‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 58 sur 115 · LA CAPACITÉ DU CRANS · texte numérisé non relu

LA CAPACITÉ DU CRANS

La capacité crânienne du Gorille femelle et de Y Ora.n p; femelle adultes présente également plus de rapports avec celle du crâne humain.

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Flg. 38. — Mâchoire infériaure d'un anthropoïde.

Les sinus et les cellules déjà signalés (p. 62) sont plus développés dans les os crâniens des anthropoides que dans ceux de l'homme. Ils sont assez bien visibles dans la figure ci-dessous, représentant une section longitudinale faite suivant le plan médian (sagittal) à travers le crâne d'un Chimpanzé (flg. 39). La longueur du crâne a, entre la cloison nasale et la partie la plus saillante de l'occipital, égale 128°"" ; 6, celle de la cavité crânienne, au contraire, 108 mm . Dans la différence de ces nombres il faut rapporter 10™~ â

Fig. 39. — Section sagittale du crâne d'un Chimpanzé bain,

la profondeur des sinus frontaux et le reste à l'épaisseur des os du crâne. Chez le Gorille mâle vieux, on trouva la distance a =153, 0=115="»; chez un Gorille vieux, a=183, 6 = 117 lul,, ;chezrOrang mâle très vieux, «=140, b = H4 ,am . Chez le Gorille mâle vieux, la minceur relativement grande du milieu de l'écaillé occipitale est très remarquable. Chez le Chimpanzé adulte, les grosses cellules de l'écaillé temporale se prolongent encore au-delà de cet os et sans interruption jusque dans le pariétal correspondant. D'ailleurs, pour de semblables recherches, les os légers et minces des individus tués à l'état sauvage sont plus convenables que les

os lourds et très apideux des individus morts après une longue captivité.

E. Zuckerkandl fait observer que chez l'Européen la partie orbitaire du nez , c'est-à-dire la portion située entre les orbites, est plus longue que la portion située au-dessous des orbites ou infra-orbi taire. Chez les anthropoïdes, cette dernière serait beaucoup plus grande que la portion orbitaire, mais seulement à l'état adulte. Car dans le cours du développement il y aurait des phases où ces animaux présentent des conditions semblables à celles d'un Européen adulte et môme à celles d'un enfant. Pour ces proportions, le crâne d'un Malais serait intermédiaire entre celui de l'Européen et celui des singes. L'accroissement de sa région nasale infra-orbitaire n'atteindrait pas le même degré que chez ces derniers, mais différerait, dans beaucoup de cas, essentiellement de celui du crâne européen. L'auteur cherche à appuyer son opinion d'une manière assez habile par des données numériques.

Les indications du même savant, sur le rapport de la hauteur à la largeur des orbites, offrent également de l'intérêt. Il remarque que, si l'on prend pour termes de comparaison les mesures prises sur des singes, il existe, somme toute, entre les crânes adultes de ces derniers et ceux des hommes adultes des différences plus grandes qu'entre les individus jeunes de ces mêmes espèces. De plus, les orbites de l'enfant et celles de l'adolescent offrent, surtout chez les Européens, plus de ressemblance avec celles d'un jeune singe qu'avec celle d'un singe adulte. Chez le Chimpanzé et l'Orang- Outan, les proportions sontles mêmes que chez l'homme, c'est-à-dire que la largeur des orbites surpasse leur hauteur.Pour l'homme, il faudrait en chercher la cause dans le développement excessif de la saillie des bords sus-orbitaires. Il est très vraisemblable qu'il y ait chez les anthropoïdes tout à fait jeunes une phase dans laquelle la largeur des orbites est plus considérable que leur hauteur (1). Mais quand Zuckerkandl prétend de plus que chez les anthropoïdes le diamètre vertical des orbites l'emporte sur le diamètre transversal et cela d'autant plus que l'individu est plus âgé, il n'est pas absolument dans le vrai, car il y a parfois des variations même chez les ani-, maux vieux, et l'on observe aussi, quoique rarement, des orbites dont la hauteur égale exactement la largeur.

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