‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 83 sur 115 · LE CHIMPANZÉ KT SES VARIÉTÉS · texte numérisé non relu

LE CHIMPANZÉ KT SES VARIÉTÉS

puissante conformation des mains et des pieds, elle rappelait beaucoup le Gorille. Lorsque je vis cette vilaine créature, pendant les premiers jours de septembre 1875, dans la plénitude de sa force, je fus fermement convaincu que j'avais devant moi un Gorille femelle, qui n'avait pas encore complètement achevé sa croissance. Cette opinion fut partagée par des zoologistes tels que

Fig. fil.

K.-Th. von Siebold et d'autres, mais combattue vivement par Bolau et A.-B. Meyer. Je dessinai alors le profil, (fig. 61), de l'animal qui se reposait par hasard après de folles incartades. Cette figure, malgré de petits défauts (1), reproduit certainement très bien l'aspect général, absolument original, et surtout l'expression physionomique de ce singe (fig. 61). Bischoff a cherché à conclure, d'après les caractères du cerveau de Mafuca, que cet animal était tout bonnement un Chimpanzé. Cette assertion ne mérite pas qu'on lui accorde une importance diagnostique. Si, à l'époque où Mafuca vivait encore, j'avais eu à ma dispo-

ûaéea un peu trop petites. Bien que

(1) Ainsi, par ex.

aiiliklna oreilles

les poils contribue

ut à grossir le son

î. J'aurais pu faci

reproduire simplet

nent la figure origi

sition le cadavre du Gorille femelle à peu près du même âge, dont il a été question plus haut (p. 5), j'aurais été encore bien plus disposé à reconnaître dans la première un véritable Gorille, tellement grande était la similitude dans l'aspect général de ces deux animaux. Notre Gorille femelle a la lèvre supérieure haute et le nez un peu plus petit. J'en ai parlé avec détail dans mes travaux antérieurs (1). La lèvre supérieure de Mafuca est un peu plus haute encore, mais pour le reste la conformité physique de ces deux animaux est très grande. Les mains de notre Gorille femelle sont, à vrai dire, plus larges que celles de la Mafuca, qui fut plus tard classée par Brehm comme une nouvelle espèce d'anthropoïde, à mains étroites. Néanmoins ces mains sont très puissamment développées. L'assertion que j'ai déjà combattue plus haut (p. 14) et d'après laquelle le type féminin devrait être mis en première ligne dans la description, convient moins au Gorille qu'à tout autre singe, car chez lui c'est précisément l'habitus masculin qui donne les caractères du type avec une évidence extraordinaire. A quel type donc appartenait Mafuca? Plusieurs naturalistes la prirent d'abord pour un hybride du Gorille et du Chimpanzé. Moimême je penchais ]pour cette opinion et C. Vogt est encore de cet avis, dans le magnifique ouvrage illustré avec tant d'art et écrit avec tant de génie, qu'il publia il y a quelque temps (2). H. von Koppenfels a souvent entendu parler de semblables croisements par les habitants des rives de l'Ogowé. En eux-mêmes ils n'ont absolument rien d'impossible, et l'on en a observé directement plusieurs cas entre d'autres espèces de singes, qui, à vrai dire, vivaient en captivité. Koppenffels prétend même avoir tué deux hybrides semblables, qu'il avait rencontrés en compagnie de plusieurs Gorilles. Ce voyageur chercha à en abattre d'autres de la même bande, mais, en rampant sur les mains et les pieds à travers un épais taillis, il fut forcé de fuir devant la fourmi de Westwood (Anomma arcens), dont les morsures sont très douloureuses. Les peaux et les squelettes de ces prétendus hybrides parvinrent au Muséum d'histoire naturelle de Dresde . A.-B. Meyer remarque que notre voyageur s'est fait illusion dans ce cas et que les dépouilles qu'il a envoyées en Europe appartenaient à de véritables Chimpanzés (3). Il ne faut pas oublier que, tout en étant un chas.

(1) Voy. p. ex. Hartmann, Der Gorilla, et Zeitsehrift fur Ethnologie, 1876, p. 129.

(2) Die Sâugethiere in Wort und Bild, von C. Vogt und Specht (Mûnchen, 1882), p. 11.

(3) Mafoca Betrejfendes . Separatabdruck aus d, Sitzung&berichten der Gesellsch. fur Natur und Heilkunde, zu Dresden, XXVII. Sitzung, 1876, p. 9.

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