‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 80 sur 115 · SYSTÈME VASCULAIRE DES ANTHROPOÏDES · texte numérisé non relu

SYSTÈME VASCULAIRE DES ANTHROPOÏDES

et il est arrivé à conclure que, à ce point de vue, il existait la conformité la plus entière entre l'homme et les singes anthropoïdes. Suivant cet auteur, Phomme se place anatomiquement si bien dans la série des singes anthropoïdes, qu'essayer de lui assigner une autre place dans la classification zoologique, c'est s'exposer toujours au reproche qu'on a obéi à des considérations autres que celles qui se basent sur des faits (1).

Les organes des sens des singes anthropoïdes ne présentent également aucun caractère digne de mention, par lequel ils diffèrent des nôtres. L'étude détaillée, par exemple, que je fais en ce moment (et qui n'est pas encore publiée) des yeux de ces êtres, m'a démontré que leur œil est très semblable à l'œil humain. Aux doigts et aux orteils de ces animaux on peut trouver des corpuscules tactiles bien développés.

Le système vasculaire de ces singes n'a pas encore été étudié d'une manière approfondie. Leur cœur ressemble beaucoup à celui de l'homme. Chez le Gorille, le Chimpanzé et l'Orang, on observe les mêmes conditions d'origine des gros troncs artériels que chez nous. Souvent chez l'Orang, avec une certaine constance chez le Gibbon, autant du moins qu'on en peut juger par ce qu'on sait, on trouve, paraît-il, une origine commune pour l'artère sous-clavière droite et l'artère carotide gauche, qui proviendraient d'un seul tronc. Mais on sait que, chez l'homme aussi, ce genre d'anomalie n'est pas très rare. Bischoff et d'autres anatomistes ont avancé, avec beaucoup de raison, que la disposition humaine du cœur et des gros vaisseaux semble, chez ces animaux, en relation avec leur genre de vie. Car, bien que ces singes vivent surtout sur les arbres, ils tiennent néanmoins, même dans ce cas, leur corps dans une position verticale.

Dans la distribution des vaisseaux du membre inférieur, on observe une différence qui ne manque pas d'intérêt. En effet, dès le haut de la cuisse, une artère, accompagnée de veines et d'un gros tronc nerveux, se détache de l'artère crurale et s'étend, avec les organes qui l'accompagnent, jusqu'au dos du pied. Chez le Gorille cette branche perfore le muscle couturier.

(1) Dos peripherische Nervensystem der Wirbelthiere (Leipzig, 1878), p. 219.

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