VIII PRÉFACE DE LA DEUXIÈME EDITION
lutte de classes pour émanciper les ouvriers, et ceux-ci de prévenir la misère en réparant les maux qui menacent l'existence humaine, et qu'ainsi les uns font œuvre curative et les autres plutôt œuvre militante, la société coopérative, au contraire, fait œuvre constructive : elle ne vise à rien moins qu'à reprendre en sous-œuvre l'ordre économique actuel pour y substituer un ordre nouveau. Le coopératisme ne prétend remplacer ni le mutualisme ni le syndicalisme, mais il prétend compléter cette trinité.
Il semble cependant que le programme coopératiste aurait du attirer l'attention du parti qui est actuellement au pouvoir en France, car ce programme se trouve répondre assez bien à celui que le parti radical-socialiste cherche depuis longtemps dans ses manifestes et ses congrès sans l'aA^oir encore trouvé. Ce qu'il voudrait, n'est-ce pas quelque chose qui ne fût ni l'individualisme, ni le collectivisme? qui tendit à l'abolition du capitalisme et du salariat sans sacrifier ni la propriété privée, ni les libertés héritées de la Révolution? Or c'est là précisément ce que lui offre le coopératisme.
Je sais bien qu'il y a aussi le solidarisme, mais le solidarisme est surtout une doctrine, tandis que la coopération est déjà une réalisation.
En effet, je conviens qu'il ne suffît pas, pour mériter l'attention publique, d'avoir un vaste pro-