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ISRAËL

Chaque homme, et par conséquent chaque race, a des organes particuliers prédominants qui peuvent ainsi attirer et absorber, pour ainsi dire, toute l'ànie de iindividu. Le peuple d'Israël, par exemple, n'a jamais agi dans les arts, dans la poésie et dans la politique, que par le génie, par les efforts de cet homme intérieur tout entier, sans le disiper dans des organes particuliers. Israël n'a pas composé d'ouvrages d'intelligence, ni d'ouvrages d imagination, calculés et créés pour la vie terrestre. Il n"a pas succombé à la tontaton des facultés basses, des facultés purement terre s

(1) III, p. 108, 173, 365 et IV, p. 249-250.

ires, c'est-à-dire de l'intellig^ence et de l'imagination.

... Chaque société, pour exister, a besoin d'être basée sur un dogme : la société juive, avant son entrée dans la Terre Promise, était basée sur le dogme d'un Dieu unique ; ce dogme suffisait pour la séparer des nations païennes, et la rendait nécessairement errante au milieu des autres peuples ; ce dogme abolissait toute idée de caste, parce que. d'après lui, tous les hommes étaient frères.

... Le Messianisme peut seul résoudre la plus ancienne et la plus grave des questions : celle du peuple d'Israël. Ce n'est {)as sans raison que ce peuple a choisi la Pologne comme sa patrie. Peuple le j)lus spirilualisle de la terre, capable de comprendre ce qu'il y a de plus sublime dans l'humanité, mais arrêté dans son développement, impuissant à accomplir sa destinée, peuple dégradé, il n'a cependant cessé d'espérer son Messie : cette attente n'a pas été probablement sans influence sur le caractère du Messianisme polonais...

... L'esprit de la révélation hébraïque est bien supérieur à celui des Indous. Nous parlons ici le langage de la philosophie profane, car nous répondons aux philosophas, qui n'accepteraient pas la discussion sur un autre terrain. Or Nork lui-même avoue que les chefs spiritiiels des

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Hébreux avaient pour mission d'élever vers la connaissance de l'unité et de l'universalité de Dieu, non pas une seule caste, mais une nation entière.

L'histoire de la nation élue n'est autre chose que l'histoire d'une lutte continuelle entre les voyants, cesi-k-dire les prophètes, les révélateurs et le peuple : le peuple résiste aux appels de Dieu, il retombe à chaque moment dans les erreurs anciennes, embrasse les cultes moins parfaits, devient brahmane, persan, s'adresse au soleil, à la lune, cherche des inspirations sur des montagnes ou dans les bois sacrés ; au contraire, les prophctes et les rois fidèles ne cessent de rappeler au peuple l'idée d'un Dieu fort, puissant et universel, afin que ce peuple trouve en lui-même le secret de communiquer avec la Divinité, sans compter sur des recours extérieurs et physiques. Peut-on comparer un brahmane, qui sait d'avance, à chaque jour de l'année, ce qu'il doit faire le matin et le soir; qui, tranquille lui-même, au lieu de chercher son frère égaré pour le ramener à la vérité, le délaisse ou l'évite dédaigneusement : peut-on, disons-nous, le comparer avec un prophète qui doit toujours se tenir prêt à recevoir l'ordre du Seigneur, ne sachant ni le jour ni l'heure où il sera appelé au service, et où il faudra se jeter dans la foule, s'exposer à être

maltraité, à souffrir le martyre et la mort, pour dire au peuple une parole? Ainsi, et sans aborder ici la question de l'origine des révélations, nous constatons ce fait des sacrifices volontaires pour le bien d'autrui, imposés aux fidèles par la religion hébraïque.; fait qui démontre clairement à tout homme impartial la supériorité de l'esprit hébraïque sur celui des Indous.

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