PANSLAVISME
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Avant l'histoire politique, aucun lien général ne reliait les Slaves entre eux ; cette histoire ellemême n'a constamment travaillé qu'à détruire des caractères communs dont il n'existe presque plus de traces aujourd hui. Le Polonais voit dans le Russe un homme d'origine étrangère ; le? Serbes et les Bohèmes ne se regardent pas comme issus de la même souche que les peuples slaves du nord. L'idée du Panslavisme, ou unité slave, n'a commencé à poindre que dans le siècle dernier ; elle est le fruit de travaux scientifiquea et littéraires ; mais, pour arriver à réaliser un jour
(Ij I, ] 17-118. Sur le panslavisme, cf. Roman Dmowski : La question polonaise, trad. V. Gaszt'>-wtt; Courrière : Hist. delà littér. contemporaine. Chez les Slaves (Fasquelle, éd.), Colin, éd. 1909, M. -A. Leblond : La Pologne vivante, Perrin, M. 1910.
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cette unité, je ne crois pas qu'on ait pris les moyens les plus propres, les voies les plus droites. Les savants invoquent toujours la communauté de race, oubliant que ce sont les institutions rclij^ieuses et politiques qui ont créé les séparations qu'ils voudraient anéantir, et qu'il est impossible de détruire tout le passé historique d'une nation pour la m mener à son orip^int physique.
... Quel gouvernement a jamais eu assez de force pour réunir et relier ensemble des nationalités différentes ? L'empire romain, qui, certes, fut l'idéal de la puissance matérielle, a imposé sa forme politique à plusieurs peuples de l'Occident: mais cette forme morte, ce lien sans vie, il a suffi pour le briser, du premier coup porté par l'invasion des Barbares. On doit donc renoncer à l'espoir de grouper les peuples slaves autour de telle ou telle forme gouvernementale, autour d'une idée purement physique de sang et de race ; ce qu'il faut, c'est une idée commune, vaste, immense : une idée qui renferme en elle tout le passé et aussi tout l'avenir de ces peuples.