‹ Les Signes Oculaires de la ToxoplasmoseChapitre 11 sur 27 · ROBE · texte numérisé non relu

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intrahémisphérique l'infection gagne d’abord les cellules épendymaires du ventricule latéral correspondant; les plexus choroïdes sont fortement lésés : il s’agit en l'espèce d’une inflammation diffuse des plexus à laquelle participent les monocytes. Les vaisseaux sont véritablement cbhstrués; çà et là, on rencontre des foyers de nécrose riches en polynucléaires caryolysés. L'ensemble des plexus est parsemé de Toxo- PLASMA libres ou inclus dans le cytoplasme des macrophages. Le processus inflammatoire oblitérant les vaisseaux et lésant les épithéliums, détermine des troubles de la sécrétion du liquide céphalorachidien, d'où une dilatation plus ou moins considérable des ventricules latéraux indiquant une certaine tendance à l’hydrocéphalie.

Dans les formes chroniques atténuées, l'animal survit pendant très longtemps sans présenter de symptômes morbides. Si l’on sacrifie cet animal au bout de cent jours, deux cents jours ou même davantage après l’inoculation, on trouve que les lésions engendrées par la présence de parasites à l'acmé de la maladie se résorbent graduellement. Chez certains des animaux sacrifiés tardivement (au delà du 00° jour après l'inoculation), on assiste à l’élablissement d'un certain équilibre entre l'activité des parasites et la tolérance des tissus; on constate alors la présence de lésions cérébrales à peine ébauchées et de très rares kystes parasitaires dépourvus de la réaction inflammatoire du tissu environnant. On peut même ne plus trouver de parasites. Dans le cerveau de quelques-uns de ces derniers cas, on peut cependant mettre en évidence des ToxopiASMA par passage sur des animaux neufs. Enfin, on peut affirmer que la guérison de l'infection toxoplasmique est possible quoique exceptionnelle.

L'infection toxoplasmique expérimentale provoque dans le sang périphérique des animaux une réaction morphologique caractérisée par l'augmentation du pourcentage des cellules’ mégamononucléaires en général, des monocytes en particulier. L'intensité de cette mégamononucléose est en rapport direct avec l'intensité de la maladie; dans les formes aiguës elle peut atteindre et même dépasser la valeur de 5o % du nombre total des leucocytes; dans les formes chroniques elle ‘oscille entre ro et 25 % et cela pendant très longtemps (au delà de 200 jours après l’inoculation).

Comment interpréter cette mégamononucléose ? Nous sa. vons qu'elle caractérise les intoxications, au même titre que la polynucléose traduit l'infection microbienne aiguë et l’éosinophilie l'infection helminthique. S'agit-il, dans l'infection toxoplasmique, d’une intoxication, en d’autres termes, le ToxoprasMaA sécrète-t-il une toxine semblable à celle sécrétée par les sarcosporidies ? Cependant, le syndrome mégamononucléaire de la toxoplasmose diffère légèrement de celui qui caractérise les intoxications par le nombre réduit des cellules pathologiques (c. primordiales, c. de Turok, c. de Rievgr); quoi qu'il en soit, il semble que soit possible un rapprochement entre les propriétés toxigènes des sarcosporidies et la réaction sanguine engendrée par la toxoplasmose, réaction semblable à celle provoquée par des toxines.

REACTIONS HUMORALES. — IMMUNITE

L'infection toxoplasmique peut créer l'état réfractaire. Celui-ci apparaît soit à la suite de l’inoculation du virus dans le névraxe, soit après introduction du même virus dans la chambre antérieure de l’œil, dans le derme ou encore dans la circulation sanguine. En général, lorsque l'animal survit après avoir reçu dans l'encéphale une dose d'émulsion virulente mortelle pour d’autres animaux neufs, il acquiert une résistance telle qu'il supporte sans nul trouble apparent plusieurs injections consécutives pratiquées de la même manière.

a) Les conditions dans lesquelles apparaît l’état réfractaire varient avec le mode d'inoculalion. — Par la voie transcranienne, l'expérience montre que certains individus d’une espèce animale réceptive supportent parfaitement une inoculation virulente sous dure-mérienne et se montrent par la suite réfractaires à l’égard d’une, deux, voire même trois infections d’épreuve. S'agit-il en l'occurence d'animaux spontanément résistants ou bien de sujets offrant une certaine immunits naturelle, capable de s’accentuer par la suite et de se transformer en un état réfractaire absolu ? — Le fait que chez tous les animaux réfractaires, quel que soit le moment pris en considération, l'examen histologique révèle la présence de lésions névraxiques caractéristiques, mais non parasitées, incite ?

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considérer l’état réfractaire comme mi-inné, mi-acquis et complété ultérieurement.

Par la voie intraoculaire, dans certaines conditions, des animaux ayant présenté, après l'injection, des lésions ophtalmiques d'intensité variable, deviennent réfractaires à l'égard d'une inoculation virulente transcranienne. Le fait que de tels animaux réagissent localement lors de la première infection montre bien qu’il ne s’agit pas de sujets entièrement réfractaires d'emblée, mais d'animaux ayant acquis puis intensifié leur immunité. Il en résulte que le même mécanisme devra être invoqué dans la genèse de l’immunité après introduction du virus dans le système nerveux central.

Les injections intradermiques et intraveineuses engendrent également parfois l’immunité névraxique.

On doit retenir de ces faits que l’immunité n'intéresse pas exclusivement le système tissulaire qui se trouve le premier aux prises avec le virus antigène; tous les autres tissus participent à cet état réfractaire, lequel revêt les caractères d’une « pan-immunité ». s

Les animaux peuvent donc acquérir l'immunité, quel que soit le système tissulaire qui reçoit le premier le choc immunisant de l’antigène. Cette constatation a permis d'effectuer, entre souches d'origines diverses, la classique épreuve d'immunité croisée. Worr, COWEN et PAIGE ont ainsi constaté que l'animal immunisé contre le Toxoprasma du cobaye l'est également contre celui de l'homme et réciproquement. GUIMARAES (1943) a vu, de même, que la toxoplasmose spontanée du pigeon le protégeait contre le virus humain. Il y a donc identité immunologique entre les parasites quelle qu'en soit la provenance.

b) Quel est donc le mécanisme de cette immunité ? — L'expérience montre deux faits. D'une part, les ToxoPLASMA introduits dans l’encéphale de lapins résistants y sont détruits dès la deuxième heure : ni l'examen sur frottis ou sur coupes, ni l’inoculation du cerveau à d’autres animaux neufs ne permettent de les y déceler.

D'autre part, chez les animaux neufs, le proceseus Comporte deux phases : |

— Une phase d'attente jusqu'à la 46° heure : les Toxo- PLASMA essayent de s'adapter à l'encéphale sans cependant réus-

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sir à y pulluler au point d’être décelables microscopiquement. Le changement brusque de milieu réalise vraisemblablement, au début, des conditions défavorables à la bipartition des tomontes.

— Au delà de la 46° heure, les difficultés d'adaptation s’effacent : les germes pullulent lentement d’abord, abondamment ensuite, Leur multiplication provoque déjà les altérations caractéristiques de l'encéphalomyélite toxoplasmique.

Les ToxopLasMA introduits dans le névraxe des lapins vaccinés y subissent donc une destruction rapide et totale et cela dès la deuxième heure. L'état réfractaire acquis confère aux tissus nerveux un pouvoir antiparasitaire appréciable in vivo.

En est-il de même in vitro ? Parmi tous les animaux soumis à l'expérience, le macacus rhésus, après inoculation, présente seulement un épisode fébrile de quelques jours et guérit spontanément; par la suite, son sérum manifeste des propriétés nouvelles : le sérum mis en présence du parasite ne montre aucune action in vitro : il n’y a ni agglutination, ni lyse, ni disparition de l’infectiosité; cependant, si l'on inocule dans la peau d’un lapin le mélange matériel infectieux + sérum, tout se borne à une lésion cutanée. Ces anticorps sont présents chez le singe longtemps encore après la guérison; ils sont assez labiles non seulement à la chaleur (30 min. à 56°), mais même à la température ordinaire et pour les conserver, il faut garder le serum en neige carbonique. Le sérum de lapin, souris, chat et chien infectés ne présente pas ces corps protecteurs; fait important, le sang de l’homme se comporte comme celui du singe et nous verrons qu'il y a là un moyen de diagnostic rétrospectif. Les résultats complètement négatifs des essais de neutralisation du virus toxoplasmique in vitro avec le sérum ou la substance nerveuse d'animaux immunisés montrent que les propriétés parasiticides sont éminemment vitales et indépendantes de l’action germicide des humeurs, voire même des tissus eux-mêmes considérés extra vitam. Il est donc probable que dans la toxoplasmose comme dans fes infections herpétiques ou neurovaccinales, l'immunité est éminemment de nature cellulaire. Chaque système tissulaire se défend pour son compte par des moyens qui lui appartiennent en propre. L'organe devient apte à entreprendre la lutte antiparasitaire et à vaincre, pour la raison qu’à un moment

donné il s'est trouvé aux prises avec le virus antigène et qué ce virus y à provoqué des altérations appelées à subsister aussi longtemps que durera l’immunité. Un état de mobilisation cellulaire latente constitue l'arme défensive cont le névraxe se sert chaque fois qu'il se trouve en présence du virus contre lequel il est solidement immunisé.

FREQUENCE. — REPARTITION GEOGRAPHIQUE

Aux Etats-Unis, la répartition de l'infection toxoplasmique semble déjà être très large et, depuis que l'attention a été attirée sur elle, les cas reconnus se sont multipliés; les enquêtes sérologiques de SaBin et de ses collaborateurs ont révélé une- fréquence insoupçonnée. Au Brésil, l'affection a été signalée à plusieurs reprises; le cas de JANKU, survenu à Prague, montre qu'elle existe aussi en Europe, ce que sont venues confirmer, dans ces dernières années, les publications néerlandaises, suisses et françaises : comme la toxoplasmose animaïe, la toxoplasmose humaine a donc probablement une distribution mondiale.

EPIDEMIOLOGIE

On ignore encore comment se fait la propagation des épizooties de toxoplasmose que l’on observe souvent dans les élevages de lapins, de cobayes ou dans les parcs zoologiques. SABIN et OLrrzKxY n'ont pas observé de contagion entre animaux simplement placés dans la même cage; ils ont noté cependant l'infection de souris neuves qui avaient fortuitement dévoré des souris parasitées; la porte d'entrée digestive est donc possible; ils ont pu également infecter la souris par dépôt, sans aucun traumatisme de matériel infectieux sur la muqueuse buccale où nasale; mais la voie de sortie du virus chez les animax infectés est encore inconnue.

On ne sait done comment l'infection toxoplasmique est transmise de l'animal à l’homme. Cependant, on a pu incriminer le contact direct des animaux ou indirect par la nourriture. Vraisemblablement, de petits animaux domestiques, spontanément parasités, transmettent la toxoplasmose à l’homme par l'intermédiaire de puces ou de tiques.

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