‹ Les Signes Précoces du SaturnismeChapitre 16 sur 38 · MODIFICATIONS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS CHIMIQUES

Quelques auteurs se sont attachés à rechercher le plomb dans le sang et dans les urines. Alors que les travaux sur la teneur des urines en plomb sont assez nombreux, il n’en est pas de même pour les recherches dans le sang.

Il serait cependant utile de bien connaître la teneur en plomb du sang des saturnins, d'autant plus que, d’après certains auteurs (Anthenrieth, Litzner, Weyrauch et Barth [38])), l'élimination du plomb par l’urine se ferait d’une façon irrégulière; on constaterait son absence pendant une période déterminée, puis le métal reparaîtrait sans qu'il y ait eu forcément une nouvelle absorption.

C’est pourquoi on tend à conseiller actuellement à délaisser l’examen des urines pour concentrer toutes les recherches sur le plomb sanguin; ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille pas tenir compte du taux du plomb dans l'urine des présaturnins.

La recherche du plomb dans le sang a été étudiée dès 1909, à l'Institut d'hygiène de Leipzig, par P. Schmidt [58].

La Fat A

Quelques années plus tard, Aub, Fairhall, Minot [1], ont donné une nouvelle impulsion à la recherche du plomb sangui comme méthode diagnostique du présaturnisme.

Necke, Schmidt, Klostermann, en 1927 [43 |, Seiser, Necke, Muller, en 1928 [58], Newman en 1930 [44], ont établi des techniques permettant de doser avec assez de précision le plomb sanguin.

Toutes ces techniques sont longues (de trois à six jours), difficiles, nécessitent un personnel expérimenté et un matériel choisi; il s’agit de mettre en évidence dans 100 centimètres cubes de sang la présence de quelques centièmes ou dixièmes de milligramme de plomb.

Le plomb pouvant se rechercher dans le sang et dans l'urine par la même technique — à quelques modifications près — nous donnerons au chapitre de l'urine les détails * de la technique la plus couramment employée.

L'existence de plomb dans le sang ne suffit pas à affirmer l'existence d’une intoxication saturnine, dans le cas de valeurs basses, étant donné qu'à côté du « plomb pathologique » il y a le « plomb normal », l’homme étant exposé normalement dans sa vie quotidienne à de nombreuses causes d'absorption de ce métal (Dhers).

À partir de quel taux peut-on dire qu'il s’agit de « plomb pathologique » et non plus de « plomb normal » ?

Seiser, Necke et Muller, chez 26 sujets, dont les professions n’exigeaient pas le maniement du plomb, ont trouvé pour 400 centimètres cubes de sang :

5 fois néant;

2 fois 0,002 milligramme de plomb;

4 fois 0,004 milligramme de plomb;

3 fois 0,005 milligramme de plomb;

5 fois 0,006 milligramme de plomb;

2 fois 0,008 milligramme de plomb;

4 fois 0,009 milligramme de plomb;

10 fois 0,01-0,02 milligramme de plomb.

Page 1