‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 71 sur 115 · III. — LE COU ET LA POITRINE · texte numérisé non relu

III. — LE COU ET LA POITRINE

Le muscle peaucier qui, chez l'homme, s'étend en haut jusque dans la région des dents inférieures et en bas un peu au-delà du creux sous-claviculaire, possède à peu près la même extension chez le Gibbon et les autres singes (fig. 50). Chez le Chimpanzé, au contraire ce muscle prolonge ses faisceaux supérieurs jusqu'à l'arcade zygomatique et même au delà. Chez l'Orang également j'ai vu ces faisceaux remonter assez haut sur la face. Chez les Chimpanzés, les Orangs et les Gibbons, certains faisceaux supérieurs de ce muscle semblent se comporter comme des muscles inférieurs (p. 120.) J'ai observé un cas où le peaucier envoyait un faisceau large d'environ 18 mm . jusqu'à l'origine des lignes temporales inférieures. Chez le Gorille, j'ai trouvé les faisceaux supérieurs du peaucier recouverts partiellement parle risorius (p. 119, fig. 50, i0 ).

• Chez l'Orang, le muscle en question envoie en arrière des faisceaux inférieurs, qui se relient à la portion de l'aponévrose brachiale recouvrant le deltoïde. Le rôle de ce muscle est d'élever la peau du cou et de contribuer à l'abaissement de la mâchoire inférieure. Lorsqu'il remonte très haut, comme dans les cas précités, il contribue probablement à dilater latéralement la peau des régions moyenne et inférieure de la face. Ce renflement -latéral est, en effet, un trait caractéristique de ces animaux. Ce muscle joue sans doute aussi quelque rôle dans la distension des coins de la bouche, lorsque ces animaux grincent des dents. Il se peut aussi qu'il entre en action lorsqu'ils émettent des sons prolongés de roulement, sortant des sacs laryngers, sons que ces animaux articulent en ouvrant la bouche subitement et en la refermant d§ nouveau rapidement. .1

Le puissant abaisseur de la tête de ces animaux se décompose nettement, surtout chez POrang et le Gibbon, en une portion sternale et une portion claviculaire. Ces deux parties se séparent Tune de l'autre vers le bas. Selon l'indication très exacte de Bischoff, les quatre espèces d'anthropoïdes possèdent toutes un muscle qu'on n'a jamais encore observé chez l'homme. Ce muscle s'étend de la partie externe de la clavicule jusqu'à l'apophyse transverse de la première vertèbre cervicale. Bischoff lui a donné le nom de muscle omocervical (M. omocermcalis). Il se retrouve, avec une origine variable (sur l'acromion, sur l'épine scapulaire), chez les autres singes. Contrairement à Huxley, l'anatomiste de Munich considère ce muscle comme « une preuve éclatante de la parenté de tous les singes entre eux. » Je reproduis cette opinion sans commentaires.

Les muscles qui s'étendent entre la tète, le sternum et la clavicule, forment, avec les omohyoidiens, le revêtement extérieur du sac larynger, que je décrirai plus loin. Le grand pectoral rdu Gorille se partage, comme celui de l'homme, en une portion claviculaire et une portion costo-sternale. La première est séparée du deltoïde par un large intervalle rempli de tissu conjonctif et de graisse. Mais cette portion et la partie inférieure du même muscle laissent entre elles une lacune assez large, dans laquelle, selon Bischoff, se logerait le sac larynger. Je ne crois pas qu'il en soit ainsi, car cet organe éprouverait une compression, une strangulation entre ces portions de muscles au moment de leur contraction. Toutefois on pourrait admettre que ces intervalles puissent réaliser un agrandissement de l'espace occupé par le sac larynger lorsqu'il se gonfle. Bischoff admet, et avec raison, que la portion claviculaire du grand pectoral n'existe pas chez TOrang-Outan. Chez ce singe la portion supérieure de ce muscle a son origine sur le manche du sternum. La portion sternocostale inférieure est reliée à la portion inférieure du petit pectoral. Chez le Chimpanzé et le Gibbon le muscle qui nous occupe présente une séparation nette des portions destinées à la clavicule et au sternum.

Le petit pectoral offre des caractères très intéressants. Chez le Gorille, on distingue, dans ce muscle, une portion supérieure formant une masse plus distincte, plus difficilement décomposable en faisceaux, insérée de la deuxième à la cinquième côte, et une portion inférieure. Cette dernière naît par trois faisceaux, de la quatrième à la septième côte et son segment supérieur s'étale largement sur le segment inférieur de la portion supérieure. Chez le Chimpanzé, une portion supérieure plus faible naît de la

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