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LA CONFÉDÉRATION DE BAR

... L'idée morale des Confédérés a été formulée le mieux dans la proclamation du célèbre évêque Soltyk. Il est remarquable que toutes les fois que la masse du peuple polonais se souleva, le drapeau national fut toujours porté par la main d'un reli-

(1) III, p. 71-102

gieux. Successeur de saint Adalbert, de saint Stanislas et de Kordecki, l'évêque Soltyk, plein de la même ide'e et animé des mêmes sentiments, vint protester contre les évêques de l'Europe, et mettre en avant une idée essentiellement polonaise.

Voici les termes de sa proclamation :

« La plupart des Etats ont été perdus par ces citoyens équivoques qui veulent s'accommoder aux temps; qui, dans les afTaires publiques, au lieu de considérer ce que le devoir exige d'eux, cherchent à tirer, des plus fâcheuses circonstances, le meilleur parti, ou du moins, le moins mauvais possible, et n'opposent par là aux événements que les ressources de leur esprit, de leur sagacité et de la faible prévoyance humaine, et non l'inflexible roideur, la fermeté inébranlable du devoir. Nous ne verrons la Pologne concevoir quelques espérances de salut que quand le plus grand nombre de Polonais cessera de calculer ce qu'il peut, pour considérer uniquement ce qu'il doit. Les règles éternelles sont au-dessus des plus sublimes etîorts du génie et du talent, d

... L'idée de l'évêque Soltyk s'incarna dans un prêtre, dans le Père Marc, moine carme, qui, au nom de la religion, des idées et des sentiments polonais, osa lever l'étendard polonais contre toute lEurope...

... Ici l'histoire ressemble à un roman; tous les

héros de la Confédération ont un caractère romanesque : ils rappellent les héros de V Iliade et les chevaliers du moyen-âge. Rulhières, à chaque moment, s'étonne de rencontrer dans le xvni^ siècle des caractères si vigoureux et si naïfs.

On connaît Thistoire de Beniowski, ses mémoires ont été'publiés en français. Ce confédéré, fait prisonnier par les Russes, fut relégué dans le Kamtchatka, dans une ville de l'extrême frontière orientale de la Sibérie. Là, il forme une conspiration, attaque la garnison, fait prisonnier le commandant, prend la ville, et oblige les pauvres Kamtchadales à jurer fidélité à la Confédération de Bar, dont ils ignoraient autant Texislence que celle de la Pologne. Forcé de fuir après une résistance de quelques mois, il traverse les mers du Japon, aborde les colonies françaises, et de là se rend en France ; il apporte les archives du Kamtchatka à Paris ; il donne à la Cour de France des nouvelles de la Confédération de Bar, et il réclame pour elle des secours. Ainsi, à Paris on recevait par le Kamtchatka et les mers du Japon des nouvelles des événements qui se passaient en Pologne...

La Confédération ne levait pas seulement sa bannière contre une armée autrichienne, prussienne ou russe ; elle proclamait <les principes incompatibles avec l'existence de la Russie, de la Prusse et de l'Autriche...

... Les monarques se réunirent pour écraiser cette opposiiion. C'est le prélude de ce qu'on verra plus tard à Coblentz ; les puissances de l'Europe se réuniront tout d'un coup et, sans raisons diplomatiques, feront la guerre à la Révolution française, pour tuer une idée.

Sous ce rapport, la Confédération de Bar doit occuper une grande place dans l'histoire. Pour les Slaves, elle a encore une signification profonde. Nous voyons une association armée, oublier, pour ainsi dire, toute l'histoire de son pays, se délier de tout précédent, se dégager des anciens préjugés de partis et de provinces, élaborer un esprit nouveau.

Il y a trois caractères provinciaux dans la Confédération. Les confédérés du midi de la Pologne sont les plus aventureux : il y a du cosaque dans tous leurs chefs de partis. Les confédérés de la Lithuanie observent strictement la légalité, et procèdent toujours avec ordre et avec persévérance. Les confédérés de la Pologne proprement dite préludent déjà à la Révolution française : c'est l'esprit slave sous l'influence française. On y conspire, on s'y préoccupe plutôt des moyens que du but ; on y forme des projets de massacres, d'enlèvements : des plans de violence et de l:errorisme.

Mais au milieu de ces esprits divers, c'est le

vieil esprit polonais qui prévaut : l'idée de générosité et de dévouement. Elle repousse tout calcul et ne tient aucun compte des difficultés. Cette idée, abandonnée d'abord par la royauté, puis par la haute seigneurie, est maintenant relevée par la petite noblesse, non seulement en Pologne, mais encore en Ukraine et en Lithuanie ; elle devient ridée nationale ; elle s'étend sur toute la surface du pays...

... Je vous ai dit, déjà, que les premiers sons lyriques qui retentiraient dans les pays slaves, devraient, nécessairement faire une époque littéraire. Or, c'est pendant la Confédération de Bar que, pour la première fois, les prêtres et les guerriers firent entendre ces tons lyriques ; réussirent à saisir ce qu'on appelle les motifs, ce qui met l'âme en mouvement; ils donnèrent le diapason d'après lequel la poésie lyrique devait désormais accorder ses notes C'est un événement immense: il y eut des siècles littéraires, où l'on n'entendit pas une seule fois retentir les motifs réellement lyriques.

J'ai dit que le talent de créer des motifs de musique n'existe, dans les pays slaves, que parmi les paysans; il -en est de même pour les motifs lyriques. Ne nous étonnons donc pas que le premier poète de cette époque fût un paysan. Le chant qu'on lui attribue est une prophétie.

Son nom de Wernyhora, fort connu dans les anciens contes populaires, n'est probablement que son surnom de guerre. On ne connaît que peu de détails sur sa vie. 11 courut, dit-on, de grands dangers pendant les carnages qui ensanglantèrent l'Ukraine, trouva asile dans une lie déserte du Borysthène, et y vécut solitaire. Il ne savait ni lire ni écrire.

La prophétie de Wernyhora, écrite, à ce qu'on dit. sous sa dictée, est universellement connue en Pologne. Les critiques en ont contesté l'authenticité. Cette prophétie n'est pas, à proprement parler, une œuvre poétique. C'est le premier élan de l'esprit national vers les régions de la haute poésie, une aspiration religieuse. Le nom de Wernyhora ne figure pas parmi ceux des poètes littéraires ; pendant longtemps il n'a été connu que du peuple ; encore ne le prononçait-on que rarement. Dans des moments de danger et de terreur, à l'approche d'une guerre ou d'une peste, le peuple consultait la prophétie de Wernyhora, comme des pages sibyllines. Les littérateurs finirent par le citer, en y attachant une sorte de croyance artistique.

Wernyhora est suivi de près par le Père Marc Ce dernier n'a composé qu'une seule pièce dont l'authenticité est certaine, pour quiconque connaît la forme et le style de cette époque. Ce n'est plu«

la forme scolastique, ce n'est plus la forme de J.-B. Rousseau, de Narubzewicz ou de tout autre poète contemporain ; ce n'est pas une épitr€,c'est une prophétie écrite en vers (le mot vers a ici la signification du mo\ carmen des Latins); le style en est grave et simple. Le Père Marc n'avait pas appris la versification dans les livres.

Cette prophétie n'a aucun rapport avec les intérêts et les passions des partis qui agitaient alors la Pologne. Le Père Marc s'élève en esprit jusqu à la hauteur du fameux Pierre Skarga, et de cette élévation il plonge sa vue dans l'avenir...

« Ton sceptre, ô Pologne ! ne poussera pas de fleurs (allusion au sceptre, à la verge d'Aaron) tant que tu ne t'en serviras pas comme d'une lance (en polonais, sceptre agressif] ; mais du moment où tu agiras avec, tu feras trembler l'hérésie, le schisme et le paganisme. »

« Alors^ dit-il, le pèlerin accomplira son grand vœu auprès d'un tombeau ; alors legrand chasseur laissera échapper, pour toujours sa proie ; alors l'esclave deviendra libre sans payer sa rançon ; le coq '^' changera de peau comme un serpent ; les siècles recommenceront leur course vers l'éternité. Mais, ô Pologne, tu dois d'abord tomber en poussière ! comme l'oiseau du soleil, tu renaîtras

(1) La France.

de tes cendres ! et ton esprit deviendra la lumière, l'ornement de l'Europe. »

Les idées qui assignent à la Pologne une mission européenne se trouvent chez le Père Marc.

Vous connaissez les éloquentes et terribles prophéties de Skarga. Skarga est un prophète de l'Ancien Testament; il voit tout sous les formes juives ; la Pologne, comne un tribu d'Israël, devra un jour tomber dans la captivité de Babylone ; puis viendront le retour de la captivité et le rétablissement du temple! Le Père iMarc élève cette idée à une hauteur inconnue à Skarga; il la symbolyse d'après les croyances des chrétiens. La Pologne lui apparaît comme un être vivant, qui doit mourir, tomber en poussière et ressusciter. Il ne prédit pas le rétablissement du peuple captif dans ses anciens droits; ses prophéties, imprégnées de 1 idée chrétienne, annoncent, comme je viens de le dire, une transfiguration.

Ce peu de vers contient en germe toute la nouvelle littérature polonaise'*'. Cette pièce passa inaperçue au-dessus de la littérature du temps de Stanislas-Auguste ; elle tombaau milieu des légions polonaises. Là, pour la première fois, on trouve quelques accents qui rappellentceux du Père Marc,

(l)Gf. Sarrazin: Les grands poètes romantiques de la Pologne.

Ainsi une chanson des confédérés connnience de cette manière ;

« Je reçus un ordre exprès de Dieu de conibattre; je suis descendu du grade que j'avais dans mon pays, pour avoir de l'avancement dans le ciel ; la gloire est mon armure ; je marche toujours, et même si je tombe mort, je continue la marche, parce qu'à travers la mort je cherche le repos pour mon àme. Le sang même que nous perdrons restaurera les forces de la patrie : ce sang s'unira à celui de Notre Sauveur. »

Ce premier souffle de la poésie lyrique parcourt le pays, mais, longtemps encore, il ne trouvera pas sa forme, parce que les formes de la chanson populaire étaient trop simples, et n'avaient pas la gravité nécessaire pour ce genre de poésie. Aussi cette belle chanson a-t-elle été composée sur une mélodie de cantiques d'église. Ainsi la poésie lyrique se rattache encore par la forme même à la poésie religieuse...

. . La figure du Père Marc, de ce poète prophète, caractérise le temps: le PèreMarc, calomnié par ses contemporains, est devenu maintenant le héros favori de tous les écrivains denotrepays.il n'y a pas de roman, de poésie, où l'on ne parle de lui; on cite ses paroles; on l'introduit sur la scène comme homme d'action, commeprédica leur. lia été mis de mille manières sous les yeux de la nation...

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... Schlegel conjurait les Allemands de ne pas se mêler d'écrire des contes populaires, « attendu, leur disait il, que cette toile d'araignée disparaîtrait sous vos mains grossières. » De nos temps, plus d'une main sacrilège osa toucher à l'auréole qui entoure la tête vénérable du Père Marc. Il y a eu des écrivains qui, tournant en ridicule l'idée généreuse dont cet homme a été l'apôtre et le martyr, ont consacré pourtant des poèmes à son éloge. Celte manière moderne de louer est plus perfide que le blâme des contemporains. Les écrivains de celte espèce devraient être rangés parmi les Pharisiens, qui érigeaient aux prophètes morts des tombeaux et les ornaient, tout en continuant de lapider les prophètes vivants.

KRàSICRI

Le comte Krasicki était prêtre. En Pologne, comme en France, on se faisait alors prêtre pour

(1) UI, p. 106-108.

avoir une carrière ouverte aux honneurs. Il ne prenait pas au sérieux son caractère sacerdotal ; il avoue même qu'il allait quelquefois chanter avec les chanoines pour avoir ses jetons de présence, qui valaient quelques milliers de francs. Ce seigneur, après avoir voyagé à l'étranger, revint à Varsovie, où il étonna tout le monde par son esprit, et devint le favori de tous les salons ; ses biographes disent naïvement que le roi, ayant reconnu en lui ses grandes qualités d'homme d'esprit, lui confia l'évêché de Warmie, le siège du grand Hosius. Comme littérateur, abstraction faite de ses titres et de ses dignités, il occupe un haut rang dans la littérature slave : c'est, parmi les Slaves, le plus grand homme d'esprit. S'il n'est pas riche d'invention dans ses poèmes comiques, il a du moins une forme et une allure originale. Dans son style, on entend un gazouillement, un ramage, des chansons slaves, notées avec toute la précision de la prose française.

Au temps où il composa, selon la mode d'alors, des poëmes comiques sur les moines, il vivait au château de Sans-Souci, en compagnie de Voltaire. Il s'y inspirait des principes du philosophe français. Krasicki, heureusement pour lui, n'était pas si sérieusement méchant que Voltaire. Petit- Russien de naissance, il avait la verve d'un Cosaque de la Petite-Russie ; il y avait en lui

quelque chose de méridional et d'italien : c'était un Petit-Russien italianisé.

Un physiologiste français, pour expliquer la différence des caractères, a divisé les hommes eu crâniens, abdoméniens et poitrinaires, selon le développement de ces divers organes. On peut dire que Krasicki était le type parfait d'un écrivain abdoménien. Sa gaieté prenait son origine dans la bonne disposition de son abdomen ; il était doué d'une gaieté folle, d'un rire inextinguible ; plus gai que Boileau, presque aussi spirituel que Voltaire. Ont eût pu lui demander, avec un critique polonais, si c'était le rôle d'un archevêque de se moquer de ses subordonnés les moines et les prêtres; au lieu de les corriger et de les instruire ; s'il était permis à un père de se moquer de ses enfants. Mais c'était la mode et le goût de l'époque.

Krasicki est célèbre comme auteur de satires. Ses imitateurs, plus méchants que lui, n'ont pas sa gaieté, non plus que la grâce dee écrivains français. Toutes les fois que les Slaves veulent être méchants, ils deviennent maladroits et gauches.

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TREMBECKI

Il y eut des écrivains qui parvinrent à se dénationaliser complètement à force de sinp:er les étrangers, surtout ceux de la race celtique.

Un de ces hommes monstrueux, et qui occupe cependant une des plus hautes places parmi les poètes polonais, estSanisIas Trembecki, l'écrivain le plus fini, le plus achevé qu'il y eût jamais parmi les Slaves, le moins polonais et en même temps le moins slave.

On sait peu de choses sur la vie de Trembecki. Il fut élevé dans une famille de riches Polonais, voyagea, habita longtemps Paris, oià il se fit remarquer parmi la noblesse élégante de ce pays. De retour en Pologne, il s'attacha à la personne de Stanislas-Auguste.

Cet homme, d'une force prodigieuse d'esprit, d'une facilité étonnante pour s'approprier tous les genres connus, connaissait la littérature latine dans la perfection. Il écrivait bien le français, et il

(1) m, p. 110-111. Voir aussi p. 14y.

LES POLONAIS loi

possédait à fond la littérature slave. Comme poète, dans la vie, dans le monde, il ne voyait autre chose que des sujets de poëmes. On peut dire qu'il n'a envisagé le monde que comme matière à poëmes. 11 admirait beaucoup d'hommes et beaucoup de choses, et n'aima rien.

Il était admirateur de la cour de Louis XV, de la France, de la noblesse de France, de la manière dont on vivait à Paris, et de l'esprit révolutionnaire qui devait changer tout cela. Il était admirateur passionné de Voltaire et des jésuites ; il a écrit une élégie touchante sur la chute de cet ordre. Il admirait la vieille constitution de Pologne, de même que les projets des réformateurs. Il admirait son roi, dans la personne de qui il croyait voir l'empereur Auguste. Son rêve favori était toujours de trouver quelque Auguste, et de vivre auprès de lui en Horace ou en Virgile. Mais, par-dessus tout, il admirait l'impératrice Catherine. Il était enchanté de retrouver à sa cour l'élégance, la richesse, la puissan e, tout ce que possédait Versailles, et en même temps tout ce que pouvaient lui offrir les pays slaves, de poétique, d'original, de fort et même de sauvage Quelques écrivains ont dit que Trembecki devait compter parmi les écrivains nationaux russes ; en effet il les surpasse tous en esprit et en grâce, lorsqu'il flatte l'impératrice Catherine.

Cet homme bizarre étonne le lecteur, mais il ne l'élève pas ; il le laisse froid.

l'université polonaise au xviii'^ siècle'^'

La chute des jésuites coïncide avec le premier démembrement de la Pologne. Les grandes richesses de cet ordre servirent à fonder des écoles dans toute la république. L'Université, celle création que l'on admire en France, où elle existe unique dans son genre, ce gouvernement des écoles, fut alors fondé en Pologne (1773). La commission chargée d'organiser l'enseignement publia un statut basé sur des idées très libérales. Dans toute la république, s'ouvrirent des écoles, des collèges, des académies pour toutes les classes ; on donnait l'instruction partout et gratuitement. On accorda de grands privilèges à la jeunesse des écoles ; enfin on chercha tous les moyens de l'encourager.

Mais tout cet édifice universitaire ne reposait

(1) III, p. 112-114.

sur aucune base morale, sur aucun dogme commun. On faisait venir de l'étranger des livres qui devaient servir de guides à la jeunesse. Ces livres, composés par des philosophes encyclopédistes, formaient un singulier contraste avec l'enseignement religieux, que l'on continuait à confier au clergé. Les systèmes de la logique et des sciences exactes qu'on enseignait dans ces écoles étaient conçus sous le point de vue matérialiste ; l'histoire universelle, composée par des républicains, n'était qu'un extrait des livres anciens, un abrégé des historiens étrangers, entremêlé des maximes républicaines qui ne respiraient que la haine de la royauté et de tout pouvoir ; et, à côté de tout cela, on enseignait et on proclamait hautement que le pouvoir royal héréditaire était le seul salut de la république.

Pendant vingt ans, on élevait ainsi une jeunesse qui, plus tard, devait nécessairement arriver dans le monde avec des idées confuses, et qui cependant était destinée à s'emparer du gouvernement et à commencer la réorganisation de la Pologne. C'est de cette jeunesse que se composait en majorité l'assemblée connue sous le nom de la grande diète.

On ne parlait à Varsovie que de grands seigneurs qui auraient apporté de leurs voyages des secrets scientifiques propres à sauver les restes de la

Pologne. Ces seigneurs arrivaient avec des ballots de livres de Mably, de Rousseau, de Montesquieu; et ils disaient partout qu'il suffisait d'avoir étudié ces livres pour reconstruire la république ; que la constitution, une fois basée sur des idées profondes et vraies, deviendrait inébranlable et donnerait un jour aux Polonais les moyens de reconquérir la puissance politique et matérielle. Cette opinion s'infiltra peu à peu dans les esprits, et il se forma, vers la fin de cette époque, une croyance commune, que la Pologne ne devait plus s'occuper que de sa reconstruction intérienre ; qu'elle devait tout chercher en elle-même ; qu'elle devait creuser dans sa pensée nationale. Les plus grands patriotes de tous les partis finirent par accepter ce plan. Le roi, les Czartoryski, les anciens débris de la Confédération de Bar, tout ce qu'il y avait d'instruit dans le pays, se réunirent dans le but de trouver, dans les idées, ce moyen de salut que l'on avait en vain cherché dans l'action.

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