‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 110 sur 115 · IV. — LES GIBBONS · texte numérisé non relu

IV. — LES GIBBONS

Les Gibbons, également, ont été souvent observés en captivité. Les descripteurs ne savent en général pas dire grand'chose d'intéressant du Siamang, qui est paresseux et indifférent. Les autres espèces, à peu d'exceptions près, se montrent flegmatiques, timides et d'un naturel très doux. Elles ne craignent presque jamais la société de l'homme. En un mois à peine, Harlan put apprivoiser un houlock, et si bien que ce singe tenait le docteur par la main, appuyait l'autre sur le sol et se promenait ainsi avec son maître. Il venait quand celui-ci l'appelait , s'asseyait près de lui sur une chaise, prenait part au déjeuner et enlevait un œuf ou une cuisse de poulet si proprement de la table, que jamais il ne tachait la nappe. Il mangeait du riz bouilli, du pain trempé dans du lait, des bananes, des oranges, du café, du thé, du chocolat, du lait, etc. Habituellement il buvait en trempant simplement les doigts dans son verre et en les léchant ensuite ; mais il pouvait également boire comme l'homme. Il parcourait la maison, à la recherche des araignées et des insectes; il saisissait au vol, de la main droite, ceux qui pas-

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«aient à sa proximité. Ce singe était bien familier. Quand Harlan venait le trouver de bon matin , cet animal le saluait en poussant, pendant plusieurs minutes, des cris de joie, presque analogues à un aboiement. Quand son maître rappelait de loin, il répondait par le même cri. Il se laissait volontiers peigner, brosser et cajoler. Deux autres Houlocks, que Harlan posséda, se comportèrent de la même manière.

L' Hylobatcs albimanus de l'aquarium de Berlin, dont j'ai parlé plus haut, était une créature très paisible, d'après la relation du docteur Hermès, qui s'accorde avec mes propres observations. Il ne cherchait parfois à mordre que lorsqu'on voulait lui faire faire quelque chose contre son gré, surtout quand on le tirait de son lit chaud. Mais une fois qu'on le tenait par la main ou qu'on l'avait pris sur son bras, il ne songeait plus à se venger. Bien moins alerte qu'un Chimpanzé, qui était son voisin, il était aussi beaucoup moins quo celui ci disposé à jouer, bien qu'il aimât la compagnie des enfants, dont il observait tous les mouvements avee attention. Son adresse était merveilleuse. Au dîner et au souper, il était presque toujours assis sur. la table entièrement encombrée et courait dans tous les sens, pour aller de l'un à l'autre, sans jamais toucher ou renverser le moindre objet. Sa nourriture consistait principalement en pain blanc, lait, cacao sucré, fruits et sardines fumées de Kiel, pour lesquelles, de même que pour les raisins doux, il avait, chose curieuse, une préférence bien marquée. Avant de boire, il goûtait le liquide avec précaution en y portant le bout de la langue, pour voir s'il n'était pas trop chaud ; puis il le humait complètement, mais sans prendre là tasse ou le verre à la main, comme fait le Chimpanzé. Les aliments froids ou humides lui répugnaient. On ne pouvait que difficilement le décider à entamer une poire pelée, tandis qu'il en mangeait volontiers quand on la lui donnait par morceaux. Les raisins étaient son mets favori. Lorsqu'il avait faim, il faisait entendre, en les voyant, des sons mélodieux comparables au chant du ramier. Il poussait aussi ces hou, hou assez souvent, pour exprimer sa joie, sa surprise ou sa curiosité, ou encore quand il était invité à imiter ce3 sons . C'est de cette façon qu'il saluait Hermès, lorsque celui-ci s'approchait de son lit. Il aimait par-dessus tout à se tenir sur les bras des dames, auprès desquelles il restait sans bouger, tant qu'on le tolérait, en passant ses longs bras autour de leur cou. Lorsqu'on l'emmenait alors, il criait comme un petit enfant. Si M me Hermès quittait la chambre, y la suivait en courant et, lorsqu'il l'avait rejointe, il cherchait à grimper le long de sa robe ; si alors elle lui prenait la main il mar. chait tranquillement à côté d'elle. Ce Gibbon avait sur les autres

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