PREFACE DE LA DEUXIEME EDITION VII
aucun personnage officiel ne s'y montre, aucun journal n'en parle. Au Parlement, si on entend parler d'elles quelquefois dans la discussion du budget, ce n'est point pour leur accorder des subventions, mais pour les grever de quelque nouvel impôt. x\ucune loi organique n'a été votée pour elles; elles ont été laissées pêle-mêle dans le droit commun. Un projet de loi avait bien été présenté il y a une vingtaine d'années, mais il a été enseveli dans les cartons du Sénat. Tandis qu'il y a un Conseil Supérieur de la Mutualité, et pour les syndicats un Conseil Supérieur du Travail, il n'y a aucun corps officiellement constitué pour servir d'organe aux coopératives de consommation.
Cette indifférence générale pour cette forme d'association est un phénomène singulier. Car pourtant la coopération de consommation est déjà ui\e puissance, tout au moins par le nombre. Les membres de ces sociétés sont au nombre de près de 800000, moins nombreux sans doute que les mutualistes, mais tout autant que les syndiqués et infiniment plus que les membres des associations ouvrières de production ou des sociétés de construction. D'autre part, on ne saurait dire que leur ambition et leurs visées soient négligeables : elles sont même à bien plus longue portée que celles des svndicalistes et celles des mutualistes, car tandis que ceux-là ont pour but de mener la