‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 111 sur 115 · LES GIBBONS EN CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

LES GIBBONS EN CAPTIVITÉ

anthropoïdes l'avantage d'être excessivement propre. L'endroit qu'il avait choisi pour faire ses besoins la première fois, lui servit toujours dans la suite pour le même usage ; jamais il ne lui arriva de salir le lit ou la chambre. Comme il n'avait aucune espèce d'odeur, il faut convenir que c'était un compagnon tout à fait agréable. Un des enfants du docteur Hermès partageait régulièrement son lit avec l'animal, sans que jamais celui-ci lui causât le moindre dérangement ou le moindre désagrément. Il aimait à se suspendre à une corde , sur laquelle il s'élevait rapidement et adroitement en mettant une main devant l'autre.

Un Hylobates funereus vécut à Paris, pendant une année environ. Son intelligence était, à vrai dire, très développée, mais moins cependant que celle des autres anthropoïdes. Il connaissait son gardien et toutes les personnes qui le visitaient souvent ;il aimait les caresses, mais n'avait d'inclination particulière pour personne, pas même pour son gardien.

En 1840 on posséda dans la même ville un Hylobatcs agilis, dans la cage duquel on lâcha un oiseau vivant, à ce que rapporte Martin. Le singe étudia son vol, fît un long saut à une branche distante, saisit l'oiseau d'une main à son passage et de l'autre atteignit la branche, cette double visée à l'oiseau et à la branche étant aussi sûrement atteinte que si un seul but avait occupé son attention. Après avoir enlevé la tète de l'oiseau d'un coup de dent, il lui arracha les plumes et puis le rejeta.

Un autre spécimen (femelle) de Y H. agiles attaqua un jour à l'improviste son gardien, se rua sur lui, l'égratigna de ses quatre mains, le mordit à la poitrine et ce fut encore un bonheur pour cet homme que le singe avait perdu ses canines peu de temps auparavant. On dit que ce même animal avait déjà tué un homme à Macao.

Les anthropoïdes en captivité sont sujets à la carie dentaire et à la carie des maxillaires, aux catarrhes bronchique et intestinal chroniques ou aigus, à la pneumonie, à la phtisie pulmonaire, à l'hépatite, à la néphrite, à l'hydropéricardite, aux parasites dermiques et intestinaux, etc. Ces animaux malades se comportent, à peu de chose près, comme l'homme dans les mêmes circonstances, ainsi que beaucoup d'observateurs l'ont constaté. Bock observa entre autres, à Sumatra, un vieil Orang mâle atteint de phtisie, qui restait couché la plus grande partie de la journée, enveloppé dans une couverture de lit et qui était, à chaque instant, ébranlé par une toux effrayante (1).

(1) Unter clen Kannibalen auf Bornéo, p. 31.

D'ailleurs, des traces de carie observées sur des crânes de Gorilles et de Chimpanzés tués en liberté, montrent que la carie des dents et des maxillaires peut également atteindre ces animaux dans leur état de nature. Ils ont également parfois dans ce cas des parasites dermiques et intestinaux.

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