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CHAPITRE IX

Les Fédérations coopératives.

Les sociétés coopératives, sitôt que dans un pays le mouvement coopératif a pris un certain développement, commencent à se fédérer — ainsi d'ailleurs que toutes les associations des autres types, les mutuellistes et les professionnelles.

Ces fédérations se présentent sous deux aspects différents, Tun social et moral, Tautre commercial; l'un pour développer l'esprit de solidarité entre coopératives et pour diriger le mouvement coopératif, l'autre pour concentrer les achats et si possible organiser la production; et quoique, à la rigueur, elles puissent se confondre en un même organisme, tel est le cas en Suisse et dans quelques autres pays, il vaut mieux, pour la bonne division du travail, qu'elles restent distinctes — comme les deux Chambres dans le gouvernement parlementaire : en tout cas il convient de les étudier séparément'.

1. Quand le projet de loi coopérative fut discuté au Sénat, la Fédération à caractère commercial trouva seule grâce devant la Haute Assemblée. L'autorisation de constituer des Unions à caractère social fut refusée. — Voir, pour tout ce qui concerne les Fédérations, le livre très complet de M. Bernard Lavergne, Le Régime Coopératif.

i; 1. — Unions coopératives.

Celles-ci, comme nous venons de le dire, soni constitués à seule fin de développer entre les sociétés adhérentes le sentiment de leur solidarité, de leur donner conscience de leur rôle et de leur puissance, de recueillir d'elles et de leur fournir en retour des renseignements statistiques, juridiques, économiques, de l'éunir des Congrès périodiques, de publier des journaux et des brochures, de faire de la propagande de toute façon, de dresser si possible un programme d'action commune, de répartir par districts et par quartiers les zones de chaque société afin d'éviter Tempiétement des unes sur les autres et la concurrence fâcheuse qui en résulte — en un mot d'exercer un gouvernement dont l'autorité, cela va sans dire, est purement morale.

Leur rôle n'en est pas moins très important, là du moins où les coopérateurs ont le sentiment de l'organisation, de la discipline, et où ils ne sont pas séparés par de trop âpres animosités politiques ou religieuses. Les services rendus à la coopération anglaise par l'Union coopérative de Manchester, depuis sa création en 1869, sont inestimables. En Italie et en Suisse on peut dire que c'est seulement de la création de leur Union coopérative, en 1886 pour le premier de ces deux pays, en 1890 pour le second, que date leur histoire coopérative. L'Union coopérative anglaise a rallié 1249 sociétés comptant 2 376 000 membres, c'est-à-dire la presque totalité des coopérateurs anglais. En Suisse, l'Union a rallié 295 sociétés sur les 300 existantes. En Italie, « la

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Ligue Nationale », comme on Tappellc, en a rallié 780 sur 2 900 (mais ces gros chiflVes tiennent à co que la Ligue italienne embrasse des coopératives ' de toute espèce (non pas seulement celles de consommation) et même des sociétés de Secours mutuels. L" Union nouvelle des sociétés de consommalion allemandes (créée en 1902) compte un millier do sociétés avec un million de membres.

En France nous sommes loin de là! Nous avons dit (p. 29) qu'une Union coopérative avait été créée en 1885 par l'initiative de l'École de Nîmes et une autre, plus spécialement parisienne et socialiste, en 1895. Mais la première, après 24 ans d'existence, n"a péniblement rallié qu"un sixième des sociétés existantes, 420 environ sur 2 500. Et l'autre Union, celle socialiste, environ 300 (plus une cinquantaine de sociétés de production ou cercles).

Ce n'est pas que ces Unions ne recrutent tous les ans un assez grand nombre de sociétés nouvelles, désireuses de profiter de leurs conseils, mais trop souvent quand ces sociétés deviennent grandes elles croient devoir faire acte d'indépendance en se détachant de l'Union et en déclarant quelles sont de taille à se suffire à elles-mêmes. Quand même ce serait vrai, elles devraient penser que cest précisément parce qu'elles sont nombreuses et riches qu'elles seraient une force pour l'Union et pour les petites sociétés qui restent fidèles à celle-ci, et qu'en leur retirant leur appui elles pèchent gravement contre le devoir de solidarité '.

Malgré leur faiblesse, l'un et l'autre groupement

I. Du reste ce nest pas là un lait spécial à la France. A rétraiiger de grandes sociétés font parfois de même. Ainsi la

ont fait beaucoup pour le développement du mouvement coopératif en France.

L'Union Coopérative a organisé onze Congrès nationaux ou internationaux : elle publie un Bulletin, d'abord mensuel, aujourd'hui bimensuel, et depuis 1893 un Almanach. Elle a établi les premières statistiques de la coopération française. Elle a organisé la section de la coopération de consommation dans les deux Expositions universelles à Paris, celle de 1889 et celle de 1900, et dans la plupart des expositions étrangères. Elle a, directement ou par l'intermédiaire de son Comité juridique, donné plusieurs milliers de consultations, participé à la rédaction d'un grand nombre de statuts, défendu une foule de sociétés contre les exigences du fisc. Quand on saura que ses revenus n'ont atteint jusqu'à présent qu'à peine 15000 francs, on admirera qu'elle ait pu tant faire avec si peu dargent.

La Bourse a fait aussi beaucoup de propagande pour amener les ouvriers à la coopération et orienter la coopération dans le sens socialiste. Elle a organisé de son côté plusieurs Congrès. Les Congrès de la Bourse et ceux de l'Union coopérative se tiennent généralement tous les deux ans et alternent de façon à ne pas avoir lieu la même année pour ne pas imposer aux délégués étrangers de doubles déplacements. C'est le seul cas d'entente entre les deux organisations qu'on puisse citer!

En Belgique aussi la division des partis a empêché la constitution d'Unions puissantes. En Allemagne, il y a une dizaine de Fédérations coopé-

plus grande coopérative italienne, VUnione Cooperativa de Milan, ne fait pas partie de la Ligue italienne nationale.

LES FEDERATIONS COOPERATIVES 139

rativcs, mais aussi enchevêtrées que celles des Etats de Tancienne Confédération germanique. Toutes les formes d'association coopérative, la consommation, la production, le crédit, la construction, etc., y sont agglomérées pêle-mêle, et comme elles ont un but et un idéal très opposés, elles se nuisent plus qu'elles ne s'entr aident. Nous avons dit (p. 32) qu'un schisme s'était opéré dans la plus importante de ces Fédérations, celle de Berlin, fondée par Schulze-Delitzsch, et qu'une Union nouvelle, formée uniquement de sociétés de consommation plus spécialement ouvrières s'était constituée à Hambourg. Mais elle n'englobe pas la moitié des sociétés de consommation allemandes.

Toutes les Unions sont constituées conformément au système parlementaire, avec cette différence pourtant que leur Parlement, qui est le Congrès, ne se réunit qu'une fois l'an et pendant quelques jours seulement. IMais entre temps elles sont représentées par un Bureau permanent, composé de délégués élus par les sociétés adhérentes pour un certain nombre d'années.

Mais les Parlements et les Bureaux de ces Unions coopératives n'ont qu'une autorité purement morale sur les sociétés adhérentes. Xe pourrait-on leur donner une autorité effective? Oui, si l'Union devenait une véritable Société nationale dont les sociétés locales ne seraient que des succursales. C'est précisément le plan grandiose qui a été proposé par le Secrétaire général de l'Union anglaise, M. John Gray, au Congrès de 1906, à Birmingham, dans le discours d'ouverture. Non seulement les sociétés locales perdraient leur autonomie, mais elles ne

i40 LES SOCIETES COOPERATIVES DE CONSOMMATION

conserveraient que la moitié de leurs bonis, l'autre moitié (soit environ 135 millions de francs par an) devant être versée dans la caisse de la Coopérative nationale, qui en disposerait comme elle l'entendrait au mieux des intérêts de la coopération. Le Conseil de cette Coopérative nationale, qui engloberait également le Magasin de gros, serait naturellement élu par toutes les sociétés selon un mode d'élection à déterminer.

Ce projet n'a guère de chances de se réaliser de longtemps. Non seulement les sociétés actuelles, très jalouses de leur indépendance, ne sont pas disposées à se laisser engloutir dans cette organisation collectiviste et à abandonner la moitié de leur bonis, mais si même elles s'y résignaient il est à craindre qu'elles ne fussent abandonnées par un grand nombre de leurs membres.

Naturellement l'œuvre de ces Unions ne peut se faire sans dépenses et par conséquent sans budget. Ce budget est fourni par les cotisations des sociétés adhérentes, en sorte que le développement de ces Unions et, par contre-coup, du mouvement coopératif lui-même, dépend du plus ou moins de bonne volonté que mettent les sociétés à payer ces cotisations.

L'organisation de l'Union coopérative anglaise est assez compliquée. Elle est gouvernée par un Bureau central comprenant en tout 67 membres élus par les sections régionales et se réunissant seulement deux fois par an. Mais à Manchester réside le Bureau permanent {United Board), composé de 14 membres et dont la cheville ouvrière est le Secrétaire général.

Le '< Comité Central de l'Union coopérative des

LF.s Fi'.nKP.ATioxs r:oopi:i!ATivr:s 141

sociétés françaises de consommation » (qui jusqu'en 1889 portait le nom de Chambre Consul lative) est composé de 36 membres élus au scrutin de liste. Les sociétés de province y sont naturellement en grande majorité, mais comme elles nont pas les moyens d'entretenir un représentant à poste fixe à Paris, ou de lui payer son voyage pour chaque réunion, leur délégué peut se faire suppléer par un coopérateur résidant à Paris. Ces suppléants sont généralement des jeunes gens épris de (juestions sociales, ce qui fait que le Comité de la rue Christine est devenu une sorte de « séminaire » d'études pour la coopération, comme on dit en Allemagne.

La « Bourse des coopératives socialistes de France » a aussi un Comité composé de 7 membres élus et, en outre, de fréquentes assemblées générales où toute société adhérente peut se faire représenter par 3 membres, et, comme la plupart sont de Paris, les féunions de la Bourse comptent généralement un assez grand nombre de membres.

Les frais de ces LTnions comprennent généralement le traitement d'au moins un secrétaire permanent, parfois d'autres employés, la location dun bureau servant de lieu de réunion pour le Conseil, les frais de correspondance et de publication. En Angleterre le tout représente un budget considérable. Les cotisations des sociétés adhérentes, fixées à 1 penny (10 centimes) par membre, en fait très souvent dépassées, produisent plus de 250 000 francs : les dons extraordinaires et la vente des publications élèvent ce chitYre déjà imposant à plus de 300 000 francs.

En France les cotisations pour le Comité Central

varient entre un minimum de 5 francs par société pour celles de moins de 100 membres et un maximum de 100 francs pour celles de plus de 2 000 membres. Celles pour la Bourse sont de 20 centimes par membre (dont 10 pour la propagande socialiste, voir ch. XVI, p. 250).

§ 2. — FÉDÉRATIONS d'aCHATS.

Celles-ci ont un but uniquement économique : Tachât en commun des marchandises nécessaires à l'approvisionnement des sociétés adhérentes.

Les fédérations entre coopératives pour l'achat en commun assurent les avantages suivants :

1° Réduire le prix d'achat pour chaque société, par le seul fait que ces achats sont faits en masse. 11 est clair que, de même que le groupement des individus pour l'achat en commun permet d'abaisser le prix d'achat, de même en est-il du groupement des sociétés. La Fédération n'est qu'une Coopérative de coopératives.

Quand on voit 7 coopératives du département du Nord, groupées en fédération, acheter en une séance (comme elles l'ont fait le 17 novembre 1902) 69 400 sacs de farine pour une somme totale de 1 875 150 fr. ; ou mieux, quand on voit la Wholesale anglaise, qui groupe 1 139 sociétés représentant 1 700000 familles, acheter 7 millions de kilos de thé au prix de 24 millions de francs — on comprend qu'on puisse obtenir des fournisseurs les prix minima.

2" Faciliter les débuts des petites sociétés. — Nul n'ignore que la période des débuts est la plus difficile partout, mais particulièrement dans la coopération.

LES FEDERATIONS COOPERATIVES i 43

Une société naissante qui n'a qu'un petit nombre de membres, peu de capitaux, aucune expérience des alTaires, et qui se trouve en butte à l'hostilité de tous les commerçants du pays, a bien des chances de périr en bas âge. On gémit beaucoup sur la mortalité infantile : environ un quart des enfants meurt dans l'année qui suit la naissance. Hé bien! la mortalité infantile des coopératives est aussi pitoyable !

Or, il suffit qu'une fédération d'achats existe pour changer complètement ces conditions déplorables, car elle fera aux petites sociétés les mêmes conditions qu'aux grandes. Elle leur livrera au même prix les marchandises dont elles ont besoin. Et non seulement elle les fera bénéficier des mêmes prix que leurs sœurs aînées, mais encore elle les dispensera des tâtonnements et des fausses manœuvres des débuts en leur fournissant les indications nécessaires et en leur envoyant, sur simple lettre reçue, tout ce dont elles auront besoin. La société qui se fonde n'aura donc pas besoin de trouver dans son sein des spécialistes. Elle écrira simplement à la Fédération : <( Nous sommes tant. Envoyez-nous tout ce qu'il nous faut ».

Et quant aux grandes sociétés, qui parfois dédaignent de recourir aux fédérations, en disant qu'elles sont assez puissantes pour ol) tenir des fournisseurs les mômes conditions, il faut qu'elles comprennent que lors même qu'il en serait ainsi (ce qui d'ailleurs généralement n'est pas exact), même en ce cas la solidarité leur fait un devoir de soutenir les fédérations dans l'intérêt de leurs petites sœurs et de la grande famille coopérative.

3° Empêcher les commissions illiciles (vulgairement pots-de-vins) et par là moraliser les sociétés coopé-

144 LKS SOCIKTKS COOPKRATIVF.S DK CONSOMMATION

ratives ou tout au moins les préserver de la contamination d'un vice trop répandu dans les milieux bourgeois. En effet, quand les achats se font par Tintermédiaire du Magasin de gros les membres des conseils d'administration des sociétés n'ont plus de relations directes avec les fournisseurs. On dira peut être que ce sont les administrateurs des Magasins de gros qui l)éné(icieront de ces pots-de-vin? Peut-être ! mais ils seront plus surveillés et, en mettant tout au pis, comme ils ne seront que quelques douzaines au lieu de quelques milliers, le mal serait très réduit.

A" Empêcher le hoycollage des marchands et fournisseurs. — Il arrive parfois que, dans l'espoir de tuer une coopérative, les fournisseurs de la région s'entendent pour refuser de lui vendre. Cela s'est vu plus d'une fois en Angleterre, en Suède, etc. (voir ci-après La lutte des coopératives et des commerçants, p. 158).

Eh bien ! cette tactique devient impuissante quand les sociétés coopératives ont derrière elles une Fédération qui se charge de les fournir de tout ce dont elles ont besoin. Que leur importe dans ce cas le refus de vendre des fournisseurs locaux! telles s'en moquent. Et c'est ainsi que de petites coopératives ont pu faire capituler ignominieusement leurs adversaires. Non seulement la fédération anglaise les a soutenues, mais elle a voté une sorte de fonds de guerre d'un million de francs pour résister aux boycottages qui pourraient se produire dans l'avenir.

5° Permettre la création de fabriques. — Il n'est guère facile à une société coopérative de créer pour elle seule une fabrique de chaussures, de chapeaux, de savons, etc., parce qu'elle n'est point en mesure

LES FlJUEIiATIOXS COOPERATIVES 145

de lui assurer un débouché suffisant, à moins que cette société ne compte un très grand nombre de' membres, mais peu sont dans ce cas.

Au contraire, quand une fédération d'achats groupe les commandes de centaines de sociétés, c'est-à-dire de dizaines de milliers de familles, elle peut créer des fabriques à coup sûr, puisqu'elle sait d'avance quel est le chiffre d'affaires qu'elle pourra leur assurer. C'est ainsi que la Fédération des sociétés anglaises, la Wholesale de Manchester, a pu créer des moulins qui produisent pour 22 millions de francs de farine, des savonneries pour 8 millions de francs de savon, des cordonneries pour 15 millions de francs de chaussures (dont une seule, celle de Leicester, fabrique 2 millions de paires par an), une manufacture de marmelades d'oranges et de fraises qui débite 80 000 pots par semaine, etc.

Quelles sont les sociétés coopératives qui, par leurs seules forces, pourraient tenter de semblables entreprises? Et pourtant on reconnaît que c'est par la production seulement que la coopération pourra transformer le régime économique actuel. Alors la fédération s'impose, car qui veut la fin veut les moyens.

6° Organiser quelque œuvre d'iililiié générale — sinon éducative, parce que celle-ci rentre plutôt dans les attributions des Unions — du moins comme la Banque et i Assurance. Si, en effet, on laisse à chaque société le soin den organiser une de son côté, ces efforts dispersés ne pourront aboutir à rien.

Le groupement des sociétés en vue de l'achat comporte trois degrés, on peut dire trois étapes :

LES SOrJlÉTÉS COOPÉRATIVES. 1^

1" La première, cest VOffice de renseigne/nenls commerciaux. Cet Office se borne à recueillir et transmettre aux sociétés adhérentes des renseignements sur les fournisseurs et les prix, et réciproquement à transmettre aux fournisseurs les commandes des sociétés.

Cette première forme est la plus simple parce qu'elle n'exige ni magasin, sauf un simple bureau, ni capitaux, sinon quelques modiques dépenses en frais de publicité et de correspondance.

Mais si l'organisme est peu coûteux, il ne rend, d'autre part, que des services très limités. Il ne peut guère réaliser aucun des grands avantages que nous venons d'énumérer : seulement quelques réductions de prix et des garanties de qualité.

Néanmoins, c'est par là qu'il est prudenf de commencer.

2" La seconde, c'est le Syndicat. Celui-ci n"est pas, comme le précédent, un simple organe de transmission : il fait ce qu'on appelle la commission. Il groupe lui-même les commandes des sociétés et achète pour leur compte aux fournisseurs. C'est ainsi que procèdent la plupart des syndicats agricoles pour les engrais ou les semences. Parfois même, s'il juge le moment favorable, le Syndicat achète pour son propre compte.

Cette seconde forme est déjà plus puissante que la précédente, mais aussi elle exige la constitution d'un capital pour faire les achats et répondre vis-àvis des fournisseurs. Pourtant la Fédération des coopératives du P.-L.-M,, qui remplit à peu près la même fonction, se passe de capital.

3" La troisième, c'est le Magasin de gros. Cette fois

LES FEDERATIONS COOPERATIVES 147

cest la véritable Coopérative des coopératives, telle que je la définissais tout à Fheure. Elle achète directement aux producteurs ou fabrique elle-même par ses propres moyens tout ce quelle juge nécessaire aux besoins des sociétés adhérentes et le leur revend au prix de revient, ou avec une légère majoration destinée seulement à laisser une marge à l'imprévu. En tout cas, s"il y a des bénéfices, ils sont répartis non entre les sociétés actionnaires mais entre les sociétés clientes, appliquant ainsi aux sociétés le même principe que celles-ci appliquent à l'égard de leurs membres.

Pour cela il faut non seulement des capitaux considérables, mais de vastes magasins, tout un étatmajor d'employés. Mais aussi on peut arriver à un degré de puissance indéfini — tel que l'on commence à redouter en Angleterre que le Magasin de gros n'arrive à régenter un peu despotiquement toute la coopération anglaise.

Les admirables pionniers de Rochdale, qui avaient tout prévu, avaient créé dans leur propre société un Magasin de gros pour aider les autres sociétés, mais ce ne fut qu'en 1864 que fut créé le vrai Magasin de gros, la Coopérative Wholesale Sociely. Elle avait commencé avec 50 sociétés et !2.') 000 francs de capital, et aujourd'hui groupe 1 139 sociétés '. 40 millions de francs de capital-action, plus de 70 millions de capital emprunté, 14 800 employés ou ouvriers, d'immenses magasins où elle fait 628 millions de francs de ventes, 18 fabriques où elle produit pour 145 millions

I. C'est-à-diro la [iresciuo lol.ilité des sociétés anglaises, le Magasin de gros de Glasgow groupant de son côté 27.Ï société» écossaises.

d'articles des plus variés. Elle importe, en partie par ses propres bateaux ', 175 millions de francs de produits de tous pays, et elle vient d'acheter au prix de ISoOOOO francs un immense terrain le long du canal de Manchester à la mer pour y installer des docks. Elle a trois comptoirs en Danemark (où elle achète pour 60 millions de francs de beurre et de lard); un aux États-Unis, un en Allemagne (à Hambourg), un en Suède, deux en France (à Rouen et à Calais), un en Espagne, un au Canada et un en Australie. En dehors de ses comptoirs d'achat à l'étranger, elle a une fabrique de suif en Australie, une plantation de thé à Ceylan. Et en Angleterre même elle a son domaine, Rocleneslale, où elle cultive des fraises et des tomates et où elle a installé une maison de convalescence pour ses sociétaires et leurs familles. Elle aura bientôt ses mines de charbon!

Le capital de la Wholesale est fourni : — en partie par les actions que doivent souscrire les sociétés

1. Pour apporter de l'étranger les denrées qu'elle consomme elle avait même armé toute une flotte de six navires, arborant fièrement le pavillon à ses initiales C. W. S. Mais elle a estimé cependant que le transport lui revenait ainsi plus cher qu'en s'adressant aux transporteurs ordinaires et elle à récemment vendu quatre de ses navires à une grande Compagnie de chemin de fer qui a aussi des bateaux. Elle n'a gardé (jue deux bateaux qui font le service de Manchester à Rouen. C'est vraiment dommage, car c'est un recul et un abandon du principe coopératif. D'autre part la perte pécuniaire était peut-être plus que compensée par le prestige moral.

Tous les mardis c'est jour de Bourse, les délégués des coopétives viennent faire leurs achats et sont retenus à déjeuner.

11 y a une journée dans l'année (généralement au mois d'octobre) consacrée à la vente des raisins secs et autres fruits secs que la Wholesale envoie acheter en Grèce et en Asie Mineure par des délégués. Or, dans cette seule journée, la vente atteint ou dépasse 4 millions de francs.

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adhérentes (à raison de 3 actions de 5 livres ou 373 francs par 20 membres); — en partie par deS' emprunts qu'elle fait aux sociétés adhérentes.

Elle a, pour régler ses immenses opérations, une Banque qui fait bon an mal an pour 1500 millions de francs d'encaissements et autant de paiements, et grâce à laquelle la plus petite des sociétés adhérentes peut obtenir des avances de fonds à un taux inférieur à celui que les plus gros capitalistes ou même les municipalités pourraient obtenir de la Banque d'Angleterre ' 1

Elle ne cherche pas à faire de bénéfices sur cet immense chiffre d'affaires, qui dépasse 3 milliards de francs. Néanmoins, comme elle ne peut pas calculer au plus juste, elle se ménage une toute petite marge, qui représente tout de même une douzaine de millions de francs de boni par an.

Sa puissance est telle qu'on peut craindre qu'elle n'en abuse pour transformer la coopération en une grande machine centralisée et bureaucratique; nous aurons à nous préoccuper plus loin de cette éventualité (voir ch. XIV. p. 21.')).

Et pourtant il reste encore de la marge à son développement, car en somme elle ne vend guère aux sociétés de consommation anglaises que le tiers de ce que celles-ci vendent à leurs membres. Le chiffre de ses ventes pourrait donc tripler le jour où toutes les sociétés de consommation s'imposeraient pour

I. Durant la crise de 1907, alors que la Banque d'Angleterre avait élevé lo laux de snn escompte à 7 p. 100, la Banque de la Wliolesnle continuait à prrter à 3 \ 2 p. 100.

11 y a |)cu de temps la Wholesale d'Ecosse a prêté £ ."iOO 000 12 500 000 francs) à la municipalité de Glasgow.

règle de ne s'approvisionnei" qu'à la Wholesale, et il est certain qu'elles seraient récompensées de cette fidélité aux principes par un supplément de bonis.

On ne peut trouver, dans Tordre économique, d'institution comparable à la Wholesale que dans les Trusts et les Cartells, Et il y a d'ailleurs entre ces deux organisations des ressemblances souvent signalées. Il est certain que les fédérations d'achat des sociétés de consommation sont de véritables trusts des consommateurs, qui se dressent en face des trusts des producteurs et auront peut-être précisément ce salutaire efTet d'empêcher que les marchés et le public soient livrés sans défense aux grands capitalistes fédérés.

Il est vrai que ce mammouth de la coopération est unique au monde. Cependant à Glasgow pour l'Ecosse, à Hambourg pour l'Allemagne, se sont déjà constitués des magasins de gros qui font pour un nombre imposant de millions de fr. d'affaires'.

1. Voici quelques chiffres permettant de comparer le développement des plus importantes de ces Fédérations :

Dates Ventes Nombre de

Siepe social. ^^^^ nréation. en 1908. socicjtésadhôrentes.

Manchester It^ôl 0-28 million> 1 130

Glasgow ....... 1868 190 2*5

Ilambourf; 1801 8-i - -iCO

Copenhague 188S r)8 1200

Bàle 180-2 H 2fS

Helsinsfors 1001 14 1,'2 - H»

Vienne 1005 14 — ''50

Budapest 1S08 13 - 800

La Bohême, la Suède, la Norvège, la Hollande, la Belgique, la Russie, la France, ont aussi des Magasins de gros de date récente et dont le chiffre d'affaires varie entre 6 millions fr. (Suède) et un l)eu moins de 1 million (Norvège). Pour l'Italie, il n'est encore (]uà l'état de |irnjet.

LES FEDERATIONS COOPERATIVES 151

La Wholesale de Glasgow, quoique 1res inférieure à celle de iManchester par le chil'fre de ses ventes, ne lui cède guère par la variété de ses entreprises ni par son ambition. Elle a un grand nombre do fabriques, remarquables par l'institution de la copavlnership (voir ci-après, ch. xv, p. 238) et dont la production s'élève i\ oO millions de francs, et elle se propose d'installer deux stations pour la production de l'énergie électrique qui coûteront près de 200 000 francs.

La Fédération d'achat de Hambourg a servi de centre de ralliement aux sociétés ouvrières qui se sont séparées de l'Union Générale de Berlin à la suite du Congrès de Kreuznach en 1902. Et il est probable que la Fédération de Hambourg prendra un développement considérable, d'autant mieux que les Allemands sont passés maîlres en fait d'organisation et de fédération.

Si on compare ses progrès (depuis sa naissance en 1894 jusqu'à 1908) à ceux de la Wholesale anglaise durant la même période de quatorze années (de sa fondation en 18G4 à 1878), on voit qu'ils sont môme plus rapides, car la quatorzième année de son existence, en 1878, le Magasin de gros de Manchester ne faisait que 68 millions de francs de ventes, tandis que le Magasin de Hambourg en fait pour 82 millions de francs.

On remarquera que la Belgique, malgré sa grande activité coopérative, ne figure pas sur celte liste. Cependant il y a une fédération belge créée en 1900 et qui en 1908 comptait 189 sociétés adhérentes et avait fait .'î millions francs.

En France, nous sommes très en retard! En 1887 le Comité Central avait réussi à grand'peine à créer

un Magasin de gros qui n'avait pas mal débuté puisque, de 383 000 francs d'affaires en 1887, il s'était élevé à 2 1/2 millions de francs en 1892, mais qui a succombé, pour diverses raisons qu'il serait trop long d'indiquer ici. Je me bornerai à dire que c'est un triste épisode de notre histoire coopérative'.

Au Congrès des sociétés coopératives tenu à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1900 et qui réunit exceptionnellement les coopératives de l'Union coopérative et celles de la Bourse socialiste, on vota un ordre du jour pour créer une Fédération d'achat en commun. Néanmoins on ne parvint pas à s'entendre et deux organisations distinctes et même rivales furent créées :

a) L'Office coopératif annexé à l'Union coopérative et qui, d'abord simple office de renseignements, puis syndicat pour grouper les commandes, enfin transformé en Coopérative de gros, opère aujourd'hui directement les achats. Créé en 1900, il n'a dépassé le premier million qu'en 1907 : mais il espère main-

1. La Fédération d'achat fut créée en 1885 en même temps que l'Union coopérative. Seulement celle-ci s'appelait alors Chambre Consultative et celle-là Chambre Économique. Ce fut en 1888 que la Chambre Économique prit le nom de Fédération nationale des Sociétés coopératives et fonctionna d'abord comme syndicat, c'està-dire en se bornant à acheter pour le compte des sociétés — et dont beaucoup ne remboursaient que péniblement. Elle eut le tort de vouloir se constituer prématurément en un véritable Magasin de gros dont le siège fut à Charcnlon. Mais les grandes sociétés parisiennes l'abandonnèrent, soit parce qu'elles prétendaient pouvoir faire leurs achats directement mieux que par son intermédiaire, soit par suite de dissensions personnelles. Une organisation très défectueuse justiliait d'ailleurs dans une certaine mesure ces désertions. Le Magasin de gros succomba donc en 1893, laissant d'assez grosses pertes à la charge des sociétés fidèles qui l'avaient soutenu ot du Comité Central.

LES FEDERATIONS COOPERATIVES 153

tenant prog-resser plus rapidement. Il groupe cependant 385 sociétés, mais il n'y a encore qu'une faible partie de leurs achats qui passent par son intermédiaire. Si Ton remarque que son capital ne dépasse pas 35 000 francs (actions, dépôts ou emprunt), on admirera qu'il puisse faire face à ce mouvement d'affaires de plus de 1 million. Il vient de se constituer en Société coopérative proprement dite sous le régime de la loi de 1867, c'est-à-dire par actions, les sociétés adhérentes étant les actionnaires '.

b) Le Magasin de gros qui marche avec la Bourse socialiste. Grâce au sentiment de solidarité plus vif qui anime des sociétés engagées sur le terrain de la lutte des classes, il a marché plus vite. Le chiffre de ses affaires a dépassé 5 millions en 1908. Il commence à s'engager dans la voie de la production.

En dehors de ces deux Fédérations nationales, il s'est constitué, sur divers points de la France, dans le Xord, dans les Ardennes, dans la Seine-Inférieure, dans le Gard, une quinzaine de fédérations régionales. Celle du Nord (socialiste) fait un chiffre d'allaires plus important que les Fédérations nationales (6 millions de francs) -. Mais elles n'en sont encore qu'à la seconde étape, celle du Syndicat d'achat et non encore celle du JMagasin de gros.

Peut-être est-il plus prudent, en effet, dans un pays de productions très variées comme la France et qui,

1. La Coopérative de Gros ne paie pas crinlcièt à la 1" action souscrite, mais afin d'augmenter son capital elle paie 5 p. 100 au.\ actions supplémentaires: c'est le système déjà exposé p. 9.j.

2. La Fédération des Sociétés coopératives P.-L.-M. n'est pas régionale : elle est professionnelle et embrasse 122 sociétés de consommation d'employés disséminées sur tout le réseau du P.-L.-M. et de l'Est. Elle fait environ 1500 000 francs de ventes.

malgré son unité apparente, a conservé un particularisme très accentué, de commencer par des fédérations régionales. Mais cependant elles doivent tendre à se constituer un jour à leur tour en Fédération Nationale, et, en attendant, à établir du moins entre elles un organe central, un peu comme la Banque de France vis-à-vis de banques ordinaires. Mais, pour cela, il faudrait obtenir la fusion des deux principales Fédérations. Il semble qu'en admettant même que Tunité fût impossible au point de vue du programme social, elle devrait être facile à réaliser en ce qui concerne les achats en commun. Cependant on n'a pu y réussir jusqu'à présent. C'est que chacune des Fédérations dachat est comme la nourrice de l'Union à laquelle elle se rattache, et chacune de celles-ci redoute de s'en voir privée.

Les causes qui rendent si difficiles et si lentes en France les fédérations entre sociétés, tant celles d'achat que celles simplement de défense et de propagande, mériteraient une étude attentive. Il nous paraît certain qu'il y a là une question de tempérament national, qui est non pas tant individualiste mais plutôt parti^ulariste : question de vanité aussi, qui fait que les membres de la plus petite société ne veulent rien abdiquer de leur autonomie et que les membres des conseils d'administration ne veulent rien aliéner de leur pouvoir de gouV'Ornement ou d'achat : ils veulent traiter directement avec les fournisseurs. Et pis que cela souvent, crainte devoir abolir les abus auxquels on tient et dont on vit! question de pots-de-vin à toucher des fournisseurs, auxquels il faudrait renoncer si les commandes passaient par lintermédiaire d'un Office central ou

LES FKDKRATIONS COOPKRATIVES 155

Magasin de gros! Et certains faits récents en Angleterre nous ont appris que les sociétés anglaises n'étaient pas elles-mêmes absolument indemnes de cette peste qui a tué certaines sociétés françaises et contaminé beaucoup d'autres '.

Au-dessus des Fédérations nationales il pourrait y avoir une Fédération internationale — et elle existe en etîet, tout au moins à l'état d'ébauche, sous le nom d'Alliance Coopérative Internalionale. La première idée en revient à notre ami M. de Boyve. qui la proposa au Congrès des coopératives anglaises de Plymouth en 1H86. Mais elle ne fut officiellement créée qu"en 1895 à Londres où se tint son premier Congrès. Elle en a tenu 7 depuis dans différentes villes d'Europe, dont les comptes-rendus constituent une contribution importante à l'étude du mouvement coopé-

1. L'importance des achats faits aux Fédorations est peut-être le meilleur thermomètre de la ferveur coopérative dans les divers pays; c'est là que se montre le plus directement l'esprit de solidarité coopérative. Voici la moyenne des achats par léte de coopérateur dans les Magasins de gros des ditférents pays.

Ecosse r.ûï) francs.

Danemark 386 —

.\ngleterre :î-23 —

Finlande 163 —

Suisse 00

Allemajrne 61 —

Franco 0

A rapprocher ce tableau de celui de la p. 71. Mais il ne faudrait pas cependant mesurer exactement le zèle coopératif de ihaiiue pays à celte échelle, parce qu'il faut tenir compte de la différence d'âge de ces magasins.

.V remarquer que le chiffre pour la Frai\ce. si modeste qu'il soit, n'est obtenu que grâce à l'addition des opérations des deux Fédérations rivales, qui peuvent donner un total d'environ T millions de francs.

lo6 LES SOCIETES COOPERATIVES DE CONSOMMATION

ratif dans le monde. Elle a publié une Bibliographie de la coopération en toutes langues, et depuis un an elle édite un petit journal coopératif. Elle est composée des sociétés qui s'inscrivent et fixent ellesmêmes le montant de leur cotisation. Aussi ses ressources sont-elles très modestes. Elle est gouvernée par un comité permanent formé de membres élus par cooptation et qui comprend la plupart des apôtres de la coopération, choisis dans les 2o pays adhérents. Elle embrassa toutes les formes de Tassociation coopérative, consommation, production, crédit, agriculture : toutefois la première tend à devenir de plus en plus prédominante.

Originairement cependant cette association avait surtout pour but de sauvegarder les droits des producteurs afin de ne pas les livrer au gouvernement despotique des consommateurs, tel qu'il s'annonçait notamment par la puissance grandissante de la Wholesale : c'était une sorte de révolte individualiste contre ce qu'on pourrait appeler le collectivisme coopératiste. Et à cet efîet elle réclamait, sinon Fassociation coopérative de production, tout au moins la participation de tous les ouvriers aux bénéfices et en première ligne pour les ouvriers au service des sociétés coopératives de production'. I\Iais cet idéal de la première heure fut peu à peu mis de côté, la participation aux bénéfices n'ayant pas beaucoup réussi, et d'ailleurs Télément socialiste, qui grandit dans le Conseil de rAUiance et dans les Congrès, lui

1. " L'Alliance a pour but... de hàter le moment où toutes associations portant le nom de coopératives auront organisé en laveur du travail la participation aux bénélices pour tout le personnel sans exception. •■

LES FEDERATIONS COOPERATIVES 157

étant absolument hostile, et il a évolué en une aspiration plus générale mais moins précise vers une plus juste rémunération des travailleurs.

Aujourd'hui le programme de rAlliance, tel que le formulait récemment son président 1\I. Maxwell, c'est :

1° Un but moral et éducatif : mettre en relations les coopérateurs des divers pays afin qu'ils puissent s'instruire les uns les autres et faciliter par leur union le mouvement coopératif;

"2° Un but pratique et commercial : mettre en relations les sociétés coopératives des différents pays, afin que les produits de celles qui font la production puissent trouver des débouchés auprès de celles qui ne font que consommer, et que celles-ci, de leur côté, puissent se procurer ainsi les denrées dans les meilleures conditions possibles. On songe même à créer un magasin de gros international.

Toutefois il faut dire que, de ces deux buts, le premier seul a été atteint dans une certaine mesure. Et la réalisation du second paraît d'autant plus compromis * que les coopératives agricoles et de crédit, et même celles de production, effrayées par les ambitions impérialistes des sociétés de consommation, se détachent peu à peu de l'Alliance^.

1. Cependant la Fédération d'achats de notre Union coopérative a commencé à entrer en relations d'alTaires avec les Fédérations coopératives de l'étranger — celle de Manchester (thé et biscuits), de Bàle (fromage) et de la Haye (bonbons).

2. Pour l'histoire détaillée de cette institution, voir notre brochure sur V Alliance Coopérative Internationale, publiée d'abord dans la Revue Economique Internationale d'octobre 1903.

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