M. de Barante
plaudissait au jeune roi, à son frère le duc de Touraine et au sire de Goucy, modèle de toute chevalerie. Plus tard, il suit le roi dans une visite au pape Clément, à Avignon, et le souverain pontife lui accorde la nomination à beaucoup de bénéfices. D'Avignon, Enguerrand se rend en Espagne, à la demande de la reine-mère de Sicile, qui le charge de conduire à Avignon son fils Charles, roi de Sicile, fiancé à une princesse de ce royaume. Les deux princes sont reçus avec magnificence à Barcelone par le roi et la reine d'Aragon. Aux fêtes du mariage, « il y eut des dances, joustes et tournois où les Français acquirent grands honneurs, et entre autre moult fut prisé le seigneur de Goucy, et grandement estimaient le roi et la reine d'Aragon le roi de Sicile, d'avoir un tel chevalier que lui pour son gouvernement *. » Peu après, les Génois ayant demandé du secours à la France contre les Sarrasins qui troublaient leur commerce, Enguerrand suit le duc de Bourbon en Afrique. Mille lances marchaient sous la bannière de Goucy, qu'on vit toujours au poste le plus périlleux. Enfin, infatigable dans son activité, inébranlable dans son dévouement, le sire de Goucy remplit encore plusieurs missions tant en Savoie qu'en Italie, et refusa pour la seconde fois l'épée de connétable qui, des mains de Glisson disgracié, passa en celles d'un prince du sang, Philippe d'Artois, comte d'Eu.
Quand nous aurons dit qu'Enguerrand, sire de Goucy, comte de Soissons, duc de Bethfort, maréchal de France, lieutenant-général, gouverneur gé-