‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 76 sur 115 · LES MUSCLES DU PIED · texte numérisé non relu

LES MUSCLES DU PIED

essentiellement de celle décrite ci-dessus pour le Gorille. Le court fléchisseur commun des orteils forme les tendons perforés du deuxième et du troisième orteil. Le long fléchisseur commun envoie au quatrième et au cinquième orteil des tendons perforés, au deuxième et au cinquième des tendons perforants ; au troisième et au quatrième orteil, ces derniers viennent du long fléchisseur du gros orteil. Ce dernier muscle fournit, comme chez le gorille, un faisceau qui se relie au tendon du long fléchisseur des orteils. Le gros orteil de l'Orang possède un abducteur, un opposant peu développé, un court fléchisseur à deux chefs et un adducteur.

Ici également l'un des longs fléchisseurs des orteils paraît représenter le long fléchisseur du gros orteil de l'homme. Il envoie des tendons perforants au deuxième et au cinquième orteil ; les tendons perforants du troisième et du quatrième orteil proviennent de l'autre long fléchisseur des orteils. Le gros orteil ne reçoit pas de long tendon fléchisseur. Les tendons perforés sont le plus souvent fournis par le court fléchisseur. Le tendon perforé du quatrième orteil est en outre renforcé par une branche tendineuse du long fléchisseur, décrit en premier lieu. L'autre long fléchisseur envoie un filet tendineux au cinquième tendon perforé. Au gros orteil du Gibbon, j'ai observé un abducteur, un court fléchisseur à deux chefs, un opposant peu développé et un adducteur, dont l'insertion s'étale largement en éventail. Le premier interosseux dorsal se prolonge, comme dans la main de ce singe (p. 131, fig. 53), sur la première phalange du deuxième orteil. L'un des longs fléchisseurs fournit ici des tendons perforants au deuxième, au troisième et au quatrième orteil, et envoie de plus un tendon au gros orteil. Le petit orteil reçoit un tendon perforé grêle particulier. Tandis que le premier de ces longs fléchisseurs représente celui du gros orteil de l'homme, le long fléchisseur commun des orteils n'aboutit qu'au cinquième orteil. Chez ce singe et chez l'Orang, comme d'ailleurs aussi chez le Gorille et le Chimpanzé, ces deux muscles sont reliés par un faisceau tendineux. N'oublions pas de mentionner à cette occasion qu'assez souvent le long fléchisseur du gros orteil de l'homme envoie un tendon au deuxième orteil et même parfois au troisième. Selon l'indication très exacte de BischofP, une masse charnue recouvre le tendon encore indivis, mais déjà élargi du long fléchisseur commun des orteils chez le Gibbon. Cette lame tendineuse fournit des tendons perforés au troisième et au quatrième orteil. Le deuxième orteil reçoit un tendon perforé du court fléchisseur des orteils. La masse charnue précitée semble représenter ici le plantaire carré (musculus quadratus plantœ), qui est souvent indô-

pendant, bien que à un faible degré, chez les autres anthropoïdes. En ce qui concerne les muscles du petit orteil de l'Orang et du Gibbon, je dois me borner à mentionner que l'opposant paraît faire défaut chez le dernier de ces deux singes (fig. 55).

On voit, d'après la description précédente, que, malgré maintes particularités (constantes en apparence), malgré des variations considérables et nombreuses, la disposition des muscles des anthropoïdes doit être considérée, somme toute, comme très semblable à celle des muscles humains, bien que les nombreuses descriptions des auteurs divergent à cet égard. Cette disposition présente, à vrai dire, surtout aux membres inférieurs, plusieurs particularités préjudiciables pour l'aptitude à marcher debout; en outre, elle offre dans d'autres parties du corps d'autres caractères d'animalité ; néanmoins ce qui prédomine, dans le système musculaire de ces êtres, c'est sa ressemblance avec celui de l'homme.

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