TRONC ET MEMBRES DU GORILLE
L'oreille (fig. 2) atteint une hauteur moyenne de 60 mm et une largeur de 36à40 mm . Elle est rejetée en arrière et vers le haut de la tête. Sa forme générale est ovale arrondie et son bourrelet est très marqué. L'hélix commence sur Poreille par un pilier plus ou* moins large suivant les individus et présente souvent aussi l'excroissance pointue, proéminant à son bord interne, qui a été décrite par Darwin et dont nous reparlerons plus loin. L'anthélix, le tragus et Pantitragus, l'échancrure existant entre ces deux dernières parties (incisura intcrtragica)^ sont le plus souvent développés; le lobule l'est plus rarement. On constate très fréquemment des différences individuelles dans la conformation spéciale de ces diverses parties.
Sur le devant du cou on remarque de prime abord les puissants muscles abaisseurs de la tète qui, lorsque celle-ci est relevée, se détachent comme des piliers sur les côtés du cou.. Grâce au grand développement des apophyses épineuses des vertèbres cervicales et des muscles qui les recouvrent et s'étendent jusqu'aux crêtes osseuses postérieures du crâne, la nuque est puissamment développée comme celle du taureau. Les épaules sont remarquables par leur largeur, les muscles de la poitrine sont très marqués et rebondis. Les mamelons ne sont pas entourés d'une aréole nette, ils paraissent érectiles dans le jeune âge ; un peu plus tard ils se racornissent légèrement à la surface et proéminent alors comme des tronçons rigides. Un animal rassasié, de cette espèce, a l'abdomen bombé en forma de tonneau avec un nombril encore distinct; mais, dans l'état de vacuité des intestins, les flancs du ventre s'affaissent de nouveau. Sur les bras et les avantbras on remarque la forme plastique des principaux muscles fléchisseurs et extenseurs, qui témoignent de la force prodigieuse des extrémités supérieures. Les mains sont grandes, larges surtout ; les doigts courts et gros. Le pouce, terminé coniquement, est court; il ne dépasse que fort peu le milieu du deuxième métacarpien. Les phalanges terminales des autres doigts sont un peu comprimées latéralement, mais dans le reste de leur étendue les doigts sont larges. L'index est assez court par rapport au médius. Le quatrième doigt a tantôt la longueur du premier, mais tantôt il est un peu plus court que celui-ci. Le petit doigt est sensiblement plus court que le quatrième. Le poignet présente de grosses rides transversales sur son côté dorsal. Un grand nombre de rides transversales et croisées entre elles et d'autres ayant un trajet courbe s'étendent sur la peau du côté dorsal des doigts dont les premières phalanges sont recouvertes par d'épaisses callosités. Le gorille, en effet quand il marche à quatre pattes,
hartmann. — Les Singes. 2
fléchit les doigts et tourne le dos de la main vers le sol. Il se forme par conséquent des épaississements épidermiques sur les phalanges. Assez souvent on voit de semblables callosités (mais un peu moins étendues) même sur les dernières phalanges. La paume de la main est recouverte par une peau dure, calleuse avec des rangées de papilles généralement très nettes, surtout au bout des doigts. Cestrainées de papilles, en partie très sinueuses, sont encore bien reconnaissables même sur le fond noir de la peau de ces phalanges.
Du deuxième au cinquième, les doigts sont reliés par de fortes membranes interdigitales, qui rappellent la palmure des loutres, etc., et s'étendent jusque près de la première articulation des doigts. La main est couverte de poils denses jusqu'à la base des doigts, le côté dorsal de ceux-ci est au contraire garni de poils plus clairsemés.
Le dos du tronc montre à peu près la forme fondamentale d'un trapèze, dont le grand côté parallèle s'étend en haut entre les épaules et le petit côté parallèle entre les deux moitiés du bassin ; les côtés longitudinaux non parallèles coïncident avec les côtés du dos. Toute la partie inférieure du tronc, où les os iliaques apparaissent hauts, taillés à pic et tournés en dehors, possède à peu près la forme générale d'une pyramide quadrangulaire renversée. Les muscles fessiers ne sont pas très développés. Les tubérosités ischiatiques font une légère saillie anguleuse.
L'appareil sexuel externe du mâle est recouvert par un repli de la peau du ventre, de sorte que dans l'état de repos il ne proémine que faiblement ; celui de la femelle, au contraire, se voit assez nettement ; il présente de grandes lèvres apparentes seulement pendant le rut, avec des nymphes très grandes et un clitoris volumineux.
Les cuisses sont recouvertes par de forts muscles. Elles sont aplaties de dehors en dedans, un peu bombées du côté antérieur et externe, plus aplanies du côté interne. La jambe est également musculeuse, à section transversale ovale allongé ; la région du mollet se montre plus fortement marquée que chez les autres anthropoïdes. La cheville du pied ne forme qu'une légère saillie; le même caractère s'observe au poignet. Le pied est long et large; son côté dorsal est plat; la plante est convexe, recouverte de puissants muscles et de coussinets adipeux. Lorsque l'animal pose la plante du pied sur le sol ces revêtements charnus proéminent en arrière dans la région du talon et au côté interne du pied; c'est ici que nous voyons pour la première fois un talon.
Le gros orteil est, de même que chez tous les singes, écarté des