DU CONGRES D AMSTERDAM A
rand, Normand, Viollette, René Viviani, Alexandre Zévaès (i).
Plus tard, quatre socialistes indépendants entraient au Sénat : les citoyens Antide Boyer, Flaissières (Bouches-du-Rhône), Delhon (Hérault), Reymonenq (Var). C'était la première fois que des socialistes forçaient les portes de la Haute Assemblée.
Ces diverses affirmations électorales devaient être complétées par une œuvre d'organisation reliant les groupes socialistes indépendants existants sur les différents points du pays.
D'abord quelque peu désemparés par l'adhésion à l'unité de Jaurès et de quelques-uns des militants qui avaient le plus contribué au développement du Parti Socialiste Français, les membres, groupes et fédérations restés fidèles à la méthode réformiste se ressaisirent bientôt. Dans la Seine une fédération se reconstitua et prit rapidement de l'importance ; dans le Rhône, la Fédération socialiste autonome tenait, le 9 décembre 1906, son congrès annuel ; elle constatait que des signes de lassitude se manifestaient parmi les militants ayant accepté le programme de l'unité socialiste et pensait que le moment était venu de reconstituer, sur des bases solides et dans un esprit large, un parti qui ne demandait qu'à prospérer et à grandir ; elle décidait de prendre l'initiative d'un congrès national.
Ce congrès devait reprendre la tradition et reconstituer l'organisation du Parti Socialiste Français, qui, depuis le congrès de Rouen et l'unification, était en quelque sorte « en sommeil ». Il eut lieu à Lyon les 31 mars et i" avril 1907. Dixhuit départements y étaient représentés :
Les Basses-Alpes, les Hautes-Alpes, les Bouches-du-Rhône, l'Eure-et-Loir, la Haute-Garonne, l'Hérault, l'Isère, la Manche, la Marne, le Nord, le Rhône, la Seine, la Sarthe, le Vaucluse, la Vienne, la Haute-Vienne, l'Algérie, la Guadeloupe.
Un rapport fut présenté au congrès par le citoyen Viollette,
(i) Carnaud (des Bouches-du-Rhône), qui était entré dans l'unité, s'en retira quelque temps après les élections et adhéra au groupe parlementaire des socialistes indépendants.
au nom du groupe parlementaire, sur l'action de celui-ci en 1906-1907 ; nous en extrayons quelques passrges :
Au lendemain des élections législatives et de l'éclatante victoire républicaine que vous savez, il s'est trouvé au Parlement vingtsix députés résolus à reprendre ce qu'ils considéraient comme la vieille tradition du Parti socialiste français et résolus à former un groupement qui devait rester fidèle à la tactique et à la ligne politique du socialisme français...
Nous avons eu lors des dernières élections, deux grandes crises : nous avons eu celle qui s'est dénouée par l'apparition du ministère Sarrien et celle qui s'est dénouée par l'apparition du ministère Clemenceau. En ce qui concerne le ministère Sarrien, il n'est pas besoin de vous rappeler comment dès la première séance ce cabinet s'est présenté devant les Chambres. Zévaès, avec une force d'éloquence remarquable, prononçait une interpellation oîi il s'efforçait de dégager, en des termes dont beaucoup ont gardé le souvenir, la caractéristique des dernières élections. En ce qui concerne le cabinet Clemenceau, notre Parti n'est pas resté en dehors de ses grands actes politiques. Notre parti a demandé à ce cabinet les gages nécessaires ; nous verrons tout à l'heure, d'un mot, la situation politique actuelle.
Pour le moment, je me contente de dire que le groupe socialiste parlementaire n'a pas eu à faire un effort bien violent pour arriver à dégager sa pensée, puisque tout de suite est arrivé le magnifique discours de Viviani dont la Chambre a décidé l'affichage, et ce superbe morceau d'éloquence revêtait trop de sentiments personnels pour que personne pvit entreprendre des dissertations sur la situation politique du socialisme français.
Sur ces grandes questions, le parti socialiste a marqué son activité et ses vues personnelles. Sur la question des lois ouvrières, il n'a pas manqué de surveiller avec attention l'œuvre législative. C'est ainsi encore que, par l'organe de Zévaès, nous avons demandé avec force l'application de la loi sur le repos hebdomadaire. Nous nous sommes efforcés, en ce qui concerne la loi sur le repos hebdomadaire, d'obtenir du Parlement ce qui, à notre avis, devrait être une nécessité, c'est-à-dire l'application de la loi. Je dois également rappeler à ce point de vue une proposition du citoyen Colliard lors de la dernière amnistie. Colliard, dans sa proposition.