TRE
ment politique et est dirigée par la Confédération générale du Travail (1).
Ces Bourses offrent le spectacle peu banal, et qui serait comique, s’il n’était gros de conséquences désastreuses, d'être rémunérées par le gouvernement et les communes pour alimenter un foyer d'anarchie et de luttes révolutionnaires et soutenir une politique de haines et de conflits incessants (2).
« Ceux qui s'en adjugent le monopole, dit M. Y. Guyot, ont une singulière manière de concevoir le commerce du travail » (3).
Le vice radical des Bourses socialistes, gérées par
(4) « La Confédération du travail, après les Bourses, est l'unité suprême. Le syndicalisme actuel dénonce l’incompatibilité de la libération ouvrière et du maintien de la propriété capitaliste. L'aspiration ouvrière aspire à construire un monde nouveau avec les débris du monde ancien... » P. Louis, Le mouvement syndical, p. 14.
(2) Le Parlement affectait pour 1907 un crédit de 410.000 francs aux Bourses du Travail. — Par arrêté ministériel en date du 31 décembre 1906, il a été alloué à 45 caisses de chômage ou de secours de route 17.182 francs de subvention pour le premier semestre, et par arrêté ministériel du 30 juin 1907, il a été alloué 24.913 francs. D'autre part, le montant des subventions incsrites au budget des départements et des communes a dépassé 70.000 francs en 1907, sans compter Paris qui a versé à la Bourse du Travail 25.000 francs (Bulletin de l'Office du Travail, année 1907, n°5 7, 8, 9 et 10).
(3) Y. Guyot, op. cit.
les syndicats ouvriers, est dans la volonté de monopoliser le marché du travail (1).
Elles ont réclamé et obtenu par le vote de la loi du 14 mars 1904 la suppression des bureaux de placement pour y substituer au bénéfice exclusif des syndicats, le monopole du placement d'ouvrage.
Or, les syndicats sont impropres à remplir le rôle d'intermédiaires entre les entrepreneurs et les ouvriers ; « car ils n’ont point l'indépendance nécessaire (2) pour inspirer une confiance égale aux uns et aux autres et ils ne présentent point les garanties indispensables pour attirer les capitaux, qu'exigent l'exercice et le développement utile de toute branche de commerce ou d'industrie » (3).
Les unions et les syndicats sont sous la dépendance des ouvriers qui y sont affiliés, et dont les cotisations alimentent leur caisse. C'est le travail bon ou mauvais de ces syndiqués, qu’ils sont naturellement portés et même obligés d'offrir avant tout. Or, « ce que
(1) De l'Économisle français, de mars 1902, Histoire des Bourses du Travail, de M. E. Payen : « Les Bourses du Travail avaient à remplir un rôle excellent et large, mais ce programme ne suffit pas à l’activité des chefs des groupements syndicaux, ce qui les intéressa surtout ce fut l’action socialiste et révolutionnaire... »
(2) De M. G. Sorel dans l’'Introduction du livre cité de M, Pelloutier : « Les Bourses pourront devenir facilement les administrateurs de la commune ouvrière en formation ».
(3) M. de Molinari, op. cit.
demandent les entrepreneurs, c’est le travail le meilleur et le moins cher possible syndiqué ou non » (1).
Il en serait autrement si le capital disposait d’un système d'intermédiaires analogue à celui dont disposent les capitaux et les produits, Si des sociétés puissantes se constituaient pour l'exercer, le marché du travail s’étendrait, comme l'ont fait les marchés des valeurs et des grains ; la valeur du travail ne se déterminerait que par la concurrence régulatrice sous l'influence de la loi de l'offre et de la demande; le prix du travail deviendrait wnpersonnel, et s'établirait sur un marché général, comme s’établissent les prix des autres denrées et valeurs (2).
« L’ouvrier ne pourra plus se plaindre d’être exploité par l'entrepreneur, car le taux du salaire dépendra d’un fait sur lequel les entrepreneurs et les ouvriers ne pourront plus exercer une influence appréciable en suspendant individuellement ou même
(1) M. de Molinari, op. cit.
(2) Du Congrès de la fédération des Bourses du Travail (Mouvement socialiste de novembre 1901), sous la signature de M. Yvetol... « le camarade Niel, de Montpellier, terminant un discours très applaudi où il conclue à la fusion des Bourses et de la C. G. T... », il faut une organisation militaire des forces syndicales, mais elle n'aura plus sa raison d’être lorsque, « par la grève générale révolutionnaire, elle aura détruit ce qui l'avait fait naître :la propriété individuelle et établi définitivement la société communiste libertaire. »