II
48 LES SLAVES DECRIENT.
dès que l'été approche » )e Bosniaque se hâte de dresser dans son jardin, sur le chemin ou en plein diamp, des tentes de feuillage pour y prendre ses repas et y passer la nuit. Son dédain pour les commodités de la vie est sans bornes ; il rougirait d'avoir besoin d'un lit pour dormir; son manteau lui sert de couverture ; il s'étend sur un peu de paille de maïs en hiver, et en été sur l'herbe des prairies. On conçoit qu'avec de telles mœurs le bagage d'une armée soit facile à transporter : aussi Yoit-on des corps de vingt à trente mille hommes se réunir comme par enchantement et voler avec la rapidité de l'éclair d'une fronûèn à l'autre de la Bosnie. Cet état de choses , à kl vérité , est sur le point de disparaître devant la discipline européenne; aux mouvements spontanés des guerriers indigènes succède la marche réglée du nizam; l'obéissance passive tend de plus en plus à remplacer une liberté anarchique. Toutefois, en dépit des pachas, les /ei)!da5 entrecapitaines et les exploits des haïdouks servent encore de thème favori aux chansons populaires. Quelques fragmentsdes piesmas composées sur l'un des p]us célèbres haïdouks des derniers temps, Tomitj Miiat , achèveront de donner une idée complète de la vie sociale des Bosniaques. La première de ces piesmas décrit la moba, réunion d'hommes de corvée occupés à recueillir les moissons du spahi.