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LE PIED DE L'HOMME ET CELUI DES SINGES

c'est un pied qui ne diffère de celui de l'homme par aucun caractère essentiel, mais seulement dans ses proportions, dans son degré de mobilité et dans l'arrangement secondaire de ses parties. On ne doit pas croire, continue Huxley, qu'en ne considérant pas ces différences comme étant fondamentales, il veuille amoindrir leur valeur. Elles sont assez importantes en soi, la structure du pied étant dans chaque cas en étroite corrélation avec les autres parties de l'organisme. On ne saurait davantage mettre en doute que la division du travail, poussée phis loin chez l'homme, — et qui a pour conséquence que la fonction de support est entièrement dévolue à la jambe et au pied — ne soit un progrès organique très important pour lui. Mais, somme toute, les analogies anatomiques du pied de l'homme et de celui du Gorille sont beaucoup plus frappantes et plus importantes que leurs différences. Le pied de l'Orang diffère plus encore ; ses très longs orteils et son tarse raccourci, son gros orteil court, son talon relevé, la grande obliquité de son articulation avec la yx m be et l'absence d'un long fléchisseur du gros orteil le distinguent encore beaucoup plus du pied du Gorille que le pied du Gorille ne se distingue de celui de l'homme. Chez quelques-uns des singes inférieurs la main et le pied s'éloignent encore plus de ceux du Gorille qu'ils ne font chez l'Orang. Chez les singes américains, le pouce cesse d'être opposable ; chez l'Atèle (Ateles) il est réduit à un simple rudiment recouvert de peau (fig. 47) ; chez les Marmousets, il est dirigé en avant et armé, comme les autres doigts, d'une griffe recourbée, en sorte que, dans tous ces cas on ne peut douter que la main de ces singes ne s'écarte beaucoup plus de celle du gorille que celle-ci ne s'écarte de la main de l'homme (1).

Flower fait observer que la principale différence entre pied de l'homme et celui du singe consiste en ce que ce dernier est transformé en un organe de préhension. Les os du tarse, du métatarse et des orteils sont en même nombre et ont la même situation relative dans les deux ordres; mais dans le pied du singe la surface articulaire du premier os cunéiforme, sur laquelle s'insère le gros orteil, est en forme de selle et dirigé obliquement vers le côté interne ou tibial du pied. Aussi le gros orteil est-il écarté des autres et disposé de telle manière que, dans la flexion, il se courbe vers la plante du pied et s'oppose aux autres orteils beaucoup plus que ne le peut le pouce de la main humaine (2). Owen aussi parle

(1) De la place de Vhomme dans la nature. — Huxley, A Manual of the Anatomy of vertebrated Animais (London, 1871), p. 4£i.

(2) An Introduction to the Osteology of the Mammalia (London, 1870), p. 31

de la transformation caractèrisque du gros ortoil des singes en un pouce opposable, capable de saisir (1).

K.-E. von Baer n'est pas d'accord avec Huxley lorsque celui-ci estime que la différence entre l'homme et le Gorille est moins grande que celle qui existe entre les différents singes. * On peut.

Fig. 47. — CoaiW (Ateleipaniaea»).

dit Baer, trouver chez les singes des différences de diverse nature. Chez les uns, le pouce est un simple tronçon ; chez les autres, comme l'Orang-Outan, les doigts des extrémités postérieures sont tellement longs et courbés qu'ils ne peuvent nullement être étendus sur un support plan ; chez beaucoup de petits singes la main postérieure ressemble encore beaucoup plus à une main que chez les grands singes massifs et leurs doigts peuvent

mes propre» travaux

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