‹ Les Six Nouvelles de M. de FlorianChapitre 6 sur 8 · I76 S AN CH E · texte numérisé non relu

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quille inconnu. Les lances des deux guerriers se brisent; leurs cimeterres brillent, et mille coups redoublés font jaillir le feu de leurs armes.

Sanche étoit jaloux de la beauté des siennes. Sa cuirasse, de l'acier le plus poli, étoit parsemée de clous d'argent:

son casque étoit surmonté d'un coq d'or qui soutenoit un panache superbe ; ce même, coq étoit sur son bouclier, avec ces mots : guerre et amour. Les coups d'épée de l'inconnu avoient déjà défiguré le beau casque de Sanche. Furieux de voir sa parure brisée, il abandonne les rênes de son cheval ; et prenant son épée à deux mains, il la fait tomber sur la tête de son ennemi de tout son poids et de toute sa rage. Le coup fut terrible; mais il glissa sur l'acier , et ne brisa que le morion. Le casque se détache, «t roule sur la poussière. De longs che-

veux blonds tombent sur les épaules du guerrier désarmé : de grands yeux bleus, dont les longues paupières s'étoient baissées par la force du coup, se relèvent sur Sanche, et reprennent la victoire dont il se félicitoitdéja. Notrehérostremblantlaisse échapper son épée : il descend de cheval ; et jettant loin de lui son casque, ce vainqueur interdit esta genoux devant celle qu'il vient de vaincre.

Sanche étoit beau : le feu dai courage qui brilloit dans ses yeux, cette émotion que lui causoient et le plaisir d'avoir vaincu et la crainte d'avoir blessé, son attitude, sa surprise, tout l'embellissoit encore. La guerrière le regarde et rougit : elle se pressa de sourire, pour que Sanche ne vît pas sa rougeur; et lui tendant la main avec grâce :

Levez -vous, chevalier, lui dit- elle, vous êtes vainqueur ; c'est à moi de

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