LES MUSCLES DU BRAS
temps que les deux parties du petit pectoral, de l'apophyse çoracoïde de l'omoplate, puis se relier sur une certaine étendue de son trajet, avec le coraco- brachial et s'attacher finalement, dans la partie supérieure du dernier tiers de l'humérus, au ligament intermusculaire situé entre le brachial interne et le triceps brachial. Chez le Chimpanzé, il part au contraire du grand dorsal et se partage en une portion antérieure allant au condyle interne de l'humérus et une portion postérieure allant soit au faisceau médian du triceps brachial, soit au condyle interne de Fbumérus. Chez l'Orang, ce muscle peut également se partager. Chez un singe de cette espèce, j'ai vu la portion antérieure, semiaponévrotique, très mince, descendre de l'apophyse çoracoïde,. sous la forme d'un tendon excessivement grêle; tandis que la portion postérieure partait du grand dorsal. Les deux portions réunies se reliaient au triceps et au brachial interne. Chez d'autres sujets, le muscle était réduit simplement à sa portion postérieure venant du grand dorsal. Chez le Gibbon à mains blanches, ce muscle part du point de jonction des tendons du grand dorsal et du grand rond brachial et s'insère sur le ligament tendineux, situé entre le biceps brachial et le brachial interne. Cette insertion a lieu d'ailleurs dans la région moyenne du corps de l'humérus. Chapman et Chudzinsky ont vu ce muscle développé anormalement chez quelques hommes à peau colorée (1).
Le biceps brachial de l'homme s'insère, comme on sait, par un tendon antérieur arrondi et un peu aplati, sur la tubérosité bicipitale du radius. Mais certains faisceaux de tissu conjonctif, enveloppant le muscle comme une gaine, vont sous le nom d'aponévrose bicipitale, se perdre dans le fascia tendineux de l'avant-bras. Chez le Gorille cette aponévrose se prolonge, sous forme d'un faisceau tendineux très puissant, du fascia antibrachial jusqu'au fascia palmaire. Chez le Gibbon le faisceau court de ce muscle ne naît pas toujours, comme on le dit d'autre part, du trochin ou du tendon du grand pectoral (Huxley) mais de l'arête du trochin, en se reliant dans ce cas au grand dorsal, au trapèze, au brachial interne déjeté latéralement et au triceps brachial. Le brachial interne du Gorille et du Chimpanzé se partage d'ailleurs en deux ou même en trois faisceaux. A l'avant-bras du Gibbon le long supinateur (Musculus supinator longus) s'étend, comme Bischoff le dit bien, seulement jusqu'au milieu du radius, sans atteindre l'apophyse styloïde de cet os, comme chez les autres anthropoïdes et chez l'homme.
. (1) Proceedings ofthe Aead. of Natur. Sciences o/Philadelphia 1879, p. 388. Reoue d'Anthropologie, 1873 et 1874.
Le palmaire grêle manque chez le Gorille ; maïs non chez les autres singes anthropoïdes. Les longs fléchisseurs des doigts et les lombricaux ont les mêmes caractères que chez l'homme (flg.51 et 52). Le long fléchisseur du pouce n'existe pas chez le Gorille. Pour Duvernoy, il est remplacé par un tendon du long fléchisseur de l'index. Je n'ai trouvé aucune trace de ce tendon.
doigts ; ï, perfoi
lu pouce
irî.iiMi.ir prnfood des i» iiius.'le» ; 1. iiriil'.air.: . ri. i.'nclotiH du long *L fléchisseur
adducteur; 9, opposant du pouce; 10, court Bêôhluear ; 11, abducteur; 12, opposant du petit doigt; 13, muscles lombricaux ; 1'., premier in ter osseux
Ce même muscle manque également au Chimpanzé et à l'Orang, mais forme un cordon charnu distinct chez l'Hy lobâtes albimanits. Chapman prétend que le rond prenateur du Gorille naît par un
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seul faisceau (1). J'ai au contraire trouvé ce muscle avec deux chefs chez un individu de cette espèce. Le faisceau inférieur ou
isseur du pouce. Ctun
g fléchisseur du pouce i, adducteur du pouce ;
is faisceaux du
111g. 5Ï,"'6)T4 abducteur: 3. 3', court flé- 6, oppaaant; 7, court fléchisseur; 8, abuuuieui » ueu. uuiki , s, iuuiui iUux ; 10, radial antérieur, et, à coté, le long radial de la main; 12, fléchisseur commua superficiel des doigts; 13, fléchisseur du petit doigt ; 14, fléchisseur du coude; 15, rond pronateur qui se
postérieur partait (comme chez l'homme) de l'apophyse coronoide du cubitus. Chez ce singe et chez le Chimpanzé il se prolonge très bas sur le radius (flg. 52).
(1) Proceedingi of the Acadtmy of Naturel Science* af Philadetphia 1879. p. 388.
uaktuann. — Les Singes. 9
: Lé fléchisseur superficiel de la main du Chimpanzé naît par un de ses. faisceaux sur l'épitrochlée, par l'autre il s'insère sur le radius. Selon Bischoff, le long abducteur du pouce de l'Orang, du Babouin, des Pithecia et des Hapale est conformé comme celui de l'homme. Chez le Gorille, le Chimpanzé, le Gibbon, le Cercopithèque et le Macaque, le tendon serait au contraire séparable en deux parties. L'un de ces tendons n'appartiendrait pas, comme chez l'homme, à un court extenseur du pouce, car ce muscle ferait complètement défaut et la division du tendon devrait être considérée simplement comme une division prolongée de son insertion sur l'os trapèze et sur le métacarpien du pouce. C'est pourquoi cette division du tendon existerait aussi chez le Gorille, qui possède d'ailleurs un court extenseur du pouce. Sous ce rapport, les singes se ressembleraient de nouveau plus entre eux qu'ils ne ressemblent à l'homme.
Suivant mes propres recherches, le long abducteur du pouce des anthropoïdes constitue un muscle, qui n'est pas plus apparent qu'un autre muscle voisin dont l'origine et le trajet moyen rappellent le court extenseur du pouce humain. L'abducteur m'a présenté deux tendons, chez les quatre espèces. Il était inséré sur l'os trapèze. Le muscle placé à côté avait son insertion au-dessus de la base du premier os métacarpien. Je n'ai pas réussi à trouver un long extenseur du pouce chez le Gorille. Il s'agit maintenant de savoir quelle est la signification de ce second muscle qui se trouve à côté de l'abducteur du pouce de ces animaux. Je crois qu'on peut, sans hésiter, le regarder comme un court extenseur du pouce, car il produit certainement une extension du métacarpien de ce doigt et, dans cette action, il est secondé par le long extenseur, qui agit également sur les phalanges. Il faut à ce propos tenir compte que le pouce, relativement très court, des anthropoïdes n'a pas à déployer cette activité si diverse, qui caractérise les mouvements du pouce humain et que par suite le développement moins parfait de l'un des (courts) fléchisseurs ne saurait guère nous surprendre. Chez le Gorille, il n'y a pas de •muscle extenseur spécial de l'index, ou, lorsqu'il en existe parfois un, il est très faiblement développé. Il est au contraire nettement marqué chez V Hy lobâtes albimanus (fig. 6). Chez le Chimpanzé, il en part un tendon pour le doigt médian. Chez l'Orang, on trouve un extenseur commun profond pour le deuxième, le troisième, le quatrième etle cinquième doigt. Ce muscle , de même que les autres extenseurs et fléchisseurs de la main du Gibbon, se distinguent par leur extrême ténuité. Chez ce singe, les liaisons multiples des tendons extenseurs entre eux présentent en outre de l'intérêt (fig.53).
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Chez le Chimpanzé, j'ai vu an fléchisseur commun superficiel des doigts qui donnait des ventres distincts pour le troisième doigt et le petit doigt. Chez ce singe un fléchisseur superficiel, destiné à l'index, partait de la tubèrositè humérale interne et du ligament in ter musculaire 'postérieur. Le fléchisseur profond des doigts se rend aux deuxième, troisième, quatrième et cinquième doigts. Chez l'Orang, le premier de ces muscles donne un ventre à deux tendons pour l'index et un autre pour les troisième, quatrième et cinquième doigts. Le fléchisseur profond n'a que deux tendons. Chez le Gibbon, au contraire, le fléchisseur superficiel présente quatre ventres.
Fîg. 53. — Musclas
tendons), et coui
i, long extenseur du pouce; 5,
ion. Ligament dorsal d
Dans le carpe du Chimpanzé et de l'Orang, on trouve constamment, autant du moins que j'en puis juger d'après mes observations personnelles, un os dit sèsamoïde ou tendineux. Cet os est articulé avec le scaphoide et le trapèze, en un point où les faisceaux fibreux des ligaments dorsaux et des ligaments palmaires se rejoignent. Chez le Chimpanzé, le tendon du long abducteur du pouce envoie une bande a l'os sèsamoïde, tandis que les autres faisceaux du tendon divisé de ce muscle se rendent au trapèze et, en partie du moins, aussi à la base du premier os métacarpien.
Ces animaux ne sont nullement dépourvus du court fléchisseur du pouce, comme Bischoff le prétend. Le court abducteur du . pouce du chimpanzé part de l'os sèsamoïde mentionné, par un faisceau antérieur (radial). Un faisceau médian du même muscle vient de la bande ligamenteuse, qui se rend à l'os sèsamoïde. Quant au reste du muscle, il prend au contraire son origine sur
le ligament palmaire. Chez l'Orang-Outan un faisceau antérieur (radial) du court abducteur du pouce part également de l'os sésamoïde, tandis que les faisceaux médians se relient au ligament palmaire. De puissants muscles dorsaux se dirigent vers la base du premier métacarpien. Dans une main d'Orang disséquée le long fléchisseur du pouce envoyait un mince filet tendineux à cet os. L'os sésamoïde précité existe d'ailleurs aussi chez le Gorille, bien que Duvernoy et Rosenberg ne semblent pas se douter de son existence (4).
La paume de la main du Gorille présente un court abducteur, un court fléchisseur à deux faisceaux, un opposant et un adducteur du pouce. Le ventre du court fléchisseur est allongé, étendu davantage du côté radial, et relié à l'opposant; il est parfois très faiblement développé. Le petit doigt du même singe possède un abducteur, un court fléchisseur et un opposant. Dans la paume'du Chimpanzé, on trouve un court abducteur, un opposant, un court fléchisseur à deux chefs et un adducteur du pouce ; on y voit de plus un abducteur, un court fléchisseur et un opposant du petit doigt. Chez l'Orang, j'ai observé un court abducteur, un court fléchisseur à deux ventres distincts, un opposant et un adducteur du pouce. Langer et Bischoff décrivent en outre, à côté du court fléchisseur du pouce, un petit muscle indépendant, qui s'insère sur la deuxième phalange et remplace le long fléchisseur ; je n'ai jamais pu découvrir ce muscle. Les mêmes anatomistes prétendent qu'w/i adducteur s'étend du troisième métacarpien à la première phalange du pouce, et qu'un second va du deuxième métacarpien au métacarpien du pouce, mais que parfois aussi ce dernier se rend au tendon extenseur. J'ai pu moi-même constater l'existence d'un adducteur double, mais non celle du passage du tendon de l'un de ces muscles (appelé deuxième opposant par Langer) au tendon extenseur. Au côté externe de la paume de l'Orang il existe un abducteur, un court fléchisseur et un opposant du petit doigt. Le gibbon possède un court abducteur, un opposant faible, un court fléchisseur à deux chefs et un adducteur du pouce. Chez Y Hy lobâtes albimanus, on peut séparer ce dernier en 4 ou 5 portions, qui s'insèrent sur toute la longueur du premier métacarpien. Du côté du petit doigt on voit un abducteur, un court fléchisseur et un opposant. Chez cet animai une partie du premier interosseux dorsal de la main s'insère sur le deuxième métacarpien, l'autre se rend à la base de la deuxième phalange de l'index (fig. 53, 9, 10).
(1). Hartmann dans Archiv fâr Anatomie, etc., de Reichert, Du Bois- Reymond, 1875/ p. 743, 1876/ p. 636.