MUSCLES DU COU, DE LA POITRINE ET DU DOS
deuxième à la quatrième côte et une portion inférieure, à trois pointes ou faisceaux, s'attache de la quatrième à la septième côte. Cette portion inférieure manque parfois. J'ai vu la portion supérieure s'insérer sur l'apophyse coracoïde de l'omoplate, tandis que l'autre se rattachait à l'arête de la grosse tubérosité humérale. Chez l'Orang, une portion supérieure à trois chefs naît de la deuxième à la cinquième côte et s'insère sur l'apophyse coracoïde. Une portion inférieure, également à trois faisceaux, vient des cinquième, sixième et septième côtes et s'insère sur la grosse tubérosité humérale et sur l'arête de cette tubérosité.
Ce segment inférieur se prolonge vers le bas au-delà du grand pectoral. Chez le Gibbon (Hylobates albimanus) la portion supérieure part de la deuxième côte , la portion inférieure de la troisième, de la quatrième et de la cinquième côte. Nous devons remarquer à ce propos que, chez l'homme également, le petit pectoral est parfois divisé en faisceaux, qui peuvent s'insérer soit à l'apophyse coracoïde, soit au ligament capsulaire de l'articulation scapulo-humérale. Chez les anthropoïdes les tendons de ce muscle sont excessivement grêles.
Selon Duvernoy, toute la région occipito-cervicale du Gorille est recouverte par une aponévrose, comme par un capuchon. Chez le mâle adulte cette aponévrose aurait une épaisseur de 20 mm . Chez la femelle, mentionnée à la p. 5, nous retrouvons déjà des indices de ce ligament en forme de capuchon. Selon l'indication exacte de cet anatomiste français, cette aponévrose n'est pas encore développée chez le Gorille jeune et se trouve remplacée alors par une couche de tissu conjonctif et de graisse. Chez un jeune singe de cette espèce, j'ai vu le muscle trapèze divisé en faisceaux charnus, séparés par des couches adipeuses (fig. 50, 15 ). Cette aponévrose est en rapport avec le puissant développement du trapèze, qui est d'ailleurs également très développé chez les autres anthropoïdes. Chez le Gorille mâle adulte, les fortes et longues apophyses épineuses des vertèbres cervicales sont recouvertes par un ligament cervical très solide ; cette région présente en outre des muscles interépineux très puissants ; les spinaux de la nuque, les semi-spinaux du dos, du cou et de la tête y sont également très développés. Les apophyses épineuses des vertèbres dorsales du Gorille (fig. 17), et même celles du Chimpanzé et de l'Orang, sont également très puissantes. Aussi les muscles semispinaux, les spinaux quadripartites et les interépineux sont-ils très puissants. Toutes les autres masses charnues recouvertes par le trapèze, dans la nuque du Gorille mâle adulte, sont très volumineuses ; citons surtout le splenius de la tête et du cou
(M. splenius capitis etcolli), le long du cou (M. longissïnxus çervicis), le long de la tête (M. longissimus capitis), que je; considère simplement comme des parties du long extenseur de l'épine dorsale, enfin les grands droits postérieurs et obliques de la tête. Je suis très disposé à considérer ces derniers, avec Chappuy, comme des muscles épineux et interépineux modifiés.
L'angulaire de l'omoplate des anthropoïdes est divisé comme celui de l'homme. Le sous-clavier est peu développé, même chez le Gorille, où il se rend à l'apophyse caracoïde par un tendon, qui remonte obliquement.
Le deltoïde est très puissant chez tous les anthropoïdes. Chez le Gorille il s'étale en avant et latéralement pour ne s'insérer que vers le milieu de l'humérus. Chez ce singe, il se distingue du brachial interne, mais d'une manière peu nette. Chez le' Gibbon, il se prolonge à peu près autant que chez le Gorille et il en est de même chez l'Orang ; mais chez le Chimpanzé il ne descend pas aussi bas. Bischoff, d'accord avec les indications antérieures de Vrolik, prétend que le coraco-branchial du Chimpanzé possède, à son origine, une deuxième portion assez forte, qui descend sur le trochin et s'insère sur son arête. Dans cette espèce simienne, ce muscle présente en effet deux portions, mais je les ai vues insérées sur l'apophyse coracoïde de l'omoplate. Chez le Gorille, l'Orang et le Gibbon ce muscle se comporte comme chez l'homme.