LES GIBBONS EN CAPTIVITÉ
était un gaillard maussade qui, s'accroupissant et regardant de dessous sa couverture, ressemblait à un vieux Bédouin. Son gardien ne pouvait guère se fier à lui que lorsqu'il lui apportait une orange. Lorsqu'il approchait de la cage sans rien apporter, le singe se précipitait vers lui en grinçant des dents. La faim seule le tirait de son repos. Il se dérangeait alors de la position accroupie qu'il avait habituellement et engloutissait la pâture qu'on lui tendait avec précaution par la porte entrouverte. Si on ne lui donnait pas sur-le-champ ce qu'on lui avait présenté, il enrageait et se roulait à terre. Une fois rassassié, il jouait avec des brins de paille, avec une corde ou avec sa couverture. Pour lui donner de la paille fraîche, on lui présentait une orange afin de l'attirer jusqu'au sommet de son perchoir, et pendant qu'il pelait ce fruit et en suçait le jus, on procédait au changement de sa litière. Jamais il n'oubliait de secouer et d'arranger sa paille, le soir, avant de se coucher, ni de s'envelopper dans sa couverture de laine.
L'éminent peintre Gabriel Max a représenté l'attitude résignée d'un Orang malade avec une vérité saisissante.