plus qu'une ruine, et il faudrait vingt fortunes pour le relever et pour l'entretenir. Sa vente est d'ailleurs une nécessité des temps

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