‹ Les Sociétés Commerciales de TravailChapitre 9 sur 38 · RES · texte numérisé non relu

RES

C. — Il ne faut pas confondre les sociétés de travail indépendantes de toute attache administrative et strictement autonomes avec les associations coopératives de production, qui sont presque toujours subventionnées par l'Etat.

On s'est fait de grandes illusions sur les associations de production. On les entretient toujours, malgré les déceptions, par force subventions.

M. W. Rousseau, dans son enthousiaste discours de Saint-Mandé, avait dit: « Le premier client des associalions ouvrières ce devrait être l'Etat ». L'Etat fut en effet un de leurs meilleurs clients, mais le rapport de la Banque coopérative des associations ouvrières de production n'est pas encourageant en proclamant que « pour les petits entrepreneurs, les travaux publics sont le miroir aux alouettes, où ils vont se faire tuer » (1).

Les dons de l'Etat sont assez fréquents, mais ils se partagent en parts insignifiantes pour chaque assoclation.

« Elles durent peu, trois ans en moyenne » (2), et l'un des derniers rapports de l'Office du travail constatait mélancoliquement : « Il n'apparaît pas que le

(1) L’associalion ouvrière, du 29 août 1903.

(2) Conflits du travail, Y. Guyot, op. cit.

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mouvement coopératif ait gagné beaucoup en puissance de 1885 à 1895 ».

En Angleterre, les associations de production n’ont pas mieux réussi qu'en France ; les chiffres officiels le démontrent.

C’est à force de subventions de l'Etat, que ces associations se soutiennent ; « en subventionnant avec des fonds publics des associations de production, les législateurs font payer par les industriels et les commerçants une prime à des concurrents » (1). M. Levasseur constate que « la coopération, comme la participation aux bénéfices n’a eu qu'une part infinitésimale dans l'énorme quantité d'entreprises qui se sont formées depuis vingt ans en Amérique » (2).

« Si les syndicats n'ayant qu'un objet vague et indéterminé sont des organisations de combat, l’expérience à d'autre part condamné, dit M. Yves Guyot, la plus grande partie des associations ouvrières de production, ayant un postulat erroné : la suppression du salariat.

Il faut donc autre chose » (3).

La société commerciale de travail se rapproche parfois de l’association de production,et paraît même

dans certains cas se confondre avec elle.

(1) Conflits du travail, Y. Guyot, op. cit.

(2) L'ouvrier américain, Levasseur, t, Il, p. 326. (3) Conflits du travail, Y. Guyot, ep. cit.

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