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M. Gouttes établissait le compte suivant :
Un armateur traite avec les Forges et Chantiers de la Méditerranée pour la construction d’un navire
dans lequel 1l entre actuellement :
Matières premières ...........,..... 150.000 MTS ULÉBINTS PO e ente de ee re F2 mo QUO Frais généraux : 75 p. 100 de la main- LÉ UVIE M ER ARTE ee RENE RS 56.250 Bénéfices : 10 p, 100 des sommes ci- CR TN NN eee une rues RO: le) Pride revienbmotal,:%, 7 <. 809.370
Durée du travail : trois mois,
Si nous considérons le même travail exécuté par une association ouvrière, sans tenir compte de la diminution des fraix généraux résultant de la suppression de certains employés, nous trouvons en première ligne, que la production de l’ouvrier intéressé étant double, non seulement parce qu'il redouble de zèle, mais encore parce que ses collègues plus intelligents que lui l’aident de leurs conseils, le temps employé pour l'exécution sera de un mois et demi au lieu de trois mois. Le devis deviendra donc :
Matières premières: ........ 29 100 000" Main-d'œuvre ..... APS 0 OUOE) Frais généraux : 37,5 p. 100......., 28.185 »
Lo
Bénéfices : 10 p. 100 sur les sommes ci-
JESUS ee EE RE EE BREL CDD SOU OLA RES Re cr lee Eee 278.437 .50
La différence entre ce prix de revient et celui précédemment établi, s'élevant pour le même travail à 309.375 francs, constitue un bénéfice de 30.937 fr. 50 pour l’armateur. Cette valeur augmente pour lui, si le producteur des matières premières emploie aussi une association ouvrière.
Si nous considérons la production annuelle de l'in-
dustriel, dans le premier cas, nous trouvons :
Matières premières ..... 150.000 x 4 = 600.000 Main-d'œuvrene.5 se. 75.000 x 4 = 300.000 Frais IDéTéT au ren 56.250 x 4= 225.000 Bénetices Arr ee 28.125 x 4=112.500
(DORA PQ se er 2e 1.237.500
Dans le cas où il traiterait avec une association ouvrière, la production serait :
Matières premières .... 150.000 x 8— 1.200.000
Nain-dŒuvre nr. 2. 75.000 x 8— 600.000 ÉTAIS RER Re 06.250 x 8— 450.000 BÉNCNCES de meer 28.125 x8— 225.000
LORS SSSR RES 2.475.000
RS
En comparant ces divers produits, nous trouvons que, dans le premier cas, les bénéfices annuels ne sont que de 112.500 francs, soit 98.000 francs qu'il touchera en plus ; ce sera pour lui une prime, que toutes les protections des tarifs de douane ne pourront compenser. Je rappelle pour mémoire qu'il ne court plus de risques de pertes et que les frais généraux sont toujours couverts comme par le passé.
Les ouvriers employés dans l'établissement, avec le salaire, ne toucheraient qu’une somme annuelle de 300.000 francs, tandis qu'avec l'association ils toucheraient 600.000 francs. Cette somme de 600.000 francs, qui représentera la valeur du travail produit annuellement, sera pour les travailleurs une cause d'amélioration, de bien-être proportionnel pour leurs familles. »
Le succès de l'expérience de 1878 avait été complet. Mais M. Mouraille ne voulut pas continuer l'entreprise « de crainte de mécontenter le personnel des frais généraux. »
Sur ces entrefaites, M. Gouttes quitta et malgré l'insistance consécutive de M. Mouraille, ne revint plus, ayant trouvé dans l'intervalle une situation avantageuse.
A M. Yves Guyot lui demandant les causes de l'abandon de l'expérience, il écrivit la lettre suivante:
« L'échec de Toulon vient de ce que J'ai trop bien
démontré les résultats surprenants à attendre de l'application de l'organisation commerciale du travail. Cela est paradoxal.
Nous avons fait dans trois mois les quarante wagons, alors qu'il avait fallu dix mois pour en faire trente ; le prix consenti était le prix de revient antérieur moins mes appointements (250 francs par mois). Les résultats furent tels que tous les comptables voulurent être participants par la suite, ce qui n’était pas possible, la comptabilité devant être comprise dans les frais généraux, le patron, devant contrôler la distribution des matières, devait conserver ses agents. Je ne voulus pas accepter cette combinaison.
Je fis comprendre à M. Ed. Mourraille (décédé depuis) que, s’il en était autrement, je pourrais gâcher la matière première sans qu’il puisse le contrôler ; car. les comptables seraient plutôt portés à satisfaire mes demandes qu'à défendre ses intérêts, et qu'il n'avait qu'à accorder à ces agents des gratifications prises sur les économies réalisées dans les frais généraux. Il le comprit fort bien, et plusieurs mois après il m'’exprimait les regrets de n'avoir pu accepter mes propositions, J'étais alors aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à Marseille et je ne voulus pas revenir sur mes pas. M. Ed. Mourraille était bonapartiste, J'étais républicain, nous avions l’un pour l’autre une
Me grande estime. J'avais de plus pour lui le respect dû à un bon chef.
Il aurait voulu lui aussi avoir une part des bénélices réalisés. Dans les trois mois de travail, ma part fui de 3.200 francs environ.
L'expériencé de Toulon démontre :
1° Que le patron n'est pas maître chez lui avec le régime acluel, puisque M. Mourraille n’osa pas traiter de crainte de mécontenter le personnel des « frais généraux », — ce que vous avez démontré à Liège ;
2° Qu'à la suite du succès, les ouvriers et les comptables furent partisans de cette pratique et qu'il fut difficile de comprendre ces derniers dans l'association ;
3° Que le patron lui-même aurait voulu participer aux bénéfices réalisés par les exécutants.
Il suffit de voir travailler les ouvriers quelques instants pour se convaincre que je n'ai pas exagéré en estimant la production au double, notamment lorsqu'il s’agit de la construction des navires où la machine-outil n'est utilisée que pour le coupage ou le perçage des matières. J'ai d’ailleurs observé que tou. tes les fois que j'ai fait exécuter un travail à la tâche, en me basant sur le prix de revient de l'exécution à la journée, les ouvriers ont produit le double.
Dans les différentes entrevues ou correspondances, qu'il eut dans la suite avec M. Yves Guyot, M. Gouttes insistait sur les points suivants :.