LES LITHUANIENS
Jeté sur le littoral de la Baltique, le peuple lithunnien ressemble, sous quelques rapports, à celui de la Bretagne. Resserré entre la mer, entre les tleuves de la Vislule, du Niémen et de la Owina. séparé par les bois, par les forêts et par les lacs de la race finnoise et de la race slave, il est resté toujours étranger à ces voisins ; pendaift longtemps inconnu, puis tout d'un coup conquérant et législateur des pays slaves, allié de la Pologne, dominateur de plusieurs principautés russes, il conserve sa tradition et sa langue, et il parait avoir complètement oublié ses rapports
il) t. IV, p. 281, 291, 294.
avec la Russie et la Pologne. C'est un fait maintenant reconnu que la langue des Lithuaniens est la plus ancienne de celles que l'on parle sur le continent de l'Europe.
, . .Leurexistence domestique ressemble beaucoup à celle des Slaves. Il y a cependant quelques diflerences entre les caractères physionomiques de ces peuples. Le Lithuanien est moins grand que le Slave ; il a le Iront moins haut ; son œil est moins grand et moins vif ; il a une expression plus douce et plus profonde ; le teint des Lithuaniens est plus pâle; le dessin de leur tête ressemble beaucoup a celui de la tête des Indous.
Les rites domestiques, qui sont communs aux Lithuaniens et aux Slaves, se sont conservés, chez, les Lithuaniens, dans toute leur pureté. Nulle part l'hospitalité n'est aussi sacrée que chez ces peuples. Les uns et les autres aiment également la nature ; mais les Slaves admirent plus la nature extérieure ; les Lithuaniens ont un senti- Bient plus -intime et plus exquis de la* vie de la nature. Narbutt fait remarquer que le culte des fleurs est particulier à ce peuple. A chaque cérémonie religieuse, à chaque fêle domestique, sont consacrées des fl-eurs particulières. On a des légendes et des chansons qui expliquent Forigine et la signification de ces fleurs.
Il faut aussi remarquer un fait unique et très
honorable pour les Lithuaniens. Dans la collection de leurs chansons populaires, qui est très riche, on ne trouve pas une seule chanson, je ne dis pas obscène, mais grivoise ou libre. Les termes libres ou ignobles n'existent pas même dans cette langue. Cette langue, qui a quelque chose de sacerdotal et de sacré, les repousse de son sein, et se sert alors de termes slaves, qui ne sont jamais employés dans une famille honnête de Lithuaniens.