PATRIE DU GORILLE
Le jour, de leur campement
parcourent les districts de la forêt, autour iporaire , et les explorent pour chercher
leur nourriture. Dans la marche, ils appuient sur le sol le dos des doigts repliés en dessous. Plus rarement ils s'appuient sur la paume des mains posée à plat. Les pieds touchent le support par
leur plante aplanie ; les orteils sont alors généralement étendus et un peu écartés les uns des autres, plus rarement courbés vers le sol. Leur démarche est chancelante, comme Huxley le dit fort bien ; le mouvement du corps, qui n'est jamais vertical , comme celui de l'homme , mais incliné en avant, est comparable à une sorte de roulis ou à un balancement latéral. Les bras étant plus longs que ceux du Chimpanzé, son corps n'est pas aussi ramassé ; car, de même que cet animal, il lance les bras en avant, pose les mains sur le sol et donne ensuite au corps, entre elles, un mouvemement qui est à moitié un saut, à moitié une oscillation. Quand il prend l'attitude de la marche, son corps est, dit-on, très incliné, puis il tient sa grande masse en équilibre, en fléchissant ses bras au-dessus de sa tête (1). Malgré sa forme en apparence massive et lourde, le Gorille, montre, comme Tours, une grande adresse corporelle ; c'est un excellent grimpeur. Quand il circule dans les arbres, rapporte Koppenfels, il s'aventure jusqu'à leur sommet. Il essaye d'abord la solidité des branches, et quand une seule de ces dernières ne suffit pas , il en saisit trois ou quatre à la fois. Il parcourt également des branches plus fortes, en avançant avec précaution à quatre pattes. Notre voyageur a vu des individus adultes sauter , à l'approche du danger, d'une hauteur de 30 à 40 pieds, et s'élancer avec une extrême impétuosité à travers les taillis. Ceux qui ont renseigné Huxley s'accordent tous pour dire qu'il n'y a dans chaque bande qu'un seul mâle adulte ; que, lorsque les jeunes mâles grandissent, un conflit s'élève pour savoir qui dominera et, après avoir tué ou chassé les autres, le plus fort d'entre eux s'établit comme chef de la communauté.
Nous avons déjà plus haut (p. 172) parlé de l'alimentation du Gorille. Koppenfels observa un jour un mâle avec deux femelles et deux petits en train de prendre leur repas. La femme et les enfants étaient obligés de cueillir les fruits d'un petit arbre voisin pour le chef de famille, qui ne se dérangeait pas, et quand ils ne le faisaient pas assez lestement ou qu'ils en prenaient trop pour eux, le vieux se mettait à grogner violemment et à leur appliquer de vigoureux soufflets.
Les nègres, qui habitent la patrie du Gorille, qui généralement ne sont pas plus courageux qu'il ne faut et racontent des histoires enjolivées à faire frémir, pour surfaire leur réputation de chasseurs, qui laisse bien à désirer, parlent habituellement de ce singe comme d'une bête terrible et extrêmement dangereuse. Mais ce
(1) De la place de l'Homme, etc., p. 15S. La fig. 12 représente un Gorille en marche (vu par derrière), très bien figuré, d'après une étude du célèbre peintre d'animaux Wolf.