SOCIETES D’HOMMES
La Loi Sacrée et la Bienfaisance réunies
La Loi sacrée est^ parmi les associations juives existantes, la plus ancienne de la Communauté de Paris. Bien qu’autorisée seulement en 1810 par le Préfet de police, elle était de celles que le Gonsis^ toire voulut dissoudre pour organiser une Société unique de bienfaisance. Elle était alors dirigée par M. Isaac David, celui-là môme qui, en 1814, fut nommé chantre du temple de la rue Saint- Avoie, en remplacement du sieur Hayem Plozky, destitué. Il continua à la présider jusque vers 1858. La Société était alors connue sous le nom de : Réunion pour l'étude et ï exécution de la Loi sacrée.
Nous n’avons aucun renseignement sur elle jusqu’en 1838. Elle n’a laissé ni procès-verbaux, ni comptes rendus. Nous avons vu (1) qu’en 1809 elle comptait vingt-sept membres. Dans la liste des Sociétés autorisées, communiquée en 1838 par la Préfecture de police, ils étaient au nombre de trente-
(1) Page 11.
SOCIÉTÉS d’hommes
trois et de trente-sept en 1839. Elle était enregistrée sous le n° 266 et avait été autorisée de nouveau par arrêté en date du 19 juin 1838. En 1840, M.' David demandait au Consistoire l’autorisation pour sa Société de continuer les assemblées qui se faisaient le samedi à midi « pour la leçon de religion et la prière de Minha >. Une semblable demande paraissait étrange de la part d’un ministre du Culte qui ne devait pas « oublier que sa place est au « temple pendant les heures de prières ».
En 1851, la Société comptait quarante membres (1) ; mais, manquant de direction, la Loi sacrée allait bientôt disparaître, lorsque, grâce à l’initiative de cinq de ses membres (2) qui étaient restés attachés à cette ancienne confrérie, on résolut de la reconstituer.
Un Comité directeur (3) fut en effet nommé le 4 avril 1858. Pour bien des membres la Société ne date que de cette époque. Déjà même àla mort de M. Philippe Ulmann, on rappela qu’il était l’un des fondateurs de la Loi sacrée. Si cette assertion est
(1) Les professions qu’ils exerçaient se répartissaient ainsi : 6 rentiers; 2 employés; 10 fabricants; 9 négociants; 3 fonctionnaires religieux;.! tailleur; 1 professeur; 3 artistes; 1 papetier; 1 marchand de chevaux; 2 dessinateurs; 1 courtier de commerce. — MM. Samuel Trêves, professeur à l’Ecole Israélite, Benoit Cohen, alors président du Comité de bienfaisance, faisaient partie de cette Société.
(2) MM. Philippe Ulmann, H. Michel, Edmond Abraham, Ch. -B. Brisac et Ziegel.
(3) Il fut composé comme suit : MM. Philippe Ulmann, président; H. Michel, vice-président; Edmond Abraham, Salomon Lévy, Bernheim jeune, Ch. -B. Brisac, secrétaire, et Marchand Aron, trésorier, qui fut remplacé en 1860 par M. Georges Abraham.
inexacte, il est certain toutefois que c’est grâce à son activité que cette Société, née peut-être au milieu du xviii® siècle, dut non seulement de ne pas se dissoudre, mais aussi de prendre un grand développement (1).
La Société, approuvée par le Préfet de police le
10 février 1858, et enregistrée sous le m 16, se déclara établie « pour se secourir mutuellement », pour pourvoir à la sépulture de ses membres (2) et contribuer aux institutions de bienfaisance (3j.
Bien que cette Caisse eût une destination spéciale, \d,Loi sacrée eut à cœur d'apporter son obole à bien des œuvres étrangères à son but : les chrétiens d’Orient (1860), les victimes du choléra (1865), les victimes de la guerre (1870), l’école professionnelle pratique et la Société des Alsaciens-Lorrains (1872), la catastrophe de Rueil (1873), l’école des jeunes filles du X* arrondissement (1874), les victimes de Szegedin (1879), la statue de l’abbé Grégoire (1884), toutes œuvres de bienfaisance, morales, patriotiques ou de reconnaissance eurent, comme les établissements charitables de la Gom-
(1) En 1860, elle avait un actif de 548 fr. 97 c. ; cinq ans après, il s’élève à 3,912 francs; en 1870, ce chiffre fut doublé;
11 dépassa dix mille francs en 1877, et il était en 1884 de 8,694 francs.
Le nombre des membres actifs et honoraires, qui était de 101 en 1866, s’éleva à 245 en 1883.
(2) Acompte!* de 1862 elle supprima le droit à la sépulture.
(3) Ces statuts furent modifiés en 1862, mais ne changèrent rien aux lignes générales de la Société. C’est à cette époque que la Société prit le titre de Loi sacrée. Elle paraît avoir été connue plus particulièrement jusque là sous le titre de : les Lois talmudiques. C’est sous ce nom du moins qu’elle figure dans les Annuaires israélites.
42 SOCIÉTÉS D ‘hommes
munauté de Paris, leur part de ses généreuses offrandes.
La mutualité ne fut point pour cela négligée, et, bien que les éléments distingués dont la Société se compose rendent souvent son assistance superflue, les secours aüx sociétaires malades (1), les frais de médicaments, indemnités de deuil, frais de prières pendant la semaine de deuil, honoraires du Rabbin (2) et du médecin (3), et les dépenses extraordinaires, le denier à la veuve ou aux orphelins, prouvent le souci qu’a la Loi sacrée d’accomplir fidèlement sa mission.
Pour y faire face, elle dispose : des droits d’admission (4) ; des cotisations mensuelles (5) ; des amendes ; des dons volontaires ; des intérêts des fonds placés et du produit des troncs.
La Société compte aujourd’hui cent treize membres actifs et cent trente membres honoraires. Ses dépenses (6) et ses recettes s’élèvent annuel-
(1) Trois francs par jour pendant trois mois. Passé ce délai, la commission avise. D’après le règlement de 1862, elle n’attribuait que deux francs par jour.
(2) M. Isaac David fut longtemps le rabbin de la Société; M. le rabbin Lazard -fut, en cette qualité, attaché à la Société à partir de 1869; il fut remplacé par M. le rabbin Weil à partir de 1881.
(3) M. le D' Lcven fut choisi en 1868 comme médecin de la Société. Il fut, sur «a proposition, remplacé en 1879 par le D’ Schaffier.
Jusqu’au moment où la Société s’adjoignit un médecin, le Comité en désignait un chaque fois que le cas l’exigeait.
(4) Dix, vingt ou trente francs, suivant l’ége, de 30 à 50 ans. Le membre honoraire paye un droit d’admission de 20 francs.
(5) Deux francs par mois. Un quart de la cotisation est destiné à la dotation de la caisse de bienfaisance.
(6) La bienfaisance entre dans les dépenses pour 2,500 francs
]ement de 6 à 7,000 fr. Elle a un actif de 8,000 fr.
Trois présidents se sont succédé dans la Loi sacrée depuis sa création. Ce sont MM. Isaac David, nommé en 1859 président honoraire ; Philippe Ulmann (1858-1884) (1) et Samuel Ziegel, nommé en 1884 (2).
La Société la Bienfaisance (3) a fusionné avec la la Loi sacrée, le 21 janvier 1879. Sa fondation, suivant le répertoire du ministère de l’Intérieur, remonte à l’année 1811. Cependant lorsque, en 1835, elle demanda au Préfet l’autorisation de se réunir, elle prétendait exister « depuis quarante ans passés ». En 1837, en transmettant son nouveau règlement, elle constatait que ses statuts existaient « quant au fond, depuis environ cinquante ans ». Cette association fut donc très pro-
environ; les prières et indemnités de deuil pour 2,000; les secours aux malades pour 500, et les souscriptions diverses pour un millier de francs.
Les membres honoraires — qui sont dispensés de tout service et n’ont droit à aucun des secours accordés aux membres actifs, sauf à l’assistance religieuse — versent à la caisse 3,300 francs environ par an; les membres titulaires, 2,400; le reste se compose des droits d’admission, des dons et des intérêts de» valeurs que possède la Société, etc., etc.
(1) La Société a érigé par souscription, au mois de février 1885, un monument à M. Philippe Ulmann, en récompense de ses longs et loyaux services.
(2) Le bureau de la Société se compose ; de MM. Gonthier Dreyfus, vice-président honoraire; Henry May et Emile Ulmann, vice-présidents; Georges Trêves, trésorier, et Georges Abraham, secrétaire.
M. le Grand-Rabbin Isidor fut nommé président honoraire en 1864, et M. le Grand-Rabbin Zadoc Kahn en 1869.
(3) Elle portait en réalité le titre de : Société de secourt mutuels et de hienfaisance des Israélites de Paris.
SOCIÉTÉS d’hommes
bablement fondée à la fin du siècle dernier, vers 1787 selon les uns, vers 1795 selon les autres. Elle était par conséquent presque centenaire quand elle fusionna avec la Loi sacrée.
Bien que composée depuis son origine des notabilités de la population juive, elle eut toujours une existence fort languissante. L’année 1826- 1826 fut son époque la plus brillante (1) : elle avait quatre-vingts membres. En 1854, ils étaient cinquante (2) et trente-trois en 1871. Seize membres seulement entrèrent dans la Loi sacrée.
La Société, qui avait pour objet de faire en commun des actes de bienfaisance et des exercices de piéié (3), compta de tous temps, nous l’avons dit,
(1) Voici les noms des membres qui composaient la Bienfaisance en 1821 (les premiers procès-verbaux de la Société datent de cette époque] : E. Simon, Cerf Weill, E. Deutz, Dreyfous, Mayer L. Dalmbert, Alexandre, Ephraïm Moys, Félix V/ahl, Jaffa, N. Laurier, Mayer Marx, D. Drach, David Neymann, Mayer Cassel, Salomon Oulman, R. Moyse fils, Picard, Bing, Lion Caben, Hte Witterslieim, L. Philippe, Elie Lion, Berecli Polak, Garçon Weil, Fouit, Ch. Dreyfous, Isaac Mayer, J. Schriber, Michel Hesse, S. -B. Dalsace, Bernard Lion, Salomon Lévy, Isaac fils de Isaac Lévy, Aron ben Enoch, David de Bourscheid, Simon Katz, Mardochée ben Enoch, Sachet Cahen, Perah Bar Mosche, Ephraïm fils de Jacob, Baruch fils de Leib Cahn.
(2) Les professions qu’ils exerçaient étaient réparties comme suit : 2 Grands-Rabbins, 2 professeurs de musique, 8 rentiers, 4 marchands d’étoffes et de nouveautés, 3 horlogers, 2 agents d’assurances, 5 négociants, 3 employés, 1 brocanteur, 1 commissionnaire, 1 courtier d’assurances, 1 docteur-médecin, 1 membre de l’Institut, 1 avocat, 1 notaire, 1 propriétaire, 1 consul général de Turquie, 1 banquier, 1 papetier, 1 tanneur, 1 boucher, 1 courrier de la malle, 1 fabricant de lampes, 1 laitier, 1 quincaillier, 1 épicier, 1 ordonnateur des pompes funèbres, 1 ébéniste, 1 entrepreneur des pompes funèbres.
(3) I.e Grand-Rabbin Deutz adressa à toutes les Sociétés, en
des personnalités marquantes. En 1821, elle a le Grand-Rabbin Emmanuel Deutz, Mayer L. Dalmbert, Mayer Marx, David Drach, qui en fut le secrétaire ; WiLtersheim, A. L. Sauphar, l’instituteur, Salomon Halphen qui fut membre du Consistoire ; en 1825, Lowy, le ministre-officiant, S. Alkan, le président de la Société de secours^ Isaac Berr, Nissim Sciama, membre du Consistoire ; en 1837, Jeramec, vicè-président du Comité, plus tard secrétaire du Consistoire ; en 1840, le Grand-Rabbin Marchand Ennery, Edmond, Gustave, Anselme et Germain Halphen ; en 1841, le D"" Haas,Promenthal Halévy, et Alphonse Oulman; puis successivement Léopold Javal, président du Consistoire, Achille-Edmond' Halphen, Émile Oulman, Grand-Rabbin Isidor, Grand-Rabbin Ulmann, Joseph Halphen, Constant Halphen, Narcisse Leven, Grand-Rabbin Zadoc Kahn, etc., etc...
La Bienfaisance a eu pour directeurs ou présidents depuis 1820 : Yesele Reishoffen et Salomon Dreyfus ; en 1821, N. Laurier et L. Lion ; en 1824, Mayer Samuel et Rabbi Sussel Reishoffen; en 1826, Mardochée Jaffa et Joseph Reishoffer ; en 1829, Lion Gahen et Moïse Bolwiller; en 1833,
1828, une circulaire curieuse en hébreu, que nous avons trouvée reproduite, selon les ordres du Grand-Rabbin, dans les registres de délibération de la Bienfaisance. Il était d’usage, paraît^il, de transporter des sepharinï d’une maison dans l’autre pour la récitation des prières de deuil; on portait ces livres sacrés « à travers les rues, en les maniant comme des pièces de marchandises * ; ou bien on les plaçait dans une chambre à coucher, ce qui était un sacrilège.
Cette circulaire avait pour objet de mettre un terme à ces profanations.
SOCIÉTÉS d’hommes'
Moïse Bolwiller et Michel Bloch;. 1834, Jaffa et S. Dreyfus ; 1838, Jaffa et Sauphar ; 1843, Sauphar et Léon Lévy ; 4844, Sauphar et Jeramec ; 1845, Jaffa et Seklin Mayer; 1847, Seklin Mayer et Salomon Dalsace ; 1870, Salomon Dalsace et Wolff Sachet Gahen. r
L'union de ces deux Sociétés, sous la présidence dévouée de M. Ziégel, en a fait une des associations les plus importantes de Paris. S’inspirant des principes religieux qui régissaient chacune d’elles à leur origine, elles ont conservé à travers les années les traditions de piété et de bienfaisance qui, au siècle dernier, ont fait la forc'b des Israélites alors qu’ils étaient livrés à toutes les éventualités de l’isolement (1).
Le Mont Sinaï (2)
Formée à son origine, en 1812, de vingt Israélites résidant à Paris, et unis par un engagement de douze années, sans autres statuts que des conventions verbales, cette Société eut d’abord pour objet de visiter ses participants malades, de rendre les derniers devoirs aux agonisants et aux morts, et de
(1) I.a Société fut enregistrée sous e no 162 jusqu’en 1864, où elle porta le n° 19.
(2) Elle ne figure pas sur la liste des Sociétés autorisées par la Préfecture de Police en 1838. En 1839, elle était enregistrée
se réunir régulièrement pour les prières en commun chez les membres en deuil, et tous les samedis chez l’un des fondateurs.
La faveur que cette Association rencontra dans la communauté l’engagea bientôt à fixer son organisation d’une manière plus précise. Elle comptait en effet cinquante-quatre membres en 1825. La Société prit alors le titre de Hebra Bikour-Holim ou Société de secours aux malades, et son Conseil élabora un projet de statuts que tous les membres (1) approuvèrent. « Le maintien, la prospérité et le perfectionnement de la Société, y était-il dit, ont pour base la confraternité et la solidarité. » Cette confraternité s’étendit même à T « étranger », que l’association s’engagea de secourir en cas
sous le n‘ 29; en 1841 elle avait le n» 221; en 1856, le n» 24 et c’est celui qu’elle a continué <à porter.
Son nom, sur la liste de 1839, est suivi de la mention : dissoute. M. Cahen, président actuel, prétend qu’à aucune époque la Société n’a cessé de fonctionner. On pourrait rapprocher ce fait d’un incident survenu alors à la Société le Patriarche Abraham (voir page 58).
(1) La Société était alors composée de MM. Eliezer Ephram; Cayem Isaac Hesse; Moïse Abraham; Cayem Abraham ; Salomon Lion Lévy; Moïse Kaufmann Lévy; Léon Moïse Lévy; Abraham Samuel Lévy ; Isaïe Lion ; Isaac Lion Moïse ; Hirsch Carlsruhe; David Sânnul (?); Joseph Lazard; Moïse Mayer Lyon; Jacob Salomon ; Mardochée Abraham; Lazard Abraham ; Cerf Mayer Lévy ; Isaac Kosel ; Meyer Aron; Lehmann; Lippmann Lion; Lion Lévy; Gabriel Lévy ; Joseph Schneider; Gerson Isaac; Lion Joseph; Bernard Chailly; Herzog Cayem; Michel Reiss; Lippmann Joseph; Jacob Mardochée Cahen; Bloch; Mayer Dollingen; David Samuel Olmer Moïse Joseph; Mayer Lévy; Isaac Samuel Olmer; Eliézer Isaïe; Moïse Cerf; Salomon Wolfî; Lippmann; Lazard Nathan ; Abraham Altroff ; Léon Dippendaal ; Joseph Moïse Mardochée ; Elie Elie; J. Cerf Jacob Moïse Blum; Sara; Lazard Isaac Lion.
SOCIÉTÉS d’hommes
de maladie grave. Elle déclara enfin qu’elle avait pour but de <s réveiller l’ardeur des études de la Torah en Israël » (1823), de visiter les malades, de leur accorder des secours pécuniaires et de réciter la prière du Kaddisch pour les sociétaires décédés. A tour de rôle, les membres gardaient les malades et veillaient les morts.
La cotisation, qui était alors de « douze sous », devint bientôt insuffisante. Les tendances de la Société, connues de tous temps pour libérales et généreuses, l’incitaient à multiplier les moyens d assistance mutuelle. La caisse commune seule pouvait faciliter ces bonnes intentions. Il fallait donc en augmenter les ressources.
Portée par la suite a deux francs, la. cotisation mensuelle (1) permit, en effet, d’organiser, en 1856, une Caisse de dotation les filles des mem¬
bres titulaires, une Caisse de prêts, en 1860, une Caisse de retraite (3).
Tout en élargissant ainsi le cercle de sa première mission, le SincCi ne perdait point de vue l’objet primitif de son association: les secours mutuels proprement dits. Les médicaments, l’assistance pécuniaire, les indemnités de deuil, furent
^ 1 origine, le droit d'admission était fixé uniformément
à ao francs. Il est actuellement de 10, 20, 30 ou 40 francs suivant l’âge, de 18 à 25 ans; de 26 à 35; de 36 à 40 et de 41 à
fusan'4 sociétaires
jusqu a 1 dge de 30 ans.
(2) La première dotation fut accordée en 1857.
r3) Tout sociétaire, membre titulaire depuis plus de vincrt-
S ^ ans, participer aux béné¬
fices de la Caisse des Retraites. Cette Caisse n’a commencé à
îuie pen^fon*^^'^^ sociétaires reçoivent
dispensés dans la mesure où le lui permettaient ses ressources. C’est ainsi que dans l’espace de trente ans (1856-1886), les indemnités aux malades se sont élevées à plus de 18.000 francs, les médicaments à 8.000, les honoraires des médecins à .7.500, les indemnités et services de deuil à' 27.000 francs^ etc., etc.
L’institution des membres honoraires eri 1850 eut pour effet d’augmenter encore la somme de bien réalisable (1). Au nombre de six en 1857, ils sont aujourd’hui quatre-vingts, grâce auxquels la mutualité, la bienfaisance, les caisses spéciales ont pu être plus largement rétribuées sans entraver la prospérité de la Société : l’actif, de 6.000 francs en 1857, s*est, en effet, progressivement élevé pour atteindre au 31 décembre 1885 une somme supérieure à 27.000 francs.
Ainsi s’est réalisé le vœu que M. Lion Lévy forma en 1833 quand, proposant à la Société (2) de prendre le titre distinctif de Société de secours mutuels du Mont Smaï, il expliquait ainsi cette dénomination : « C’est sur le Mont Sinaï qu’a été pro- « mulgué l’immortel Décalogue; que ce nom soit le « drapeau de notre Société qui marchera toujours
(1) Le Mont Sinaï né se borne pas à secourir ses membres, n a contribué et contribue encore non seulement au culte Israélite, mais aussi à des œuvres étrangères à la Société, telles que les Inondés de S^egedin 0879), le Monument de l’ahhé Grégoire (1882), etc., etc.
(2) La Société eut pendant de longues années un Oratoire. Situé vers 1855, rue des Boulets n® 1, il fut transféré en 1861, rue des Singes, n" 9, où il resta jusqu’en 1880, époque h laquelle il fut dissous.
SOCIÉTÉS d’hommes
a au premier rang des fidèles observateurs de la « loi divine et pratiquera le plus largement possible « le précepte sacré de l’amour du prochain » . (1) Le premier directeur que reconnaît le Mont Sinai fut Jacob Isaac, en 1812; puis viennent successivement Jacob Berr, en 1815 ; Eliézer Boray, en 1818 ; Joseph Schneider, en 1821 ; Joseph Lazard en 1824; et Eliézer Ephraïm, en 1826. Lion Lévy, qui lui succéda, consacra, on peut le dire, son existence tout entière à la Société à la tete de laquelle
(1) La Société comptait trente-deux membres en 1837 ; trentequatre en 1839; quarante et un en 1843; cinquante-sept en 1846; et en 1851 cinquante-trois dont les états se répartissaient ainsi : deux rentiers; cinq employés; un agent d’affaires; sept marchands d’habits, de meubles, de parapluies; deux instituteurs ; un ferblantier ; un quincaillier ; un sacrificateur ; dix-huit colporteurs et brocanteurs; onze fabricants; un garçon boucher; un libraire; un traiteur; un facteur.
En 1856 elle
avait 3 membres
honoraires
et 58 titulaires.
et au 1" janvier 1886 elle avait quatre-vingts membres honoraires et cent soixante-cUx titulaires parmi lesquels on comptait : trente-trois rentiers; quinze voyageurs; soixantedouze négociants; cinq bouchers; trois professeurs; trentedeux employés; deux marchands de bestiaux en gros; un confectionneur; quatre bijoutiers; quatre libraires-éditeurs; trois gantiers; un ingénieur; un marchand de meubles; un propriétaire ; trois marchands; trois chaudronniers et quincailliers; un élève au Conservatoire; un ministre-offic. du culte Israélite; deux merciers; un fabricant de bâches; un chef de bureau à la Préfecture de Police; cinq fabricants de maroquinerie, jeux, produits chimiques, etc., etc. ; deux Grands- Rabbins ; un avocat; deux banquiers; un conseiller municipal; un capitaine en retraite; un industriel; un lithographe; un percepteur des centribuiions, etc.
il fut placé pendant cinquante ans (1828-1878). Ce dévouement d’un demi-siècle lui valut une médaille d’or. Puis vint M. Benoit Lévy à qui seule la mort put faire quitter ce poste de charité (1879-1883). Il a été remplacé en 1884 par M. Moïse Gahen.
Maison Moïse et Aron
Cette Société en formait deux primitivement ; l’une connue sous le nom de Société de secours mutuels et de bienfaisance dite de Moïse^ fondée en 1814; l’autre sous le nom de Réunion de la Maison d’Aron, constituée en 1820. Elles ont fusionné en 1856-1857 et sont enregistrées à la Préfecture sous le a° 61.
Nous avons peu de renseignements sur la Société « de Moïse ». Elle paraît avoir eu principalement pour but de se réunir en assemblées de prières. Enregistrée d’abord sous le n° 88, elle fut autorisée le 19 novembre 1833 par le Préfet et le 28 février 1840 par le Ministre : elle comptait alors trente-trois membres; elle en eut trente-sept en 1838 ; quarante-trois en 1843 ; quarante-sept en 1846 (1) et trente-trois en 1851. Les seuls présidents dont les noms soient restés sont : MM. Kout-
(1) Leurs états se répartissaientainsi : 6 rentiers; 19 marchands et colporteurs; 1 banquier; 5 bijoutiers-horlogers; 2 fabricants de pianos; 3 négociants; 3 confectionneurs; 1 marchand chevaux; 1 marchand tailleur; 1 journaliste; 1 lithographe 1 fabricant de fleurs 2 commis; 1 cordonnier.
SOCIÉTÉS d’hommes
choux, Léopold Dreyfus, et en 1854, M. Joseph Israël.
La Réimioii de la Maison d'Aron fut autorisée par le Préfet le 2 août 1834 et enregistrée sous le n° 269. L’article 1®’' de ses statuts, adoptés le 26 avril de la même année, portait que « la Société, fondée en 1814, se compose de commerçants, artistes , militaires en retraite , employés et ouvriers, tous du culte Israélite » (1). Ce fut en l’honneur de son « respectable doyen et fondateur » que cette Association prit ce titre distinctiL Le but de la Société était de continuer, comme ils l’avaient fait jusqu’alors, « de se porter mutuellement secours en cas de maladie ou autres malheurs ». Les gardes-malades et les veilleurs étaient pris parmi les sociétaires. « Visiter les malades et consoler les affligés, disaient les statuts, sont des actes si méritoires que chacun des sociétaires voudra s’acquitter de ces devoirs pieux »; à cet effets tous les membres étaient régulièrement avertis des circonstances où un frère venait à être atteint d’un malheur « susceptible d’être adouci par les consolations de l’amitié ou les secours de la religion ».
Elle pratiquait la bienfaisance avec une égale humanité : ainsi elle avait institué chaque année, le jour de la fête du roi, une distribution de secours à dix familles pauvres, dont cinq chré-
(•]) En 1851, les membres de cette Société exerçaient les états suivants. Il y avait : 18 marchands; 4 bijoutiers; 1 ébéniste; 4 employés; 3 tailleurs et conlectionneurs ; 1 compositeur; 3 labricants de casquettes; 1 concierge; 1 brigadier aux octrois;
1 peintre en bâtiment; 1 fabricant de vernis; 1 parfumeur.
tiennes. C’est elle aussi qui prit l’initiative d’un projet de syndicat des Sociétés qui, « dans un cas « extraordinaire ou dans un cas' de calamité qui « exige un grand déploiement de charité uniraient leurs efforts pour obtenir des résultats plus prompts et plus efficaces.
Enfin, la Maison d'Aron avait des Assemblées de prières et elle exigeait de ses membres une exactitude aussi grande dans les exercices religieux que dans l’accomplissement de leurs devoirs mutuels : « la Religion et la Bienfaisance, disaitelle encore, sont deux êtres inséparables. Si secourir une créature qui souffre est un devoir, élever notre pensée vers le Créateur est un besoin » (1).
Lorsque ces deux Sociétés se réunirent, elles prirent le nom de Maison Moïse et Aron. Elles s’inspirèrent, dans leur nouvelle organisation, des principes qui les régissaient toutes deux depuis leur origine; mais là, comme dans bien d’autres Sociétés Israélites où les membres étaient assujettis aux devoirs de veilleurs , de gardesmalades, etc., etc., les exigences croissantes de la vie firent négliger les missions religieuses, et dès 1858, on exempta de toutes « corvées », et bientôt de toutes amendes, les membres qui consentaient à payer une cotisation annuelle de
(1^ Le rabbin attaché à la Société devait, outre les consolations qu il prodiguait aux malades et aux affligés, réciter les offices du jour, lire un chapitre du Pentateuque et faire un discours tous les samedis et les jours de fêtes. Mais cette partie de sa mission ne constituait pas un privilège, car « tout sociétaire, en état de réciter les prières et de faire un discours », pouvait le faire avec l’autorisation du directeur.
54 SOCIÉTÉS d’hommes
25 francs — et plus tard de 30 fr.^ — au lieu de 18 francs.
L’objet de la Société est — sauf en ce qui concerne les réunions de prières qui n’existent plus — resté le même ; elle vient en aide à ses sociétaires malades ou en deuil, et prête son assistance aux veuves et aux orphelins.
La moyenne des dépenses est de trois cents francs par an; les recettes s’élèvent de 5 à 600 francs. La Société a un actif de 2,000 francs. Elle compte actuellement cinquante-cinq membres : quatre honoraires et cinquante et un titulaires.
Elle à été présidée par MM. Lazare (1834); Isaac Mayer (1841) ; Goutchoux (1845) ; Caron (Aaron?) Javal (1851); Isaac Mayer (1862); Théo Cremnitz (1874); Siesbye (1876); Isidore Gremnitz qui, nommé en 1882, mourut en 1886 (1), unanimement regretté; et Zipressenbaum (1886).
Les Amis de rHumanitè et de PUnion
Le répertoire des Sociétés de secours mutuels à la Préfecture de la Seine porte la fondation de cette Société à l’année 1823. Nous n’avons aucun document confirmant cette date : cette Association,
(1) La Maison d’Aron comptait, en 1834, trente-cinq membres; en 1843, trente-neiiî; trente en 1846; trente-neuf en 1851 Les deux Sociétés comptaient 68 membres après leur fusion.
en ayant forme deux à Torigine, n’a pas toujours eu ce titre distinctif. L’une s’appelait les Amis de VUnion et l’autre les Amis de 1 Humanité.
Les Amis de VUnion furent autorisés le 19 novembre 1833. Enregistrée sous le n° 80, la Société se réunissait en 1838, rue Saint-Avoye, n* 28, et était présidée par M. Alkan, demeurant rue Saint» Merry, n° 30, qui fut Président de la Société de secours et d’encouragement. C’est à la suite d’une scission avec une Société (dont le nom ne nous est pas connu) que cette Association se constitua. Elle comptait alors neuf membres. Les statuts qu’ils rédigèrent sont assez confus et entremêlés de dispositions relatives tant aux secours mutuels qu’aux réunions de prières. « Le monde, y était-il « dit, existe sur trois bases : la loi, le culte et la « bienfaisance » (1) et le règlement partait de là pour fixer les principes de l’Association : l’assistance spirituelle, le concours pécuniaire, l’exercice de la charité et de la religion. Elle eut pour directeurs, en 1843^, MM. Galantus et L. Lévy, et, en 1847, M. L. Lévy, marchand boucher. Elle possédait, àcette date, un actif de treize cents francs et comptait trente membres.
La Société les Amis de V Humanité., autorisée le 30 août 1834, sous le n° 271, avait pour président,
Leurs états se répartissaient ainsi : 1 fabricant d’orgues; 4 négociants; 10 employés; 2 marchands de rubans et soieries; 15 marchands brocanteurs ou colporteurs; 3 tailleurs; 6 bijoutiers; 9 rentiers ; 1 marchand de tableaux ; 2 marchands de dentelles; 1 brodeur; 1 marchand de lits militaires; 1 cordonnier; 6 fabricants; 1 imprimeur; 1 musicien; 1 passementier; 1 peintre; 1 compositeur; 1 ferblantier.
(1) C’est une réminiscence d’une parole de Siméon le Juste.
SOCIÉTÉS d’hommes
en 1838, M. Dorville, rue Saint-Avoye, n"33. Les réunions se tenaient rue des Ménétriers, n» 20. Elle avait trente-trois membres. M. Alexandre Gré hange, qui fut attaché pendant de longues années au Comité de bienfaisance, en élait le secrétaire. C’est lui qui fut l’âme du syndicat institué en 1839 par les Sociétés pour revendiquer auprès du Consistoire et du gouvernement leurs droits à Texistence. Elle eut pour directeur, en 1839, M. A. Nathan. En 1843, alors quelle était présidée par M. Garçon Dennery, elle était composée de qüarante-trois membres ; elle en eut quarante-neuf en 1846 (1), sous la direction de M. Isaï Mantoux.
La fusion de ces deux Sociétés s’effectua le 10 février 1849. Elles prirent le titre de Société des Amis de r Humanité et de VUnion. Le préambule dont le premier règlement était accompagné (1849) estimait avec raison que << donner à un sociétaire malade de quoi subvenir à ses besoins, c’est, dans une Société de secours mutuels, accorder un droit et rien de plus. Ce droit, le sociétaire peut à la rigueur s’en passer; mais consoler les affligés, visiter les malades, les veiller, assister un frère à son heure suprême, l’accompagner à sa dernière demeure, venir prier à son domicile, ce sont là des œuvres de charité dont le riche et le pauvre ont également besoin... »
(1) Leurs états se répartissaient ainsi : 6 fabricants de casquettes; 2 tailleurs de diamants; 4 négociants, 1 bottier; 13 marchands; 1 instituteur; 4 rentiers; 2 confectionneurs; 1 boucher; 1 marchand de tableaux; 1 logeur; 3 employés; 1 musicien ; 1 compositeur; 1 marchand de chevaux; 2 bijoutiers; 2 gantiers; 1 ferblantier; 1 fabricant de brosserie; 1 fabricant de bretelles.
Tel était le but de l’Association (i) que les sta-
Les J confirmé.
Les réunions de prières disparurent en 1878 (2)
La Société compte actuellement soixante-sLe membres titulaires et six honoraires (3j. Elle a un
ZZ A7T Le sociétaire malade
eçoit .. fr. oO c. par jour et le sociétaire en deuil
qui c observe la semaine de réclusion », suivant
les usages religieux, reçoit une indemnité quotidienne de 2 fr. 50. me quoi!
denllis succédé dans la Société
depu s 1849. Ce sont MM. Polack Maurice (1849);
fack SwiS^M (1866) ; Maurice Bol-
A kÏ.' iS) ""
s"ï£Sï£t;“ '• ï
francs suivant ^ fixés d’abord à 20, 30 ou 50
sivement de 1 fr ’a mensuelles, portées succes-
cale mat? ifr. f mesure fis-
Le drnit U V .'^®.P^®cuution contre l’indifférence ».
francs e déduit à 10, 20 et 40
A T > ^ cotisation mensuelle élevée à 2 fr 50
Rlinpc la Société était situé en 1885 rue des
Temple 2^0^!^ en 1867 rue Vieille-du-
lempie, ou il resta jusqu’en 1878
lei étaÏÏ «“f ® soi-'^ante-treize membres, dont
?ettre?’8ta?lTe? ’ <=“=•: ^ ferblantier; 1 homme de
1 Wnt’ier 29 Zln confectionneurs; 2 négociants; 9 rentiers;
nouveautés, etc. ; 5“,ifoutiireToXgeî;'’f Su^^e'î^^^
Ieît°TTrp?o4Ti bouliTef^tier; 1 bottier; 1 initier; 1
(4) Ou Polack, peut-être.
SOCIÉTÉS d’hommes
Enfants de Salomon
Cette Société fait remonter la date de sa fondation à 1825; mais elle n’a plus de document qui rétablisse. Elle figurait sur la liste des Sociétés autorisées que le Préfet de police transmit au Consistoire en 1838 et portait, à cette époque, le titre de Réunion de Bienfaisance des Israélites de Paris (n*" 273). Dès 1839, elle y ajouta le nom de a Enfants de Salomon ». Elle avait été autorisée par le Préfet le 6 septembre 1834, et elle le fut par le ministre de l’Intérieur le 14 septembre 1839. Ses assemblées se tenaient alors rue Beaubourg, n° 10.
D'après le règlement adopté le 5 janvier 1839, la Société (1) ne pouvait être composée de plus de 70 membres (2). Les Sociétaires recevaient l’assistance en cas de maladie et pendant la convalescence. Il était accordé aux veuves une somme de cinquante francs prise sur la Caisse, plus un franc par membre. Les recettes se composaient : du droit
(1) Elle porte alors le titre de : « Société de la Réunion de bienfaisance de secours mutuels des Israélites de Paris, dite des Enfants de Salomon. »
(2) Elle comptait à cette époque 23 membres. Un fait curieux et que nous n’avons eu l’occasion de constater nulle autre part, c’est que deux de ces membres portaient des noms d’origine révolutionnaire ; l’un s’appelait Cerf Décadi, et l'autre Manuel Frimaire.
d’admission, fixé uniformément à vingt francs; de la cotisation fixée à « trente sous par mois», et d’un versement de deux francs par chaque sociétaire lors du décès d’un membre. Les amendes étaient sévèrement infligées : « l’état de maladie et le service de la garde nationale » seuls étaient considérés comme légitimes motifs d’excuses (1). L’association fut alors enregistrée sous le n“ 170.
Les statuts de la Société révisés en 1864 établirent une proportion pour les droits d’admission (2), élevèrent la cotisation (3) et décidèrent de faire régulièrement entre tous les membres une répartition des dépenses pour les gardes-malades et les frais funéraires. La Société comptait alors quarante-deux sociétaires (4).
Ses dépenses et ses recettes s’élèvent annuellement à environ trois mille francs (5j. Elles ont été, pour 1884, les recettes de 3,103 fr. 55 c. et les dépenses de 3,032 fr. 90 c. La Société avait, au 31 décembre 1884, un avoir disponible de plus de six mille francs.
MM. Serf (Décadi), 1838 ; Salomon Isaac, 1839 ;
(1) Cette clause fut reproduite dans le règlement de 1861.
(2) Cinq francs de 20 à 30 ans; dix de 30 à 40 ans et vingt de 40 à 50 ans.
(3) Deux francs par mois.
(4) Il y avait, en 1851, quarante-un membres. Leurs états se répartissaient ainsi : 2 courtiers ; 2 marchands de nouveautés ;
21 marchands colporteurs ; 2 pâtissiers ; 4 employés; 2 rentiers;
2 fabricants de casquettes; 1 professeur; 2 ouvriers, 1 tailleur;
1 marchand d'huiles; 1 gantier.
(5) Dans ces dépenses, il faut compter : aux pauvres, 75 fr. aux médecins, 114; pharmacien, 177; gardes et prières, 361; 2-50 jours de maladie, 500 fr.; frais de veuves, 100 fr. et deuil, 60 f .
SOCIÉTÉS d’hommes
Goudchaux (1852); Joseph Hirfz (1854) ; Lévy jeune (1856 ;) Salomon (1801) ; et Bernard Meyer, 1879 ; furent tour à tour présidents des « Enfants de Salomon >.
Cette Société a toujours une réunion de prières. L’oratoire est situé rue des Rosiers, 17 (1).
L’Accord Israélite
« Nous secourir en cas de maladie,^
« Et nous aider, lorsque nous Tieillirons,
« A supporter la fin de notre vie :
« Voilà le but auquel nous aspirons. »
Telle est l’épigraphe — sans nom d’auteur — placée en tête du règlement de cette association. En d’autres termes, le but de la Société est d’assurer des secours temporaires aux sociétaires malades ou blessés (art. l”), et d’accorder des pensions qui seront réglées lorsque la position financière de la Société le permettra (art. 2).
Ces dispositions sont extraites d’un règlement qui ne date que de 1854. La Société n’en a pas qui lui soit antérieur. Cependant, V Accord israélite fut fondé àu mois de mars de l’année 1829 et autorisé à se constituer le 24 juin. Il comptait à cette époque soixante-cinq membres; il n*en a
(1) L’oratoire de la Société était, en 1855, rue de Berey-St- Jcan, n° 4 . Il fut transféré en 1873 rue du Roi-de-Sicile, 64, qu’il quitta pour s’établir en 1879 dans le local actuel.
plus aujourd hui que trente-quatre : vingt-huit titulaires et six honoraires (1).
Une année de noviciat est imposée aux candidats qui, parmi les avantages offerts dans la Société, n’ont droit qu’aux secours alloués en cas de rnaladie (2). Tout sociétaire participant] est obligé d accepter l’assistance pécuniaire et les médicaments auxquels il a droit.
Outre ces clauses qui subsistèrent dans les statuts ultérieurs, le règlement, modifié en 1874, établit d une manière définitive, en faveur de ses sociétaires, une Caisse de prévoyance dont l’Association avait posé les premières bases vingt ans auparavant.
Toute demande de secours concernant cette Caisse est soumise à une Commission spéciale. Son but est de pourvoir à des besoins exceptionnels, de donner des secours autres que ceux prévus par le règlement, de soulager les sociétaires dans une situation particulièrement malheureuse ou dans une maladie exigeant le concours d’un spécialiste.
^ Dans sa sphère devenue restreinte, X Accord Israélite exerce donc quelque bien, et la fondation
Société avait trente membres; trente-six en 1839; trente-un en 1851; cinquante en 1862. Leurs états se clas-
' 1 7 employés; 2 marchands
de chevaux; 1 fabricant d’objets de sainteté; 1 rentier; 1 méca-
fabricant de meubles; 1 typographe; 1 peintre en bâ-
bi?n?v 1 l ^ ^^^"tieren diamants; 3 fabricants de
J ux, 1 fabricant d accordéons; 1 marchand de bestiaux; 2 fancants de lampes; 1 dessinateur; 1 grainier; 1 horloger- 1 professeur de musique. o > i: ^
(2) Au décès d’un sociétaire, un secours de 200 fr. est accordé à la veuve ou aux orphelins.
SOCIÉTÉS d’hommes
de cette Caisse de prévoyance y contribaera pour une grande part. La Société exerce aussi la bienfaisance. Elle possède actuellement un avoir de 13,700 francs (1). C’est là une situation relativement bonne^ due certainement à 1 administration de MM. Maurice (1829-1838); David Rheins (1838- 39); Mendel(2) (1839-1884), et Dreyfus (1885), qui ont été successivement placés à la tête de leur Association.
Enregistrée à son origine sous le n® 248, puis en 1854, sous le no 111, elle porte aujourd’hui le
Le Patriarche Abraham
L’assemblée de prières qui se tenait chez M. Lévi Aron Sauphar, instituteur (3), a formé le noyau de cette Association. On a vu (4) le dévelop pement que cette réunion avait prise et 1 importance que le Consistoire lui reconnaissait; ce fut aussi bien pour régulariser leur situation à l’égard de l’administration consistoriale que pour resser-
(1) La Société compte, pour ses revenus,- sur le droit d’admission (15 fr. de 21 ans à 30 ans; 25 fr. de 31 à 40^ ans; et 50 fr. de 41 à 50 ans); — sur la cotisation mensuelle fixée à 7 fr. et sur le produit des amendes.
(2) Quand M. Mendel mourut, les anciens livres et registres de la Société existaient encore. Son fils, qui en fut le dépositaire, n’a pas pu nous les représenter. C’est regrettable.
(3) Voir page 22.
(4) Ibid.
rer les liens qui les unissaient déjà que les membres de cette assemblée se constituèrent en Société. Elle fut organisée en 1832, suivant certains documents, en 1834 suivant d'autres. Il est à présumer que, constituée en 1832, la Société ne s’est régulièrement organisée et n’a requis l’autorisation nécessaire que deux ans après (1).
Le Patriarche Abraham portait à l’origine le titre de Société de secours mutuels et de bienfaisance des Israélites de Paris. C’est sous la dénomination abrégée d’ « Israélites de Paris » qu’elle figurait en 1838 sur la liste des Associati ons autorisées (2), Elle était alors enregistrée sous le n« 272. C’est à compter de 1839 qu’elle fut connue so us le nom de Patriarche Abraham, et prit le n'’ 117.
L’Association avait pour but à son origine « de
(1) Le répertoire des Sociétés de secours mutuels du département de la Seine et les statuts de la Société, en 1873, donnent la première date. D’autre part, son premier règlement est daté du 2 mars 1834, et suivi de l’autorisation de la préfecture portant le 2 septembre 1834. Enfin le règlement de 1840 indique au titre que la Société fut fondée en 1834.
(2) Il y a, à ce sujet, un quiproquo singulier. Le règlement qui fut soumis à l’approbation du Consistoire vers 1839, porte en caractères imprimés : Règlement organique et intérieur de la Société de secours mutuels et de bienfaisance des Israélites de Paris; et écrite de la main d’un membre du Consistoire chargé d’émattre son avis, la mention suivante plusieurs fois répétée : dite les Frères du Mont Sinaï. Bien plus, une lettre du Patriarche Abraham, en date du 27 février 1839, porte l’entête que nous venons de dire. — Cependant aucune confusion n’est possible et le règlement en question est bien celui de la Société « Le Patriarche Abraham ».
On peut supposer que le Consistoire, croyant le Mont Sinaï dissous (voir page 41, note 2), avait proposé ce titre à la Société qui devait prendre plus tard le nom de Patriarche Abraham.
SOCIÉTÉS d'hommes
« s’assurer des secours mutuels, de faire en corn- « mun des actes de bienfaisance et des exercices « de piété ». Les statuts de 1840 étendirent ces secours aux cas de maladie, d’infirmité ou de vieillesse, et, conformément aux circulaires ministérielles de 1838-1839, supprimèrent la mention des exercices de piété; mais les exercices furent maintenus. Ils subsistent encore aujourd’hui.
Gomme toutes les Associations à cette époque, ses revenus étaient composés du produit de la cotisation mensuelle (un franc) (1), des droits d’admission (2) et des amendes. Outre l’appui moral et religieux, elle accordait des secours pécuniaires aux malades, des gardes, les médicaments et les soins du médecin; des indemnités de deuil, des frais funéraires et un denier de cinquante francs à la veuve ou aux orphelins (3). Dès cette époque les présidents étaient autorisés à venir en aide « à des personnes étrangères à la Société, sans distinction de culte, pour cause de maladie ou autre Enfin la Société se réunissait régulièrement tous les samedis, aux jours de fêtes, et se rendait en corps au cimetière le premier jour des Indulgences (Selichot). Le soin de dire les prières, de prononcer les discours et les oraisons funèbres était confié à un lecteur ou Rabbi,
(1) Le chiffre de la cofisation mensuelle est aiiiourd’hui de 2 fr. 261
(2) Les droits d’admission fixés a l’origine à 20, 30 ou 40 fr., suivant l’âp, ont été portés à 20, 40 ou 60 francs. En 1840, ils étaient de 30, 40 ou 100 francs. Les candidats admis faisaient une année de noviciat.
(3) L indemnité de maladie de 12 fr. par semaine, autrefois, est actuellement de 3 fr. par jour pendant trois mois.
Le Patriarche Abraham était alors (1834) présidé par M. Lévi Aron Sauphar, et il avait pour viceprésident M. Jacob Tedesco. Les membres étaient au nombre de soixante-dix-sept (1). En 1839, la Société avait deux présidents : M. Tedesco et M. S. Neymann; ce dernier fut remplacé, un an après, par M. Mayer Hadamard. Le nombre des sociétaires n’était plus que de cinquante-huit, et ce chiffre fut réduit encore l’année suivante où l’on» n’en trouve que trente-huit. Elle en comptait cinquante-quatre en 1843; quarante-huit en 1846; quarante en 1851 et trente-trois en 1866 (2). Lors qu’en 1870 M. Tedesco mourut (c’était pendant le Siège), [q Patriarche Abraham n’était plus composé que de vingt-quatre sociétaires. Malgré son esprit bienfaisant et ses sentiments de confraternité, en dépit de ses efforts pour conserver à la Société sa prospérité première, M. Tedesco n’avait pu empêcher l’amoindrissement de l’Association qu’il présidait depuis plus de trente ans. Le Patriarche Abraham, ne pouvant plus pourvoir à l’entretien de son Oratoire, ni faire face aux engagements pris envers ses membres, décida de
(1) Il n’y en avait en réalité que 69, huit numéros étaient restés en blanc sur la liste publiée à la suite du lèglement. — Parmi eux, il y avait : 1 instituteur; 1 marchand de tableaux;
5 fabricants; 3 rentiers; 6 employés; 1 ministre du culte ; 1 bijoutier; 2 négociants; 1 imprimeur; 15 marchands; î entrepositaire; les états des autres sociétaires ne sont pas mentionnés.
(2) Leurs états se répartissaient ainsi : 2 tailleurs; 2 fabricants d’optique; 1 fabricant de lingerie; 8 marchands divers;
3 employés; 5 négociants; 1 relieur; 4 rentiers; 1 soldeur ;
1 blanchisseur de dentelles; 2 éditeurs; 2 joailliers; 1 marchand de tableaux.
SOCIÉTÉS d’hommes
fusionner avec une autre Société. Les bases de la fusion furent arrêtées et signées le 26 décembre 1870. Cependant aucune suite n’y fut donnée et la Société garda son autonomie.
M. Henri Picart, entré dans la Société en 1835, nommé vice-président à la place de M. Mayer Hadamard, démissionnaire, fut élu président en remplacement de M. Jacob Tedesco. Grâce à lui, grâce à l’esprit d’ordre, d’administration et de propagande qui le distingue, et au dévouement qui l’anime, la Société, réorganisée le 20 novembre 1872, retrouva bientôt sa première prospérité. Elle élabora de nouveaux statuts , confirma à ses membres le droit qu’ils avaient à l’assistance religieuse et aux secours pécuniaires; décida de participer aux œuvres philanthropiques et de bienfaisance, et d’entretenir, comme par le passé, un Oratoire consacré au culte divin.
L’impulsion donnée à la Société fut si heureuse que son actif, qui n’était en 1871 que de 2,529 fr., fut du double un an après et, s’élevant progressivement, dépassa vingt-cinq mille francs en 1885. Le nombre des membres augmenta également dans de notables proportions : au jour de sa réorganisation la Société comptait cinquante-cinq adhérents; ils sont cent trente-quatre aujourd’hui : soit vingt-quatre titulaires et cent dix honoraires.
Cette proportion entre les membres honoraires et les membres actifs est, il est vrai, contraire au principe des Sociétés de secours mutuels. Elle doit être attribuée à ce que le Patriarche Abraham, déviant peu à peu de sa voie primitive, a depuis quinze
ans dirigé ses efforts plutôt vers son oratoire (1) que vers l’assistance mutuelle, sans négliger pour cela cette dernière partie de sa mission. Mais la majorité de ceux qui se font admettre dans cette Association, ayant particulièrement pour but d’avoir une place à l’oratoire, se présentent à titre de membres honoraires, et renoncent ainsi aux avantages pécuniaires dont jouissent les membres actifs.
Ne prenant point part aux bénéfices, mais contribuant aux charges, ils apportent le plus grand appoint des ressources, et c’est grâce à leur coopération que, depuis 1873, les recettes de la Société se sont élevées annuellement de neuf à quinze mille francs.
Nous aurons tout dit sur cette Société si nous ajoutons qu’elle s’intéresse, par des souscriptions, aux institutions de bienfaisance de la Communauté israélite et aux œuvres étrangères (2). « Charité, mutualité et religion », telle peut être la devise du Patriarche Abraham qui , sous l’habile direction de M. Henri Picart, s’acquitte de cette mission avec un véritable sentiment du bien.
(1) L’oratoire est situé rue de la Boule-Rouge, n” 1, depuis 1872. Il avait été, pendant de très longues années, rue Saint-Martin, n® 163. (Il y était déjà en 1855.)
(2) Elle a souscrit en faveur des inondés du Midi (1875), pour la Turquie (1877), au monument Crémieux (1880), pour la Russie méridionale (l88l), pour la statue de l’abbé Grégoire, etc.
SOCIÉTÉS d’hommes
Les Enfants de la Loi des XII Tables
Les règlements de cette Société portent qu’elle a été fondée en 1839 et autorisée par le Préfet de police le 11 juillet de la même année sous le iP 244 (1). Cependant elle existait le l®’' octobre 1832, ainsi que l’attestent les comptes de cette époque, et il n’est pas impossible que son origine soit plus ancienne encore (2). Elle figure sur la liste transmise par le Préfet en 1838 sous le nom àHJnion Israélite et porte comme date d’autorisation le 29 avril 1834.
Elle eut alors pour double objet d’assurer les secours mutuels à ses membres et de se réunir en Assemblée de prières (3). Lorsque le ministère intervint dans la constitution des Sociétés dont le but était à la fois philanthropique et religieux, cette Société, renonçant à ses assemblées, avait résolu de ne se réunir dorénavant qu’aux grandes fêtes du mois de Tischri et avec l’autorisation consistoriale. Cependant le 3 novembre 1839, un membre déclara en Assemblée générale que toutes les Sociétés continuaient leurs réunions de prières et qu’il serait « immoral et irreligieux » de ne
(1) Elle est enregistrée aujourd'hui sous le n” 167.
(2) Dans une assemblée générale du 6 août 1839, un procèsverbal dit : « Après avoir exposé à la Société la manière dont elle a été gérée depuis 1831,. . . « etc.
(3) Son oratoire était situé, en 1855, rue Bourtibourg, n° 23.
point les imiter. Elles furent reprises, et ce ne fut qu’en 1877 que les ressources de la Société l’obligèrent h supprimer son oratoire.
Ses dépenses pour la mutualité et la bienfaisance furent primitivement de 600 francs environ par an. Elles n’ont pas varié depuis. Les recettes étaient de 900 à 1,000 francs. La situation financière de cette Société a toujours été peu importante (1) : ainsi son actif, qui était de 3,000 francs en 1840, s’abaissa subitement à 1,700 francs en 1848; il était de 2,000 en 1855, et de 3,500 en 1862. Il est aujourd’hui de 4,000 francs.
Le nombre de ses membres, dont elle avait fixé le maximum à soixante-dix, n’a jamais atteint ce chiffre (2). Sa période la plus brillante date de 1836, où elle en comptait cinquante-sept. Elle a aujourd’hui quarante-neuf membres titulaires et un honoraire.
En raison de sa situation précaire, elle résolut, en 1869, de fusionner avec une autre Société. Une 'première tentative avec la Société V Israélite fran^
(1) En 1833, la Société avait «lun titre de fonds placés » ou avoir de 1,600 francs. Cette somme, relativement assez importante, permet de supposer que la Société avait plus de deux ans d’existence.
(2) Voici quelques données à ce sujet : 48 membres en 1834, 33 en 1835; 48 en 1844; 40 en 1849; 35 en 1854; 40 en 1866. A cette époque, ses membres exerçaient les états suivants . 2 négociants; 1 surveillant de cimetière; 1 boulanger;! confiseur, 8 marchands ; 2 employés; 3 commissionnaires ; 2 concierges ; 1 courtier; 1 tapissier; 1 marchand de draperie ; 1 fabricant de porte-monnaie; 1 mécanicien; 1 marchand d’éponges; 2 cor donniers; 1 rentier; 1 fabricant de lits de fer; 1 marchand de bestiaux; 1 boucher; 1 conducteur; 1 tailleur; 1 marchand de bleu ; 1 marchand d'antiquités; 1 ordonnateur des pompes funèbres; 1 propr\étaire; 1 marchand de rubans;! parfumeur
SOCIÉTÉS d’hommes
çdise n aboutit pas. Un autre projet de fusion avec la Vérité Israélite fut voté le 3 octobre 1869, Gepen* dant il n’y fut pas donné suite.
Un résumé, cette association a actuellement pour but :
V De donner à ses membres, par la mutualité, des secours médicaux et pécuniaires en cas de maladie (1);
2» De leur offrir l’assistance religieuse;
3® De distribuer tant au dehors que dans la N Société des secours en nature ou en espèces sans distinction de culte (2).
De plus, elle a décidé, depuis l’an 1863, d’exempter de toutes corvées tout sociétaire âgé de soixante-dix ans, et, en 1884, de payer pour tout sociétaire décédé une case à perpétuité dans les caveaux de la Société le Repos éternel^ mais en prélevant sur chaque membre un droit supplémentaire de 2 francs.
Les Enfants de la Loi des Douze Tables ont été présidés pendant de longues années par M. Isaac Lion (1832-1859), auquel ont succédé MM. Félix
(1) Elle n’accorde de gardes-malades qu’en cas de maladie dangereuse,
{2) Elle pourvoit à ses dépenses par une cotisation individuelle de 7 fr. 25 par trimestre, et par un droit d’admission fixé à 10, 15, 20 et 25 francs, suivant l’âge (de 21 à 55 ans). Une année de noviciat est imposée aux nouveaux admis.
Sans compter les établissements hospitaliers de la communauté parisienne auxquels elle contribue, elle a tenu à s’associer à quelques oeuvres étrangères parmi lesquelles nous citerons . les inondés de Lyon (1840), les ouvriers de la Seine-Inleneure (1863), les indigents du IV® arrondissement, les Alsaciens-Lorrains (1873), etc., etc.
Aron (1859-1869); Jacob Cahen (1870); Ferdinand Aron (1870-1875), et Martin Mannheim, Président actuel (1).
Les Lois Rabbiniques
La date de ia fondation de cette Société remonte, selon elle, au 18 octobre 1836, et la date de l’autorisation au mois de décembre de la même année. Cependant elle n’était pas portée sur la liste des Sociétés autorisées en 1838 et elle ne figura que sur l’état communiqué au Consistoire en 1839. Elle y était enregistrée sous le n^ 2. Elle obtint l’autorisation ministérielle le 28 mars 1840.
Le premier règlement que nous ayons de cette Société date de 1864. Sans indiquer d’une manière précise le but qu’elle poursuivait, elle prévoyait dans ses statuts l’allocation de secours pécuniaires et de médicaments en cas de maladie, — une indemnité de deuil au décès. Elle assurait également les soins du médecin, les gardes-malades, les veilleurs, fassistance religieuse, etc. Ses recettes se composaient du produit du droit d’admission (10,20 ou 40 francs); de la cotisation mensuelle (2 francs); des amendes et d’une contribution supplémentaire de 1 fr. 50 pour constituer, au décès
(1) Outre le président, la Société a un vice-président, M. Feist, un trésorier, M. Oulry jeune, de Neuilly, et un secrétaire; M. Michel Lévy.
SOCIÉTÉS D’hOMMÉS
d’un sociétaire, a sa veuve ou à ses orphelins, un denier de 30 francs.
Ces statuts furent révisés en 1870 et en 1876. G est à cette époque qu’elle décida d’admettre des membres honoraires. Elle n’exigea d’eux aucun droit d’admission, et leurs obligations consistèrent à payer une souscription annuelle fixée à 12 francs « au minimum »; les droits d’admission pour les membres actifs furent en même temps augmentés (1) ; enfin la Société introduisit une innovation excellente qui consistait à prélever sur les fonds de sa caisse la somme nécessaire pour assurer au sociétaire décédé « un enterrement convenable et représentant la septième classe. » Elle décida en même temps de venir en aide à ses anciens membres en dispensant de toute cotisation et de toutes « corvées » le sociétaire âgé de soixante-dix ans qui aurait fait partie de la Société pendant vingt ans. Il s’entend que cette faveur ne fempêche en rien de participer à tous les avantages offerts par la Société (2).
Elle possède aujourd’hui un actif d’environ 11,000 francs. Cette situation heureuse est due au nombre de ses membres, qui a été sans cesse en croissant. Au nombre de vingt-trois à la fondation, ils étaient trente-deux en 1839; quarante-trois en 1843; cinquante-cinq en 1846; soixante et un en 1851; quatre-vingts en 1864; quatre- vingt-neuf
(1) Ils furent portés à 20, 30, 45 et 60 francs, suivant l’ége, de SI à 50 ans, sauf pour les fils de sociétaires qui, de 18 à 21 ans, sont admis sans payer de droit, et qui, de 21 à 30 ans peuvent être admis moyennant un droit de 10 francs.
(2) La Société avait un oratoire place Thorigny, 4. Il y existait en 1855 et fut dissous en 1874.
en 186^ (1); cent six en 1870. Il y a aujourd’hui cent sociétaires actifs et douze honoraires.
Les présidents qui ont été appelés à diriger cette Société s’y sont employés avec dévouement et c’est à ce titre que nous les mentionnons ici. Ce sont : MM. Manuel Feiner (1836); Moïse Heymann (1839); Marx Lévy (1843); Samson (1847); H. Heymann (1853); Félix Hauser- (1861); Jacob Cerf Lévy (1862); Alexandre Brisac (1863); Manassé Oppenheimer (1868); Léon Israël (1869), et Lévy Salles, depuis 1874 (2).
Les Enfants de Siôn
A la suite d’une discussion qui se produisit dans la Société les Amis de Vhumanité^ neuf membres se retirèrent et fondèrent, le 25 décembre 1833, une nouvelle association : telle est l’origine de la Société Israélite de Secours mutuels dite des Enfants de Sion.
Suivant la procédure usitée à cet époque, elle
(t) Voici les états que professaient ces 89 membres : 1 ciseleur; 1 matelassier; 2 rentiers; 9 fabricants; 2 horlogers; 1 opticien; 50 marchands; 2 tailleurs; 8 employés; 1 peintre; 1 boucher; 1 maître d’hôtel; 1 gantier; 1 relieur; 1 mécanicien; 1 ferblantier; 1 graveur; 1 mercier; 1 laitier: i pédicure; l négociant; 1 cordonnier.
(2) Le bureau est composé de MM. Blum, vice-président; J. Heymann, caissier, et de cinq membres.
La Société est enregistrée depuis 1840 sous le ir 172.
SOCIÉTÉS d’hommes
soumit ses statuts au Consistoire qui, sur un rapport présenté par un de ses membres, consiata que « les articles du règlement, les sentiments comme les principes » qui y étaient renfermés n’avaient rien que de « louable ». Le but qu elle poursuivait était « de soulager les pauvres et de procurer particulièrement à ses membres, en cas de maladie, des secours que des frères se doivent mutuellement ». Elle organisa des réunions de prières (1), elle assura à ses sociétaires, avant l’expiration des trois mois qui suivaient le décès, « une pierre mortuaire et son entourage » ; elle vint en aide aux septuagénaires en les dispensant de toutes corvées et en affranchissant de la cotisation mensuelle ceux d’entre eux qui y étaient affdiés depuis vingt ans. Plus tard (en 1856) elle compléta les mesures charitables qu’elle avait prises à leur égard et décida que tout membre âgé de 70 ans, s’il est nécessiteux, aura droit ;i une pension de 200 francs. Enfin, désirant que « le souvenir d’un sociétaire décédé soit perpétué dans la Société » , les Enfants de Sion^ par décision prise au mois de janvier 1851, s’étaient engagés, pour toute la durée de l’association, à faire réciter la prière d’usage pendant l’année de deuil d’un sociétaire, à faire briller un luminaire et à réciter le Kaddish à tous les anniversaires.
Ces obligations se sont continuées jusqu’à nos
(1) En 1838, la Société se réunissait, 6, rue des Vieilles- Etuves. L’oratoire était situe, en 1855, rue Rambuteau, 36: en 1861, rue du Coq-St-Jean, 3, et en 1865 rue du Temple, 48, où il resta jusqu’en 1880.
jours, et pour y faire droit, pour subvenir aux dépenses qu’occasionnent les indemnités de maladie (i), les indemnités de deuil (^), les gardesmalades , les Minümimy le denier offert à la veuve (3), les pensions, les secours extraordinaires et la bienfaisance, la Société perçoit un droit d’admission (de 15 à 35 francs), une cotisation mensuelle (2 francs), des^ amendes, et fait, tous les six mois, une répartition égale entre ses membres des frais occasionnés pour les gardesmalades et pour les remplaçants dans les réunions de prières qui ont eu lieu pendant la semaine de deuil d’un sociétaire.
Ses recettes dépassent annuellement la somme de 3,000 francs et les dépenses sont d’environ 2,500 francs. Elle avait, au janvier 1886, un actif d’environ 16,000 francs.
M.Gompel Edinger,membre fondateur, préside la Société depuis 1845. Avant lui, les Enfants de Sion^ autorisés par le ministre à se constituer légalement le 5 avril 1840, avaient eu pour directeuis MM. Edinger (1838) ; Isaac Lœw (1840) etHaarscber (1845). M. le Grand-Rabbin Zadoc Kahn en est président honoraire.
Enregistrée en 1838, sous le n° 39, et un an après sous le n° 220, elle reçut plus tard le n” 60, qu elle porte actuellement.
Des neuf membres fondateurs, trois existent
(1) Deux francs par jour pendant les trois premiers mois, et un franc ensuite,
(2) Dix-huit francs. , ^ --i' ,
(3) Cinquante francs pris sur les fonds de la Société, plus u
franc par sociétaire.
SOCIÉTÉS d’hommes
encore ; ce sont MM. Gompel Edinger, Moïse Halbronn et Michel Edinger.
Le lendemain de sa fondation^ la Société comptait vingt et un membres (1); elle n’en avait encore reçu que vingt-timis en 1840. Trois ans après, ils étaient au nombre de quarante- six; de cinquante en 1851; de soixante-treize en 1858; de soixante-quatorze en 1865 et de quatre-vingt-cinq en 1884. L’introduction de membres honoraires a été autorisée par le règlement de 1856 ; le compte rendu de la Société en 1884 en mentionnait quatre. Elle compte en 1886, soixante-douze membres actifs et cinq honoraires.
Les Amis des Enfants dTsraël
^ Fondée en 1839, autorisée par arreté du Préfet de police en date du 21 décembre de la même année, etpar décision ministérielle du4 juillet 1840 (2), cette Société a pratiqué l’assistance mutuelle dans toute sa simplicité. Secours aux malades, gardes-
(1) Leurs états se répartissaient ainsi : 6 fabricants; 5 marchands; 6 négociants; 1 musicien; 1 commissionnaire; 1 boulanger; 1 instituteur. — En 1851, les cinquante membres exerçaient les états suivants : 18 marchands; l marchand de meubles; 2 négociants; 2 teneurs de livres; 2 gantiers; 7 fabricants d’optique, de faïence, de jouets, de casquettes, de cuirs; 2 employés; 4- bijoutiers; 2 négociants; 1 commissionnaire; 1 crémier; 1 ébéniste; 1 épicier; 1 instituteur; 1 restaurateur; 1 laveur de cendres; 1 fourreur; 1 marchand de chevaux; 1 bonnetier.
(2) Inscrite en 1839 sous le n° 25, en 1840 sous le n° 217, elle est enregistrée aujourd’hui sous le n' 169.
malades en cas de danger, indemnités de deuib denier à la veuve ou aux orphelins du Sociétaire décédé, manifestations sympathiques et religieuses aux membres éprouvés par la maladie ou par le malheur : tel est l’objet de l’Association des Amis des Enfants d'Israël. « Tout Sociétaire s’engage, est-il dit dans le règlement, à faire envers les autres ce qu'il voudrait qu'il lui fût fait. . . » La mutualité n’a pas d’autre base.
Parmi les Sociétés existantes, celle-ci est certes une des plus modestes : l’actif qu’elle possède (2,065 fr. 65 c.) en est le premier indice. Aussi ses ressources insuffisantes ne lui permettent de venir en aide à ses membres que dans des limites très restreintes : elle leur accorde, après six mois de maladie (1), une pension dont le maximum est subordonné à l’état de sa caisse. C’est là le seul effort qu’elle puisse faire en faveur de ses participants.
Constituée avec vingt-trois adhérents, elle en eut trente-deux en 1841 ; vingt-six en 1843 ; quarante-sept en 1851 (2); soixante-cinq en 1866. Elle est composée aujourd’hui de quarante-trgis membres actifs, et quoiqu’elle admette la nomination de membres honoraires, elle n’en compte aucun.
Les recettes de la Société se composent : du droit d’admission, fixé à 10, 20 et 30 francs, suivant l’âge;
(1) Le Sociétaire malade a droit à deux francs par jour pendant trois mois, et à la moitié pendant les trois mois suivants.
(2j Leurs états se répartissaient ainsi : 2l marchands; 4 rentiers ; 1 inspecteur de police ; 3 inspecteurs des boucheries
israélites ; 13 employés; 1 pédicure; 1 dentiste, 1 fabricant; 1 marchand de balances; 1 agent d’affaires.
SOCIÉTÉS d’hommes
d’une cotisation de 2 fr. par mois; des « rétributions forcées » et du payement d’un franc par chaque membre lors du décès d’un Sociétaire.
La Société, dirigée en 1839 par M. Joseph Nathan, le fut successivement par M . Isaac Kauf mann (1843) , Bernard Mayer (1855) et Bloch (1862-65), auquel succéda M. Léon Gugenheim, président actuel (1).
Les Enfants d'Israël avaient primitivement une assemblée de prières, qui, pendant de longues années, se tint rue des Mauvais-Garçons, n° 5 (2).
Zorobabel
Cette Société, fondée le 13 novembre 1842, prit le titre de Société de secours des ouvriers Israélites dite de Zorobabel. Elle avait pour but :
1" De donner des secours à se's membres en cas de maladie et aux vieillards ;
2® De venir en aide aux Sociétaires dans le
malheur;
3“ De souscrire pour des besoins non déterminés en faveur d’un but religieux et patriotique.
Conformément au but qu’elle s’est assigné, la Société accorde à tout Sociétaire malade les secours du médecin, des médicaments et une indemnité
(1) Le bureau est composé de MM. Raphaël Weil, vice-préaident; Ancel Marx, caissier; Ephraïm Lévy, Joseph Lévy, Samuel Kahn, Léon Gompel, Aron Kahn, Prosper Caen.
(2) En 1855, il était situé rue du Roi-de-Sicile, 41 ; en 1865, !
rue de Pavie, 12 (au Marais); et en 1869, rue des Ecouffes, 25. ]
pécuniaire. A celui qui deviendrait infirme ou tomberait dans un état de maladie qui, sans l’aliter, l’empêcherait de se livrer à aucun travail, elle peut accorder une pension de 10 francs par chaque année sociale qu’il compte dans la Société. Tout Sociétaire qui, atteignant l’âge de soixante ans, compte vingt-cinq ans de cotisation, a dioit à une pension qui ne peut excéder 200 francs. Il cesse dès lors d’être colisable et ne fait plus partie de la Société qu’en qualité de membre honoraire. La veuve ou les enfants mineurs d un pensionnaire ont droit, pendant six mois encore, à la continuation de la pension. Enfin, la Société accorde le convoi de 7® classe au Sociétaire décédé et se charge de tous les frais d’inhumation. Sa veuve, ses enfants ou ses père et mère reçoivent
un denier de 200 francs. ^
A ces excellentes dispositions, la Société dite de Zorobabel en avait ajouté d'autres, adoptées par toutes les Associations israélites, traditionne es dans la religion juive, relativement aux indemnités de deuil et aux prières d’usage récitées matin et soir, pendant sept jours, dans la maison de celui que le malheur avait frappé. Le bureau delaSociété proposa, en 1884, la suppression de l’article (1) qui
(1) « Quand un Sociétaire sera en deuil et "T^'oTré
(( les prières une fois par jour.
de Paris n’auront droit qu’à une somme üxe de 40 francs ou nnp lois nar iour. w
SOCIÉTÉS d’hommes
régissait cette matière, sous le prétexte d’« éliminer» des statuts « les dispositions ayant un caractère religieux et purement dogmatique » pour « ramener l’Association à l’objet pur et simple d’une Société de secours mutuels selon le vœu de la loi ». Getle modification fut autorisée par le Préfet, par arrêté en date du 31 mai.
La Société, qui comptait cent vingt -deux membres en 1866 (1), n’en a plus aujourd’hui que soixante-seize. Elle n’a point de membres honoraires.
Dans ses anciens comptes rendus, à côté des indemnités de maladie, frais de médicaments, honoraires du médecin (2), frais funéraires, etc., on voit figurer les « deuils et prières d’usage», dons à l’Hôpitai israélite, à l’OEuvre des enfants abandonnés, etc., etc. Les dépenses s’élevaient alors annuellement à 3,000 francs environ. Elles furent de 5,000 fr. à peu près en 1884, et ses recettes de 3,000 fr. La Société a actuellement un avoir d’une vingtaine de mille francs. Elle a dix-sept
(J) Voici les états qu’exerçaient ces cent vingt-deux sociétaires : six bijoutiers ; deux parfumeurs; vingt-trois marchands; trois bottiers; un peintre; trois horlogers; un tourneur en bois; six traiteurs; trois gantiers; un tourneur en cuivre; un vannier; deux coupeurs; douze emj^loyés; un peintre sur porcelaine; onze fabricants; deux papetiers; huit négociants; trois cordonniers; trois relieurs; un marbrier; un lampiste; quatre ébénistes; un balancier; deux commissionnaires; un gaînier ; deux doreurs; deux chapeliers; un sergent de ville; un layetieremballeur; deux mécaniciens; un charpentier; un graveur; un lithographe; un graveur sur camées; un facteur; un ciseleur; un ferblantier; un passementier; un homme d’affaires; un gazier; un dentiste.
(2) C’était le Brossard qui était attaché à la Société en qualité de médecin.
pensionnaires. Elle perçoit sur chaque membre un droit d’admission, fixé de 15 à 40 francs, suivant l’âge, et une cotisation mensuelle de 3 francs.
Les services qu’elle rend à ses Sociétaires peuvent être importants; mais il est permis de regretter qu’elle prive ses membres de 1 assistance religieuse quelle leur accordait primitivement : une association juive sans religion n’est plus une association juive
La Société, présidée en 1842 par M. Joseph Picart, fondateur, fut dirigée successivement par MM. D.-B. Chailly (1856) ; Achille Bernard (1861) ; Simon Alexandre (1865) ; A. Moyse (1867); Alfred Lévy (1873); Anatole Reims (1876), et, depuis 1878, par M. Achille Bernard. Elle est enregistrée sous le n"" 185(1).
La Bienfaisante Israélite
Quelques Israélites, unis par des liens d’amitié ou de camaraderie, se rencontraient fréquemment vers 1842, dans une petite boutique de la rue du Mail, tenue par M. David Gouguenheim, surnommé le petit Moutardier. Désireux d’associer leur nom à une œuvre sérieuse et durable, ils songèrent à donner à leurs réunions une forme défi-
(1) La Société est gérée en outre par un vrce-président; un secrétaire; un caissier; un vérificateur; deux commissaires d’enquête; deux commissaires-censeurs.
SOCIÉTÉS d’hommes
nitive. Ils étaient alors une douzaine ; le lendemain ils furent vingt-deux (1) et réunirent un capital de 143 francs. Telle futl’origne de cette Société qu’il appelèrent la Bienfaisante Israélite et qui fut fondée le 26 octobre 1843. Il n’y a pas d’association de ce genre dans la Communauté Israélite de Paris c{ui, avec des commencements aussi humbles, ait atteint un aussi grand développement.
A l’origine ses revenus furent appliqués d’une manière égale aux secours mutuels et à la bienfaisance. Pendant plus de vingt ans, en effet, la moitié de la recette fut distribuée en aumônes et l’autre moitié fut considérée comme largement suffisante pour faire face aux besoins de la mutualité. Dès 1855, la Société attribuait « à cette « heureuse alliance de la prévoyance et de la charité» son accroissement rapide, la faveur dentelle jouissait et « l’heureuse position » qu’elle avait prise dans la Communauté Israélite parisienne. Le nombre de ses membres qui, en effet, était à peine de cinquante en 1848, s’était élevé h soixante-etonze en 1850, à cent onze en 1852, et à cent soixante-huit à^la fin de l’année 1854 La recette totale avait alors atteint le chiffre de 30.787 fr. La
(I j Voici les noms des fondateurs de la Société : MM. Constantin David; Lévy Mayer; Hugues Lyons; Mayer Marix; Léon Halphen; Maurice Dalsace; Léon Samuel; Albert Lévy; Armand Dorville; Eugène Dorville; Neymann Lévy; Alphonse Golschmidt; Michel Hayem; Gustave Wolff; Mayer Léon; Alfred Bernard; Jacob Abraham; Pierre Lévy; Théodore , Simon, Paul Oppenheim; Abraham Hayem; Edouard Mayer.
De ces fondateurs subsistent seuls aujourd’hui MM. Paul Oppenheim, qui fut longtemps trésorier de la Société, et Albert
Société avait un capital de réserve de 10.000 francs.
Cependant, en présence du développement que prenait la Société, les revenus consacrés à la prévoyance devinrent insuffisants; des modifications furent apportées aux statuts et approuvées par arrêté ministériel en date du 1'"' mars 1361. Elles eurent pour objet d’attribuer dorénavant trois quarts des recettes à la mutualité et un quart à la bienfaisance. Mais la Société qui, dos sa création, avait eu toute facilité pour exercer la charité, ne tarda pas à trouver trop étroites les limites qui lui étaient imposées. Elle décida d’introduire, àcet effet, de nouvelles modifications nécessitées, disait-on, par « la situation particulière de la Société qui, fondée sur la base de la bienfaisance plus encore que sur celle de la mutualité, méritait d’etre affranchie des liens étroits et nécessaires qui sont imposés aux Sociétés de secours exclusivement mutuels (1) ». C’était là peut-être un argument qui prêtait à la discussion (2) . Quoi qu’il en soit, à compter de l’année 1877, les revenus de la Société furent employés de nouveau : moitié pour les besoins de la mutualité, moitié pour les œuvres de bienfaisance et philanthropiques, et à cet effet, attribués à trois Caisses distinctes :
fl) Paroles prononcées par M. Gustave Dalsace à la « Séance d’installation de M le Président Gustave Dalsace » , 19 novembre 1876. Page 2? (Paris lmp. Sylvain Dennery, 1877).
(2) M. Ab. Créhange disait en 1859 : « Nous ne devons pas « oublier que nous sommes avant tout Société de secours mu- « tuels, et que, à ce titre, nous devons clierclier à élargir le « cercle de nos Secours mutuels. » Procès-verbal de l’installation de M. Ab. Créhange, comme Ih’esident de ie. Bien faisante üraélite.
SOCIÉTÉS d’hommes
Caisse de la mutualité ;
Caisse de secours ;
Caisse des pauvres.
La Caisse de la Mutualité indique suffisamment son objet (1).
La Caisse de secours appelle plus particulièrement fattention. Instituée dans le but de venir en aide par des prêts, subventions ou pensions temporaires, à des membres de la Société et à leurs veuves ou orphelins, en dehors des cas prévus par les statuts, elle a rendu de bien signalés services. Nous ne pouvons dire ici en détail les souffrances, les misères, les malheurs même qu’elle a pu éviter ou adoucir, grâce à l’aide rapidement et discrètement donnée; mais ce que nous ne saurions trop faire valoir, c’est le. privilège exceptionnel obtenu de l’autorité compétente et qui permet au bureau de la Société de disposer des revenus de cette Caisse sans que ses décisions puissent jamais faire l’objet d’une discussion ou d’une interpellation en assemblée générale. On peut juger du bien qu’a déjà fait et que continuera à faire cette institution qui, sous le couvert de la Mutualité extraordinaire, a dépensé, de 1877 à 1886, environ vingt mille francs.
La Caisse des pauvres, dont les fonds furent affectés à la distribution de secours en argent ou en nature aux indigents et à des souscriptions en faveur
(1) Le service des médicaments est fait par divers pharmaciens. Trois médecins sont attachés à la Société. Ce sont MM. Lucien Hirtz, Hippolyte Hirtz et Emmanuel Lévy.
L’indemnité de maladie est de trois francs par jour; — l’indemnité de deuil de 21 francs pour les sept jours.
des institutions de bienfaisance ou de toute autre œuvre philanthropique, permit à la Société d’étendre de toutes parts ses bienfaits. Ce n’est pas exagérer les secours alloués aux pauvres, de 1843 à 1864, que de les estimer à une quarantaine de mille francs. Ces secours prirent à compter de cette époque une telle extension que de trois mille francs en 1864, ils s’élevèrent successivement à cinq, six, huit mille francs par an pour dépasser en 1884 le chiffre de 12.000. Pour une période de vingt ans (1864-1884), l’assistance aux indigents atteignit la somme de 83.551 francs.
Les œuvres de la Communauté de Paris profitèrent également dans une large mesure de la prospérité de la Société (1), et c’est dans la même Caisse que la Société puisa les ressources nécessaires pour contribuer à soulager les victimes de calamités publiques. La liste serait longue des œuvres auxquelles la Bienfaisante Israélite a associé son nom ; il suffira de signaler parmi les plus importantes : les victimes du choléra (1865) ; les Nègres affranchis (1866) ; les victimes de la guerre (1870- 1871); les Alsaciens-Lorrains (1872); les inondés de Paris et ceux du Midi (1875) ; ceux d’Alsace et de Suisse (1876) ; ceux de la Hongrie (1879) ; les pauvres de Paris (1879) ; les sinistrés du Havre et ceux de la rue de fHôtel-de-Ville (1882); le monument de l’abbé Grégoire (1882) ; les incendiés de la rue de Charonne (1882) et ceux de la Villette (1883); et enfin, en 1884, l’OEuvre de l’allaitement de la
‘ (l) De 1864 à 1884, elles reçurent une somme totale de 21,765 francs.
SOCIÉTÉS D^HOMMES
Seine, l’Orphelinat de la Seine, les incendiés de la cité Joly et les victimes du choléra à Paris.
Trois Présidents se sont succédé dans la Société depuis sa fondation et tous trois ont marqué leur gestion de leur empreinte particulière.
Le premier, Armand Dorville, qui avait été l’un des fondateurs de l’Association, était « animé « d’une charité ardente ; il la communiquait à ceux « qui l’entouraient; son esprit pratique imprimait c( à la marche de l’œuvre une direction sûre ; ses « propositions étaient toutes frappées au coin de « la sagesse, et sa parole, franche et exempte de « passion, éclairait, dirigeait et dominait les dis- « eussions les plus difficiles, les plus orageuse ses (1) ».
C’est sous sa présidence que la Société fut approuvée par Ordonnance ministérielle du 2i novembre 1854 (2). Nommé Président par décret im-
(1) Discours prononcé par M. le Grand-Rabbin Isidor lors de l’installation de M. Ab. Créhange comme président de la Société le 6 mars 1859 (page 9).
(2) L’approbation entraînait alors la nomination du Président par le chef de l’Etat, l’obligation d’admettre des membres honoraires et la création d’une caisse de retraite.
L’admission de membres honoraires, dans la Bienfaisante Israélite, datait de 181-9. Ce fut sur la proposition de M. Eugène Dorville et sur le rapport favorable de M. J. Kahn, que l’admission de membres honoraires fut décidée.
Les pensions, qui seraient accordées par la Société, ne peuvent légalement excéder 240 francs.
Le capital des pensions, rendu libre par le décès des pensionnaires, fait retour au fonds de retraite de la Sociélé. — Les fonds sont placés à la Caisse des dépôts et consignations, et les pensions sont servies par la Caisse générale de retraite pour la vieillesse.
périal du 29 novembre (1), il ne devait plus rester longtemps à la tête de cette Société qu’il avait fondée, à laquelle il s’était donné tout entier. Moins de quatre ans après, en effet, le 12 août 1858, Dorville mourut (2), laissant la Bienfaisante dans une situation prospère. Elle comptait alors deux cent trente-trois membres (dont cinquante-neuf honoraires) et elle possédait un capital de plus de 16.000 francs (3).
M. Ab. Créhange lui succéda : nommé par décret impérial en date du 30 décembre 1858, et installé le 6 mars 1859, il résolut, d’introduire dans la Société « un élément presque inconnu » Jusque-là : les ouvriers et les employés. La Bienfaisante ne se recrutant que parmi des négociants qui jouissaient d une certaine aisance et ne profitaient que peu ou point des avantages attachés à la mutualité^
(1) Son installation eut lieu le 28 janvier 1855.
(2) La Société lui a élevé un monument au cimetière Montmartre. Ce monument porte au faîte, gravée en lettres noires la mention suivante : « La Bienfaisante israélite à son Prési- « dent Armand Dorville »; et, plus bas, en lettres dorées ; « Témoignage de reconnaissance et de regrets. »
(3) En 1854 la Société avait cent soixante-huit membres. En voici le dénombrement en ce qui concerne leurs professions. Il y avait cinquante-cinq négociants; un chimiste; quatre papeliers; quinze employés; deux lapidaires; trente-cinq fabricants* neuf tailleurs et confectionneurs; un tapissier; deux docteurs en medecine; trois bijoutiers et horlogers; un tabletier; un orientaliste; quatre rentiers; trois imprimeurs et compositeurs • un serrurier; deux marchands de peaux; 4 typographes; un confiseur; deux avocats; deux artistes; un courrier de cabinet* deux commissionnaires; un peintre en bâtiment; un instituteur; un répétiteur de chant; un lithographe; un graveur d’histoire; deux marchands de chevaux; un joaillier; un graveur; un agent de publicité; un tanneur; un courtier en diamantscinq changeurs un agent de change.
SOCIÉTÉS d’hommes
il disait avec une juste raison quelle ne pouvait faire un meilleur emploi de ses ressources qu’en venant en aide « à des collègues qui ne doivent pas considérer comme une aumône des secours auxc[uels ils ont droit (1) ». Son mandat fut renouvelé le 18 janvier 1865. Il le continua jusqu’à la fin de l’année 1875, où il donna sa démission.
La Société comptait alors 418 membres, dont 116 honoraires. Elle possédait un capital de 68.944 francs, et elle avait à son avoir, à la Caisse des Retraites, une somme de 26.700 francs. M. Gréhange, on le voit, s’était fidèlement inspiré de l’exemple laissé par M. Dorville. C’est à lui aussi qu’est due l’institution, en 1864, du service funèbre célébré annuellement en fhonneur des sociétaires ou de leurs parents. Il a été nommé Président honoraire en reconnaissance des services rendus.
A compter de cette époque, la Société entra dans une phase de développement et de prospérité qui restera assurément parmi les titres d’honneur de M. Gustave Dalsace, nommé Président en remplacement de M. Gréhange et installé le 19 novembre 1876 (2). Composée à cette date, comme nous l’avons dit, d’un peu plus de quatre cents membres, la Bienfaisante Israélite compte aujourd’hui douze
(1) « Il y a un principe supérieur à la charité, un principe « dont l’application ne peut éveiller aucune susceptibilité, « blesse? aucune fierté, c’est la solidarité, c’est la mutualité, » (La Lutte contre la misère, par Hte Maze, député de Seine-et- Oise. Paris 1883. Lib. Léopold Cerf.)
(2) Un décret du 28 octobre 1870 abrogea l’art. 3 du décret du 26 mars 1852 donnant à l’empereur le droit de nommer les Présidents de Sociétés approuvées.
cents adhérents (1) ; son actif s’élève à cent cinquante mille francs, sans compter le service de ses pensions de retraite dont le capital atteint soixante mille francs. Cette situation donne raison à M. Isidor, Grand-Rabbin de France, qui disait en 187.6: « Vous étiez quelques hommes et voilà que vous êtes cinq cents, et mille bientôt. Le germe a levé, grandi, et ce qui avait été si modestement commencé est devenu cette belle et grande Société, si connue et si estimée dans la Communauté (2).».
Avec quelle émotion, avec quel juste orgueil, les anciens Sociétaires, en jetant un coup d’œil sur les années écoulées, considéreront le chemin par-
(1) En 1883, il y avait 976 membres dont les états se répartissaient ainsi : 51 commissionnaires, 137 fabricants; 299 négociants ; 5 courtiers en diamants ; 102 banquiers, agents de change et changeurs; 44 tailleurs et confectionneurs; 82 employés; 1 architecte; 113 rentiers; 1 marchand de chiffons en gros; 7 publicistes et hommes de lettres; 6 Grands-Rabbins et Rabbins; 5 tapissiers; 2 ministres officiants; 5 industriels; 3 propriétaires; 1 ciseleur; 6 docteurs en médecine; 1 sculpteur; 6 imprimeurs; 2 experts; 1 relieur; 1 ébéniste; 6 ingénieurs; 1 pharmacien; 3 artistes peintres; 3 étudiants; 1 agent de publicité; 1 receveur de l’enregistrement; 5 avocats; 9 marchands d’antiquités; 3 éditeurs de musique; 1 directeur de compagnie d’assurances; 1 écrivain lithographe; 1 agent de transports maritimes; 1 membre de l’Institut; 1 serrurier; 1 chef armurier dans l’armée; 5 marchands de chevaux; 3 agents de compagnie d’assurance; 4 graveurs; 6 professeurs; 2 marchands d’or; 1 marchand de biens; 2 avoués; 3 dentistes ; 1 directeur de l’orphelinat; 2 secrétaires du Consistoire; 1 dessinateur; 8 courtiers de banque; 1 graveur d’histoire; 1 sous-chef au ministère de la marine; 5 libraires; 1 pro.fesseur de musique; 1 fournisseur des armées; l boucher; 1 artiste; 4 marchands de tableaux; 2 joailliers; 1 mécanicien; 1 teinturier.
(2) Séance d’installation de M. le président Gustave Dalsace. 19 novembre 1876.
SOCIÉTÉS d’hommes
couru et se reporteront à l’epoque où, liés étroitement, ils se consacraient tout entiers h l’avenir de leur œuvre ! (1)
Les Enfants de Jacob et llsraélite Française
Ces deux Sociétés ont fusionné le août 1885 et, depuis cette époque, sont réunies sous le titre unique de Société de secours mutuels dite des Enfants de Jacob.
(1) M. Gustave Dalsace, à qui cette Société doit d'avoir pris un si grand développement îut, en qualité de Président de la Société, nommé en 1883 Chevalier de la Légion d’honneur. Avan cela, MM. Schloss, Vice-Président; Lion, secrétaire; Sommer Trésorier; Gustave Dalsace, Président; et plus tard MM. Gréhange. Président honoraire, et H. Picart, Vice-Président, obtinrent des médailles d’honneur du Président de la République. Qu’il nous soit permis d'ajouter à ces noms, le nom de M. J. Kahn, Secrétaire général du Consistoire Israélite, qui pendant plus de vingt années (1846-1869) [rendit à la Société de signalés services en qualité de secrétaire. Sa modestie, son dévouement, son incontestable expérience, les services rendus, lui assignent une place au milieu de ceux qui ont été à l’honneur.
M. Isidor, Grand-Rabbin de France, et M. Zadoc Kohn, Grand-Rabbin de Paris, sont présidents d’honneur.
M. Léon Dorville a été nommé vice-président en 1885, en remplacement de M. S. Schloss, décédé, qui occupait ces fonctions depuis 1854.
MM . les rabbins Mayer, Lehmann, Weill, Raphaël Lévy, Haguenau et Israël Lévy sont « membres honoraires du bureau ». M. J. Kahn est secrétaire honoraire. — MM . lesGrands- Rabbins Astruc et Wogue sont « membres honoraires libres ». — Douze délégués complètent le bureau de la Société.
Ulsraélite française (1) est la plus ancienne. Son règlement porte qu’elle fut fondée et autorisée le 18 janvier 1847. Or, le 25 février 1846, réunis au nombre de dix chez M. Isaac Mayer, rue Saint* Avoye, n° 38, les membres de cette association déclarèrent « reconstituer ladite Société dissoute le 24 janvier précédent ». Nous n’avons pu savoir ce qui avait motivé cette dissolution. D’après le répertoire des Sociétés au département de la Seine, elle avait été autorisée le 24 mars 1844 et enregistrée sous le n® 199.
Quoi qu’il en soit, le 23 mars 1846 deux membres nouveaux furent admis, et on procéda à l’élection du bureau : on choisit un président, un viceprésident, un secrétaire, un trésorier et quatre conseillers; quatre membres composèrent l’assemblée. « La mise de fonds social » fut fixée, pour chacun, à dix francs. Le service des corvées fut obligatoire pour tous. On y put, toutefois, suppléer par un abonnement annuel qui subsista jusqu’en 1856, où les corvées furent supprimées.
Cette Société progressa rapidement et atteignit en 1861 son point culminant de prospérité. Le nombre des membres, à cette époque, était de soixante et onze et elle avait un avoir de trois mille francs. Mais, à compter de cette année, elle déclina non moins vite. En 1879, elle entamait son capital et, pour attirer de nouveaux membres, elle se décidait à les admettre sans qu’ils payassent de droit d’entrée. Ces facilités memes n eurent
(1) Les Annuaires Israélites la mentionnaient sous le nom erronné de : Zes Isrctélites frcüiçüis.
SOCIÉTÉS d’hommes
aucun succès. En 1881, V Israélite française n’avait plus que vingt-trois membres, et elle ne possédait qu’une somme de 1,300 fiancs. Apparut alors le projet de fusion, qui fut accepté par la Société des Enfants de Jacob le 11 août 1881 ; et le 31 août, à Tunanimité^ VIsraélite française prononçait sa dissolution (1).
Elle avait, durant son existence, créé une caisse de retraites, une caisse de secours, et exempté de toutes « corvées » et cotisations ses participants septuagénaires . Elle exerça très libéralement aussi la bienfaisance (2). Enfin, ce fut sur son initiative qu’en 1859 fut fondée par toutes les Sociétés une Caisse centrale (3) pour venir en aide à ceux qui, faisant partie d’une Société, ne pouvaient plus participer aux secours accordés par elle.
M. Mayer (Isaac) présida la Société de 1846 à 1854. Après lui viennent MM. Raphaël Kaufîmann (1854-1866) ; Elie Bloch (1866-1868) ; Alexandre Bloch (1868-1881), auquel la Société, lors de sa dissolution, offrit une médaille d’or, pour laisser une trace de la « longue, laborieuse et honnête carrière » qu’elle avait parcourue.
(1) La Société avait tenu 328 séances depuis sa fondation.
(2) Parmi les souscriptions auxquelles elle contribua, il faut citer celles en faveur des. inondés de la Loire (18^6); des blessés de février (1848) ; des victimes de l’incendie de la rue Beaubourg (1853); des blessés de la guerre d’Italie (1859); des victimes des massacres de la Syrie (1861); dés ouvriers cotonniers de la Seine-Inférieure (1863); des blessés de la guerre francoallemande (1870) ; des inondés du Midi (1875); des victimes de la catastrophe de St-Etienne (1876), etc.
(3) Voir p.
Go fut donc Ici Société dito dos Enfcmts de Jacob qui roçut los nionibros do 1 IsTaélitc fvançüisc . Lo procès-vorbal do fusion, on dato du août 1881, porto « qu’ils jouiront immédiatomont dos mémos droits quo los mombros do la Socioto dos Enfants do Jacob » , on so conformant strictomont aux statuts do cotto Société.
L’Association dito dos Enfants de Jacob a été fondéo on 1851 ot autoriséo lo 7 décombro do la mémo annéo. Ello fut modifiéo ot réorganiséo suc-
cossivomont on 1853, 1863 ot 1881.
Il résulto dos règ'lomonts do la Société qu’ollo a pour but principal, on prélovant un droit d admission (10, 20 ou 30 francs do 21 à 50 ans) ot uno cotisation monsuollo do 2 fr. 25 sur chaquo sociétairo, do donnor à colui qui tombo malado un socours do 2 fr. 50 par jour pondant trois mois, do la moitié si la maladio so prolonge pendant lo trimestre suivant, et, si elle continue au-delà, d’accorder une pension proportionnée aux ressources de l’Association. Enfin', elle ne pourvoit pas aux frais funéraires, mais elle accorde à la veuve ou aux enfants du sociétaire décédé, une somme do cent francs sur la caisse. Lorsqu un membre atteint l’age de soixante-dix ans, il est exempt de cotisations et de corvées.
Tel est, brièvement exposé, l’objet de la Société : Les Enfants de Jacob qui, composée à son origine de trente-quatre membres, compte actuellement cent un titulaires (1). Elle n’a pas de membres
(1) Elle avait 86 membres en 1862. Voici la profession qu’ils exerçaient : 2 pédicures; 14 employés; 1 ouvrier; 34 marchands ; 1 peintre ; 1 rentier ; 5 ébénistes ; 2 fabricants ; 1 op-
SOCIÉTÉS d’hommes
honoraires. Son avoir est de 5,000 francs environ. Cette Association a été présidée par MM. Golman Joël Nathan (1851); Oulif (1854); David Willer (1850); Colman Joël Nathan (1859); et Léon Leder depuis 1805 (1).
Les Enfants d’Élie
. Bien que connue sous ce nom, cette Association porte, en réalité, le titre de Société de secours mutuels dite d’Elie. Fondée en 1848 (2), elle a été autorisée par le Préfet de police le 17 novembre et enregistrée sous le m 244. Elle comptait alors 49 membres.
Outre les assemblées de prières qui se tenaient dans le local de la Société, rue des Ecouffes, 29 (3), T- mais qui n’existent plus — elle avait pour but ;
ticien ; 2 ferblantiers; 1 ciseleur; 1 mécanicien; 1 serrurier; 1 artiste; 1 sergent de ville; 2 tailleurs; 1 vernisseiir; 2 merciers; 2 cordonniers; 1 teintiiri#r; 1 sellier; 1 marchand do meubles; 1 physicien; 3 négociants; 1 relieur; 1 confectionneur; 1 tonnelier; 1 artificier. — Il y avait 131 membres en
(1) Le bureau de la Société compte IMM. A. Reblaud comme vice-président, et Jules Heymann comme trésorier. Cinq assesseurs complètent le bureau.
(2) Le règlement porte qu’elle a été fondée et autorisée en 18i9. C’est une erreur.
(3) L’oratoire resta dans ce local jusqu’en 1861, époque à laquelle il fut transféré rue de la Verrerie, 20; il fut ensuite
1865) Tue des Blancs-Manteaux, 35.
1“ De donner les soins du médecin et les médicaments aux sociétaires malades; 2° de leur payer une indemnité pendant le temps de leur maladie ; S'* de pourvoir aux frais de leurs funérailles ; 4° d’assurer une indemnité à la veuve ou aux orphelins mineurs ; et 5° de leur donner des gardes en cas de maladie grave, des veilleurs après le décès »
Les statuts, modifiés en 1857,1866 et 1883, ont maintenu les principes émis par la Société a son origine ' avec l’indemnité de maladie (1), 1 indemnité pour les sept jours de deuil (2), le denier alloué à la veuve (3), la Société assure à ses membres « un enterrement convenable » (4) et elle prend à sa charge tous les frais qui y sont relatifs.
En 1881, elle créa une caisse de secours destinée à venir en aide à ses sociétaires nécessiteux. Cette caisse est alimentée par les dons, le produit des quêtes et des amendes, et par une somme votée annuellement en Assemblée générale. Seuls les membres appartenant à la Société depuis cinq ans au moins peuvent y avoir recours; et seules peuvent être mises en délibération les demandes
(1) Elle était autrefois de 2 fr. par jour pendant trois mois, et d’un franc pendant les six mois suivants. Elle est aujourd’hui de 2 fr. 50 pendant le premier trimestre, et de 1 fr. 50
pendant le second. ^ ,
(2) L’indemnité de deuil ôtait de 2 francs. Elle a ete augmentée en 1883 de cinquante centimes par jour. ^
(3) 11 ôtait de cent francs et chaque membre ôtait impose d’un droit supplémentaire d’un franc. Depuis 1883, cette somme est ])rise sur le fonds de la caisse.
(4) Le convoi est de septième classe^ « sans tenture ».
SOCIÉTÉS d’hommes
émanant de ceux qui se trouveraient dans l’impossibilité de payer leurs cotisations ou qui solliciteraient un secours.
Le droit d’admission est fixé de 5 à 30 francs, suivant l’âge; la cotisation mensuelle, de 2 fr. 50 pour les membres participants, est de 2 francs pour les membres honoraires. Tout sociétaire, âgé de 70 ans et faisant partie de la Société depuis 25 ans au moins, est exempté de toutes cotisations. Tl y a actuellement quatre-vingt-neuf membres titulaires et quatre honoraires (1). La Société a un avoir de 9,917 francs (2).
Elle a été présidée successivement depuis sa fondation par MM. Simon Lévy (1848); Marx Lévy (1853); Benjamin Maurice (1850); Benoît Lévy (1858); Benjamin Maurice (1861); Kaufmann Blum (1864); Samuel Lévy (1870); Mayer Gahn (1872); Kaufmann Blum (1876); et E. Rosenbaum (1878), encore en fonctions (3).
(1) Il y avait 60 membres en 1851 et 83 en 1866. Les états de ces derniers se rôpartissaient ainsi : 1 marchand de chevaux; 13 fabricants (de i^ipes, jouets, porte-monnaie, casquettes, filets, fleurs, etc.); 1 agent d’affaires; 23 négociants; 26 marchands; 1 dentiste; 3 rentiers; 3 employés; 1 fondeur; ! cocher; 1 vernisseur; 1 tailleur; 1 graveur; 1 cordonnier; 1 fruitier; 1 bioutier; 1 marchand de draperie; 1 opticien; 1 pâtissier; 1 directeur d’assurances.
(2) La Société souscrit à plusieurs œuvTes charitables de la Communauté.
(3) Le bureau est composé, en outre, de MM. S. Marx, viceprésident; M. Hirsch, secrétaire; Chamansky, trésorier, et de sept membres
Les Disciples de Moïse
Cette Association était connue autrefois sous le nom de Société de Jérusalem. Elle figurait sous ce titre sur le répertoire de la Préfecture. Elle aurait été fondée le 20 avril 1850 et enregistrée sous le n° 275. Un fait certain, c’est qu’en 1852-1853 elle est portée dans un calendrier israélite (1) sur la liste des Sociétés de secours mutuels de la Communauté. Elle était alors présidée par M. Rothschild, demeurant 64, rue Saint-Louis, au Marais. Elle avait 'un oratoire, rue Pavée, au Marais, n° 12 (2). Ea 1852, elle se composait de trente membres, et de cent seize en 1862, Elle fut volontairement dissoute en 1865.
Le 24 mai de la même année, la majorité des membres de l’ancienne Société se mirent en instance pour obtenir de se reconstituer sous le nouveau titre de Les Disciples de Moïse et ils y furent autorisés par arreté préfectoral en date du 5 septembre. Il y avait alors cinquante sociétaires.
La Société ne se compose que de membres actifs, tous ouvriers ou employés. Elle a uniquement pour but de donner des secours à ses membres en cas de maladie et de deuil. L’indemnité de maladie
qi) Annuaire pour Van du monde 5613 (1852-1853), à l’usage des Israélites, par A. Ben Baruch Créhange (Paris, à la librairie israélite, rue N.-D.-de-Nazareth, 9^.
(2) Il y resta établi jusqu’en 1873.
SOCIÉTÉS d’hommes
est de 3 francs par jour pendant trois mois et de la moitié pendant Je trimestre suivant. Si la maladie se prolonge au delà, la question de secours fait l’objet d’un vote spécial du bureau.
La veuve ou les enfants mineurs d’un sociétaire reçoivent à son décès une somme de 100 francs moyennant une contribution exceptionnelle prélevée sur les membres. La Société assure en outre, de ses deniers, les frais funéraires et une case dans un des caveaux de la Société Le Repos Eternel. Elle contribue par ses souscriptions à diverses œuvres de charité.
La Société compte cent quinze membres. Elle a un avoir de 2,500 francs (1).
Elle a été présidée depuis 1865 par MM. Ab. Haas, Léon Lévy (1867), Gerson Marx, Aaron Meyer et Anselme Weill, qui a été placé à la tete de la Société en 1881 (2).
Les Enfants de Japhet
Parmi les associations de secours mutuels Israélites de Paris, la Société dite des Enfants de Japhet occupe une des premières places. S’il en est qui sont plus nombreuses, ou plus riches, ou
(O La cotisation est de 2 fr. 25 par mois, et le droit d’admission de 10, 20 ou 30 Ir., suivant Tcige, de 20 à 45 ans. Les candidats font une année de noviciat.
(2) Le bureau de la Société est compose d’un vice-président, M. Ries; d’un trésorier, M. Heymann, et de six membres.
qui offrent à de certains points de vue des avantages supérieurs, il n'y en a point qui pratique mieux, ni plus largement, la bienfaisance mutuelle, d’après les principes religieux et fraternels qui régissaient les anciennes confréries. Cependant, cette Société n’a, sauf la tradition, rien qui la rattache au passé, car elle est de fondation relativement récente ; mais les droits qu'elle accorde à ses sociétaires, les bénéfices étendus dont ils jouissent, les œuvres qu’elle a créées, ont fait d’elle une association réellement juive et dont l’existence ne peut être comparée qu’à celle des anciennes Hebroth,
Gréée en 1851 (1) dans le but de réunir la jeunesse Israélite en une association qui puisse secourir efficacement ses membres dans toutes les circonstances malheureuses de la vie, elle mettait à exécution une idée absolument nouvelle. Les prédictions malheureuses ne lui manquèrent pas; mais elle se mit à l’œuvre, convaincue de futilité que pouvait avoir une semblable institution pour ses jeunes coreligionnaires « dont un grand nombre viennent de leur province à Paris pour y gagner le pain de chaque jour et auxquels une maladie de huit jours peut enlever les quelques économies qu’ils ont pu faire ».
C’est dans une petite chambre, habitée par un de ses amis, que M. Franck réunit quelques jeunes gens avec lesquels il organisa la Société des Enfants de Japhet. Fondée uniquement d’abord
(1) Elle fut autorisée le 30 avril de la même année et enregistrée sous le n° 297,
SOCIÉTÉS d'hommes
dans le but d’entourer de sympathies et de consolations celui que le malheur frappait, elle résolut bientôt d’ajouter au soulagement moral l’assistance pécuniaire. En 1852, en effet, en présence du développement qu'elle avait pris soudain, la Société prit pour base de son œuvre la mutualité et la bienfaisance et, pour y pourvoir, elle fixa un droit d’admission et une cotisation mensuelle (1). Les amendes devaient fournir un supplément de ressources (2). On accorda alors des secours de maladie, de convalescence et de deuil, l’assistance religieuse, les frais d’inhumation et une concession temporaire de cinq ans. La voie que suivait cette Société était bonne, puisque, constituée avec sept membres, elle en comptait cent neuf, un an après — en 1852 (3), époque à laquelle on admit les membres honoraires.
(1) A l’origine, le droit d’admission était fixé à 10 franc® jusqu’à concurrence des 100 premiers sociétaires; 15 fr. jusqu’à 200 ; 25 jusqu’à 300. — En 1858, il fut uniformément fixé à 30 francs. — Il est maintenant de 15, 30 et 40 francs, suivant l’âge, de 21 à 35 ans. — La Société n’admet pas de membre audessus de 35 ans.
La cotisation mensuelle, fixée d’abord à 1 fr. 50, est maintenant de 2 francs. — Elle était de 6 francs par an pour les membres honoraires; elle est de 12 fr. depuis 1859.
(2) Les amendes sont complètement supprimées aujourd’hui.
(3) Voici comment se répartissaient les professions exercées par ces 109 membres; il y avait : 38 employés; 4 dessinateurs; 9 négociants; 7 fabricants; 14 marchands; 3 gantiers; 1 confectionneur; 2 libraires; 3 horlogers et bijoutiers ; 1 clerc de notaire; 1 graveur sur camées; 1 professeur d’anglais; 2 peintres sur porcelaine; 4 traiteurs; 1 tourneur en cuivre; 1 relieur; 1 compositeur; 1 boucher; 1 ciseleur; 1 tabletier; 1 bottier; 1 tapissier; 1 facteur; 1 élève en pharm.acie; 1 tourneur; 1 fabricant de produits chimiques; 1 agent de remplacement; 1 mécanicien; 1 éventailiste; 1 parfumeur; 1 graveur; 1 ébéniste; 1 lithographe.
SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS lOi
Bientôt le nombre toujours progressif de ses sociétaires et ses ressources croissantes lui permirent d’élargir le cercle de ses bienfaits autant pour la bienfaisance que pour la mutualité. Si, en effet, d’autres Associations citent avec orgueil les économies réalisées chaque année, elle est de celles qui considèrent comme un devoir d’augmenter sans cesse ses obligations envers ses sociétaires; pour elle le chiffre de ses dépenses est le meilleur indice du bien qu’elle fait. Grâce à de tels procédés, elle put dès 1859 se charger de tous les frais d’enterrement pour ses sociétaires décédés (1), et assurer en outre à chacun d’eux et h leurs femmes une concession perpétuelle en leur nom. Dix ans après le premier décès, le terrain payé par la Société devient la propriété de la famille qui peut en disposer à son gré. C’est cette Société qui, la première, accorda cet avantage à ses membres participants.
En 1873 (2) la Société ajouta encore à son œuvre en créant une caisse destinée à servir une pension
(1) Les frais d’inhumation comprenaient, en 1852 ; le droit municipal, la voiture de 7' classe, la pierre funéraire et une concession temporaire; ils comprennent aujourd’hui ; le droit rnunicipal et le droit consistorial, la voiture, la construction d un caveau pour deux places et l’achat d’une concession à peipétuité.
(2) Après la guerre franco-allemande , la Société voulut exclure les Allemands. L^affaire vint devant les tribunaux. La Société fut condamnée, le 31 décembre 1874, à restituer à chacun des demandeurs la somme de 30 fr. payée comme entrée dans la Société « dont ils ont été arbitrairement exclus », plus la moitié des versements effectués pour cotisations. — A la suite de cette affaire, la Société décida que nul, dorénavant, ne serait admis s’il n’était Français.
SOCIÉTÉS d'hommes
annuelle et viagère atout sociétaire ayant soixante ans révolus et trente années d’inscription sans interruption sur ses contrôles, ou encore à celui qui, après trente années de sociétariat, serait par suite d’infirmités dans l’impossibilité de travailler. Le maximum de la pension ne peut dépasser 600 fr. Cette caisse qui a commencé à fonctionner en 1882 sert aujourd’hui diverses pensions s’élevant à plus de 1,600 francs (1).
Si la place ne nous était mesurée, nous pourrions suivre les développements successifs de la Société dite des Enfants de Japhef et insister, en les détaillant, sur les avantages qu’elle accorde et le bien qu’elle fait. Quand on songe que, pour la première année de sa fondation, ses recettes se sont élevées à 1,300 francs et ses dépenses à 300 (2) , tandis qu en 1885 ses dépenses se sont élevées à plus de trente-sept mille francs (3), on peut mesurer le chemin qu’elle a parcouru, apprécier la faveur justifiée dont elle jouit, et les services incontestables qu’elle rend. Mais on jugera mieux encore de quelle utilité peut être dans la Communauté de Paris une telle Association si l’on considère que, depuis la fondation, elle a dépensé :
(1) Le service des pensions est effectué avec les intérêts des fonds placés jusqu’à épuisement des revenus.
(2) Pour la mutualité, 192 fr. 70 et pour la bienfaisance, 130 fr. 10.
(3) Cette somme comprend : 2,256 journées de maladie; près de 4,000 francs de médicaments; 18,000 francs environ pour le service des inhumations, et 2,006 francs pour œuvres de bienfaisance, etc,, etc.
(1) Pour 35,754 journées de maladie. Fr. 66.629
(2) Pour frais de médicaments . * 73.724
(3) Pour convois et inhumations . 152.979
Pour prières chez les sociétaires en deuil. 58 . 168 Pour secours en dehors de la Société. . . . 57.436
Ensemble . 408.936
« Les économies bien faites sont d’une bonne organisation, disait M. Franck en 1879; mais il faut que notre institution sorte des vieilles habitudes qui existent encore aujourd’hui dans de certaines Sociétés, et qui consistent le plas souvent à faire des économies sur les malades, les maladies ou leur durée... » Elle ne néglige rien, en résumé, de ce qui peut aider au soulagement de ses sociétaires, et elle continue même son appui au delà de la tombe puisqu’elle soutient avec les recettes de la Caisse de bienfaisance les veuves et les orphelins de ses membres participants.
Malgré ces généreuses tendances, l’avoir de la Société s’accrut progressivement : de plus de
(1) L’indemnité de maladie est de 2 francs par jour pendant le premier trimestre, et de un franc pendant les six mois suivants.
(2) Le service des médicaments est fait par huit pharmamaciens.— La Société a actuellement deux médecins, MM. d’Echerac et Hirtz. Elle eut le D' Brossard jusqu’à sa mort Elle lui a élevé un monument en reconnaissance des services rendus.
(3) Les frais de convois et d’inhumation sont répartis entre les sociétaires. Mais en raison de la somme considérable que ce chapitre avait atteint pour l’année 1884 et du supplément de cotisations dont il aurait fallu imposer les sociétaires, la Société a décidé de faire solder ce compte par le capital de l’.Vssociation.
Elle accorde une somme de 150 francs à la veuve ou aux orphelins d’un sociétaire décédé.
SOCIÉTÉS d’HOMMÊS
20,000 fr. en 1860, il dépassait 30,000 en 1865; il était d’environ 47,000 fr. en 1871 ; de plus de 61,000 en 1876 et de 72,000 environ en 1880. Il s’élève aujourd’hui à environ 90,000 fr. La Société compte huit cent soixante-six membres : sept cent cinquante-huit actifs et cent huit honoraires.
De tels résultats sont significatifs. Leur simple énonciation fait l’éloge et des sentiments fraternels de la Société qui y contribue et de celui qui, fondateur de la Société et inspirateur du but qu’elle devait poursuivre, l’a présidée depuis sa création. L’Association dite Les Enfants de Japhet ne pouvait mieux reconnaître d’aussi signalés services qu’en maintenant M. Franck à sa tête pendant trente-cinq ans sans interruption (1).
La Prévoyance Israélite dite La Terre
Promise.
Cette Société a un but spécial, basé sur la mutualité, mais qui consiste uniquement à garantir à ses membres une concession à perpétuité dans l’un des cimetières israélites de Paris (2).
(1) En 1874, la Société, en reconnaissance du dévouement qu’il a apporté dans l’exercice de ses fonctions, lui a offert un bronze d’art portant l’inscription suivante:- La Société des Efifants de Japhet à Moïse Fratich, président-fondateur en 1857. 23° année de reélection, 1874.
(2) L’idée de cette fondation appartient, parait-il, àM. G. Edinger, président de la Société des Enfants de Sion qui, pour 1 exécution, s’entoura du concours de plusieurs de ses coreligion-
Fondée le 1®^ septembre 1854, autorisée au mois d’octobre de la même année, elle fut constituée avec quarante-six membres. Elle n’avait alors aucun capital. Pour atteindre le but qu’elle poursuivait et réunir les ressources nécessaires, elle établit un droit d’admission fixé uniformément à 10 francs et une cotisation mensuelle qui variait suivant l’âge des sociétaires-. Mais l’expérience démontra rapidement l’insuffisance d’une cotisation fixe et, dès 1855; quatre décès ayant absorbé les ressources et placé la Société dans une situation précaire, il fut décidé que les sociétaires verseraient une contribution supplémentaire de 2 francs chaque fois qu’il se produirait un décès. Cette mesure n’étant pas encore satisfaisante, on inaugura, le 10 janvier 1857, le système en usage encore aujourd’hui, et qui consiste à répartir également entre tous les membres les frais résultant du décès de l’un d’eux. Toute cotisation régulière fut ainsi supprimée, et le concours des membres honoraires (1859) vint alléger les charges des membres participants (1).
La Terre promise qmI donc pour objet, à cette époque, d’assurer, moyennant cette répartition :
1° Une concession à perpétuité qui devait servir pour le sociétaire et sa femme ;
2^ Les frais d’enterrement, comprenant: la voi“
naires, tels que : MM. Franck, président de la Société dite le Enfants de Japhet, Itamar Cohen, Lion Lévy, qui fut président du Mont-Sinaï, Moïse Léon, Maurice Polack, qui présida les Amis de l’Humanité , et Rothschild, ferblantier.
(1) Il y en avait 18 en 1800, 120 en 1861. Il y en a 110 acuellement.
SOCIÉTÉS d’hommes
ture de 7^ classe, le droit municipal, le droit consistorial, la construction et la pierre tumulaire.
Nous ne croyons pas utile d’entrer dans les détails un peu arides des modifications qui furent successivement introduites dans les statuts relativement aux conditions d’admission, et qui avaient naturellement pour objet le développement delà Société et 1 intérêt des sociétaires.
Il suffira de savoir que La Terre pvoïïiise^ fondée uniquement a 1 origine dans le but d’assurer à un sociétaire une sépulture perpétuelle, admit successivement les vieillards sans famille (1856), les enfants 1^1857)), les Sociétés de secours mutuels (1859), les enfants depuis l’âge de trente et un jours (1860), et accorda (1873) des places siq^plémentaires dans les caveaux, à condition que ces places soient demandées par la famille pour un
de ses membres et que le prix en soit immédiatement payé.
En 1867, on avait proposé de créer une nouvelle section de grands caveaux à prix réduits (1); mais la proposition fut repoussée, « l’expérience ayant démontré que les chiffres demandés aux ayants droit resteraient au-dessous du prix réel de chaque place (2). »
(t) Voir à ce sujet la Société le Repos éternel.
(2) Les sociétaires sont divisés en trois sections, suivant la^e* Première secüon.-l^e 20 à 25 ans. Le droit d’admission esi de 15 francs. Pour les mineurs jusqu’à 18 ans, ce droit est de O rancs, quel que soit le nombre des enfants d’une même farnille inscrits à la fois.— Les mineurs, jusqu’à l’àgc de 7 ans
LTsodétTfl T particulier et perpétuel en leur nom!
T le terrain perpétuel et la pierre tumulaire.
Les frais accessoires restent à la charge de la famille.
Le noDibre des décès, depuis la fondation jusqu’au 31 décembre 1880, s’est élevé à 870, et le nombre des terrains acquis à 504. L’acquisition du terrain et la construction de ces caveaux ont seuls coûté à la Société plus de cinq cent mille francs.
Ce chiffre prouve éloquemment l’utilité de cette œuvre ([Ui, comme l’a dit excellemment M. Ad. Franck, de l’Institut, dans sa lettre
^ Deuxième section, — Au-dessus de 20 ans, le droit d'admission de 15 francs comprend Je mari et la femme. Les sociétaires sont assujettis à un droit de répartition à part égale des frais résultant du décès d’un memlDre de la Société. Le droit do erépartition est unique pour le mari et la femme.
Troisième section. — La Société admet au-dessus de 50 ans et sans limites tous les israélites ayant un fils ou une fille majeure faisant partie de la Société : de 50 à 60 ans (pour le mari et la femme ou l’un deux seulement) le droit d’admission est fixé à 50 francs; à 60 ans et au-dessus 100 francs. Ces sociétaires sont assujettis à la répartition.
Cette répartition varie naturellement suivant le nombre des décès, et est d autant moindre que le nombre des membres est plus grand. *
Voici les sommes que les membres eurent annuellement à
payer à compter de
La Société avait.
à sa fondation, 46
membres ;
en 1859
et 509 femmes; en 1860, 120 honoraires, 579 actifs, 114 mineurs, 12 sociétaires non cotisables et 606 dames; en 1867, 160 mem.bres honoraires: 955 actifs; 488 mineurs et 780 femmes sociétaires. LnJ873, 846 sociétaires actifs. Ln 1880, 2326 mclnbresr @n 1884, 2337 (110 honoraires; 840 hommes; 777 femmes; 610 mineurs) > au 31 décembre 1885, on compte 2264 membres.
SOCIÉTÉS d’hommes
d’adhésion à la Société, « consacre ce respect inviolable de la tombe et cette égalité devant la mort qui, dans tous les temps, ont constitué un des plus louables et des plus énergiques éléments de la foi de nos pères. »
M. Jules Lion qui, après MM. Itamar Cohen (1854) et M. Franck (1855) fut appelé à la tête de la Société qu’il présidait depuis 1857, .s’y est dévoué avec un zèle auquel on rend généralement hommage. Il a obtenu pour elle l’approbation du gouvernement en 1864, et il a reçu en 1873 une médaille d’or. Grâce à son action, la Société est arrivée aujourd’hui à un degré de développement (1) qui en assure la stabilité et dont il pouvait justement être fier (2). M. Prosper Lunel a été appelé à lui succéder (3).
Les Israélites Polonais
üu plus exactement Société des Israélites polonaU de la loi rahbinique. Elle fut fondée en octobre 1856, autorisée le 17 décembre de la même année et enregistrée sous le n° 382. Elle comptait quarante membres à sa fondation.
Elle a pour objet d’accorder, moyennant un
(J) La Société a un avoir de 46,000 francs environ.
(2) Il est mort, le 2 avril 1886, laissant d’unanimes regrets,
(3) Assemblée générale du 9 mai 1886. — M. Millaud a été nommé vipe-président; M. de Castro, trésorier, etM. Prosper Coehn, secrétaire.
droit d admission ot une cotisation mensuelle (1), des secours à ses membres plus spécialement choisis, comme son titre Tindicfue, parmi les Israélites d’origine polonaise. En cas de maladie, le sociétaire a droit à deux francs par jour pendant trois mois et un franc pendant le trimestre suivant. En cas de non guérison, le malade reçoit alors une pension. Le chiffre des pensions est subordonné à l’état des ressources de la Société
Jusqu en 1873, elle accordait un secours de cent francs à la veuve ou aux orphelins d’un sociétaire. A compter de cette époque, et en remplacement de ce secours, la Société assure la sépulture à ses membres; elle fait l’acquisition d’une case dans un caveau de la Société dite Le Repos éternel,
La somme que cet achat représente est prélevée au moyen d’une cotisation d’un franc par sociétaire. La Société fournit le complément, s il est besoin.
Enfin, tout sociétaire ayant fait partie de l’Association pendant vingt-cinq ans est exempt de cotisations.
La Société a actuellement soixante-deux membres.
Elle a été successivement présidée par MM. Fabien Stern (1856) ; Cerf Mayer (1857) ; Rossmann 1858); Moïse Mayer (1861); Léon Novaohelski (1860); Philippe Gribinski (1874); Moïse Borowski
(1) La cotisation est de 1 fr. 50 yion est fixé à 10, 20 ou 30 francs.
par mois et le droit d’admissuivant l’ége, de 21 à 50 aiii.
SOCIÉTÉS d’hommes
(1875); Léon Novachelski (1879); Salomon Béron (1882); et, de nouveau, Léon Novachelski (1885).
La Société a un Oratoire situé rue Saint-Paul, n" 5, depuis 1875 (1).
Les Enfants de Sem
Fondée en 1858 et autorisée le 9 avril de la même année sous le n° 397, cette Société a pour
hut (2) : , . 1 -
1° D’accorder les secours du médecin et les médicaments aux sociétaires malades;
2° De leur donner une indemnité pendant la durée de leur maladie. Ges secours peuvent être continués pendant un an si les ressources de la
Société le permettent; ^
3° D’accorder également 1 assistance religieuse
et pécuniaire en cas de deuil — et à la condition que le sociétaire observe rigoureusement la semaine de « réclusion » ;
4° D’allouer des secours spéciaux à ses sociétaires âgés ou infirmes. Tout sociétaire ayant soixante-quinze ans d’âge et vingt-cinq années de sociétariat a droit — mais seulement si la situation pécuniaire de la Société l’autorise — à une pension
(1) En 1861, ü était établi 4, rue des Pvosiers; de 1865 à 1875,
il fut nassasre Sainte-Croix, n 1. , i , -i.
(2) La cotisation mensuelle est de 2 francs et le droit dadmissimi de 12, 15, 20, 25, 30 et 40 francs, suivant l ége, de 20
à 50 ans.
SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS lH
viagère dont le maximum est fixe à 180 francs par an ;
5® De donner à la veuve ou aux enfants mineurs du sociétaire décédé une indemnité de 100 francs et de subvenir aux frais de convoi et d’inhumation moyennant une cotisation supplémentaire d’un franc prélevée sur chaque membre.
La Société, qui fut fondée avec quinze membres, en compté aujourd’hui quarante-trois. Elle en avait trente-neuf en 1862 et cinquante-sept en 1866 (1). Cette époque paraît avoir été la plus brillante de son existence. En effet, son avoir, peu considérable, n’atteint pas 2,000 francs. Elle n’a pas de membres honoraires, bien que le règlement en prévoie l’admission.
Elle a compté cinq présidents depuis sa fondation : MM. Constant Cahn (1858); Jacques Mayer (1866) ; Isaac Lévy (1870) ; Mayer fils (1873), et Léon Mayer (1879). Le bureau est composé d’un viceprésident, d’un trésorier et de quatre délégués (2).
Les règlements ont été modifiés en 1865, 1874 (3) et 1882.
La Société a un Oratoire situé rue Saint-Louisen-l’Ile, 44 (4).
(1) Voici comment se répartissaient les états de. ces 67 membres : 33 marchands; 3 négociants; 8 employés; 1 cordonnier; 1 photographe; 1 dentiste; 4 pédicures; 1 opticien; 3 rentiers; 1 restaurateur; l boucher.
(2) Ce sont : MM. Rosenwald, vice-président; S. Harscher, trésorier; Isaac Blum, Marcus Blum, Lehmann Binder et Simon Stern, délégués.
(3) I.e règlement de 1874 portait cette clause curieuse .'«l’iin des deux vice-présidents doit savoir lire et écrire. »
(4) Il y était établi déjà en 1861.
SOCIÉTÉS d’hommes
La Vérité Israélite
Cette Société a été fondée le 17 février 1862 et constituée par autorisation ministérielle le 6 mai de la même année. Elle a été enregistrée sous le n° 445. Elle avait, à son origine, quarante-deux membres (1) et soixante-deux en 1875. Elle en a actuellement cent trente-huit, dont un honoraire.
Le but de La Vérité israélite est de soulager les pauvres et de procurer particulièrement à ses membres des secours en cas de maladie (2), de vieillesse ou d’infirmités, — l’assistance religieuse et un concours pécuniaire en cas de deuil. Elle s’engageait primitivement à faire poser, dans les trois mois qui suivaient le décès de l’un de ses membres, une pierre mortuaire et son entourage; cette disposition statutaire a été abrogée par la suite. La veuve d’un sociétaire ou ses enfants mineurs ont droit à une indemnité de 50 francs, plus un franc par sociétaire; enfin, lorsqu’un membre a atteint soixante-dix ans, il est exempté de la cotisation mensuelle et des « corvées ».
Tout candidat fait une année de noviciat pendant laquelle il n’a droit ni aux secours pécu-
(1) Les professions qu’ils exerçaient se répartissaient ainsi : 1 pâtissier; 3 bijoutiers; 7 négociants; 12 marchands; 1 crémier; 5 fabricants; 1 confectionneur; 5 employés; 2 lampistes; 1 dessinateur; 1 instituteur; 1 marchand de biens; 1 cordonnier; 1 sacrificateur.
(2) L’indemnité de maladie est de 2 francs par jour pendant six mois.
niaires^ ni aux médicaments. Il jouit seulement des droits religieux, de garde-malade et de médecin.
Les recettes de la Société s’élèvent à environ 4,000 francs (1) par an et ses dépenses à plus de 3,000. Dans ces dépenses sont compris les dons faits à des œuvres charitables, et particulièrement à rilôpital israélite, à la Société Le Repos éternely à la Maison de retraite des vieillards et à des œuvres étrangères.
L’avoir de la Société était, au 31 décembre 1884, d’environ 13,000 francs.
La Vérité a été présidée à sa création par M. Léon Becker, et depuis par MM. L. Haarscher (1863) et Salomon Lévy (1875), qui la dirige encore (2).
Le Lien d^Israël
La Société de secours mutuels et de bienfaisance du Lien d'Israël se compose exclusivement de jeunes gens israélites. Elle a fixé le nombre de ses membres à deux cents. Organisée par treize membres fondateurs, elle compte actuellement trente-
(1) La cotisation mensuelle est de 2 francs par mois, et le droit d’admission de 10, 20 ou 30 francs, suivant l’âge, de 21 à 50 ans.
(2) Le bureau est composé d’un vice-président, M. V. Houry; d’un trésorier, M. B. Lévy; d’un secrétaire, M. Louis Weyli et de six membres.
La Société avait, en 1865, un oratoire situé rue du Plâtre- St-Avoye, n® 5. Il n’existe plus depuis 1870.
SOCIÉTÉS d’hommes
six sociétaires. Elle n’admet pas de membres honoraires. Constituée en 1862, elle a été autorisée par arrêté préfectoral du 27 août de la même année, sous le n® 447.
Elle a pour but, moyennant une cotisation mensuelle de 1 fr. 50 et un droit d’admission fixé uniformément à 12 francs : de donner à ses membres les secours habituels en argent, en cas de maladie et de deuil, et de fournir aux malades nécessiteux le linge nécessaire; 2° de leur offrir l’assistance religieuse; et 3“ de leur assurer une pension en rapport avec les ressources de la Société. — Elle se charge également de l’inhumation de chacun de ses membres (1).
Les frais résultant des décès, inhumations et prières de deuil, sont répartis sur tous les membres de la Société (2).
Le Lien d'Israël possède un capital d’environ 6,000 francs.
Fondée sous la présidence de M. Isaïe Netter, la Société a été successivement dirigée par MM. Moïse Schwab (1863); Michel Lazard (1864) ; Sylvain Lévy (1867) ; Jacob Lévy (1868) ; et Mayer Schwab (1880), actuellement encore en fonctions.
(1) Ces frais comprennent: le droit municipal, la voiture de 7e classe, la bière et le linceul, la pierre funéraire et la concession à perpétuité d’une case dans un caveau de la Société le Repos éternel.
(2) La Société alloue à la veuve ou aux enfants mineurs d’un sociétaire une somme de cent francs.
La Jeunesse Israélite
Ce n’esl point une Société de secours mutuels, mais une association purement philanthropique. Fondée d’abord pour venir en aide aux enfants nécessiteux^ elle étendit bientôt son action sur tous les Israélites indigents, et élargissant encore le cercle de ses bienfaits, elle eut definitivement pour but « de distribuer des secours en nature et en argent aux personnes dans le besoin », sans distinction de culte. Tout jeune Israélite peut faire partie de la Société. Il suffisait autrefois qu’il eût plus de dix ans. La Société reçoit comme membres honoraires « les personnes de tous âges, sexes et cultes, soit qu’ils aient leur domicile dans Paris, soit dans toute autre ville ». Membres actifs et honoraires paient un droit d’admission de 5 fr. et une cotisation mensuelle de 1 franc.
Lci Jeunesse isruélite fut fondée en 1857. Elle obtint l’autorisation préfectorale le 14 décembre 1863. De cette date à l’année 1882 elle a distribué en secours de toute espèce une somme de o,o00fr. environ. Pour subvenir aux besoins des pauvres qui lui étaient signalés, elle eut recours, depuis 1862, à une loterie de bienfaisance dont le produit annuel, quoique fort variable, l’aida à soulager bien des infortunes. En approuvant les statuts de la Société en 1859, M. S. Ulmann, Grand-Rabbin de France, disait de cette œuvre quelle est «digne de jeunes Israélites qu’il est beau de voir chercher
SOCIÉTÉS d’hommes
dans l’exercice en commun de la charité un lien de fraternelle amitié, et une occasion de s’apprécier, de se stimuler et de s’encourager mutuellement à la réalisation d’idées utiles et sérieuses ».
La Société fondée avec dix membres en comptait vingt-huit en 1860, quatre-vingt-dix-sept en 1864, et deux cent cinq en 1867. Cette progression continue pouvait faire espérer qu’elle acquerrait un développement qui en assurerait la stabilité; mais à la suite d’incidents dont elle subit le contrecoup, elle fut si gravement atteinte dans son essor que rien ne put la relever : elle est en liquidation.
Parmi les présidents qui se sont attachés le plus cordialement à cette œuvre, il convient de citer : MM. Albert Millaud (1859) ; Léon Israël (1862- 1869); et Paul Hesse (1880), actuellement encore en fonctions. — M. S. Dettelbacher remplit depuis plus de quinze ans (1870) les fonctions de secrétaire.
L’Indivisible
Fondée le 6 janvier.1866, autorisée le 16 janvier de la même année sous le n° 490, cette Société comptait à sa création quarante membres. Elle en avait quarante-deux en 1873. Elle en a trente actuellement.
L'Indivisible a pour but de venir en aide à ses membres en cas de maladie ou de deuil. Le sociétaire malade reçoit les secours du médecin, les
médicaments, des gardes (s’il y a danger), une indemnité de 2 francs par jour pendant trois mois et'de 1 franc pendant le trimestre suivant. Outre l’assistance religieuse, il est alloué, en cas de deuil, une somme de 14 francs (1).
Les fonds de la Société se composent du droit d’admission fixé à 10, 15, 20 ou 25 francs de vingt à quarante-cinq ans et de la cotisation mensuelle (2 francs). Tout sociétaire fait un noviciat d’un an pendant lequel il n’a droit à aucun secours.
Les recettes pour l’année 1884 ont été de 619 fr., et les dépenses de 461 francs. Dans ce chiffre les indemnités de deuil sont comprises pour 103 fr., et les médicaments pour 50 francs environ. Elle avait à cette date un avoir de 554 francs.
La Société a été présidée de 1866 à 1872 par M. Léman (Marx), et depuis 1872 par M. Alphonse Weill.
Les Enfants de Daniel
Cette Association s’intitule véritablement : Société de bienfaisance et de secours mutuels israélite polonaise dite les Enfants de Daniel Polonais. Elle a été autorisée le 1®’’ septembre 1866 sous le no612. Ses opérations ont commencé le 25 octobre de la même année.
Elle a pour but d’assurer à ses membres l’assis-
(1) La Société avait primitivement un oratoire établi passage Sainte-Croix.
SOCIÉTÉS d’hommes
tance religieuse et pécuniaire en cas de maladie et; de deuil (1). Tout membre de l’Association, nécessiteux ou non, est tenu d’accepter les secours'de la Société.
En cas de maladie le sociétaire a droit :
1° Aux visites du médecin de la Société et aux médicaments ;
2*^ A 2 francs par jour pendant trois mois;
Aux gardes-malades, en cas d’urgence déclarée par le médecin.
Un convalescent a droit à la moitié des secours accordés aux malades.
En cas de deuil, la Société alloue 2 francs par jour pendant la semaine; et à la mort d’un sociétaire, un secours de 50 francs h sa veuve. A l’anniversaire de la mort d’un sociétaire, il est fait un service pour le repos de son âme.
Un sociétaire dans le besoin et qui fait connaître sa position au Président peut, « selon les circonstances », obtenir un secours. Ce secours est fixé par le bureau.
La Société a un avoir de 1,000 francs.
Elle a été présidée depuis sa fondation par MM. Lewinsky, Rossmann, Baumgarten père, Baumgarten fils et B. Ratzkowski.
L’oratoire des Enfants de Daniel est situé quai des Gélestins, n® 15, depuis 1877 (2).
(1) La cotisation mensuelle est fixée à 1 îr. 50 et le droit d’admission à 20 francs. — Tout candidat admis fait une année de noviciat, pendant laquelle il n’a droit à aucun secours pécuniaire.
(2) Il était en 1867 rue des Singes, 9, et en 1868 rue des Tournelles, 16; rue Beautreillis, 23, en 1875,
La Mission d’Israël
Fondée le 27 août 1867, cette Société a été autorisée le 1'^^' avril 1873 et enregistrée sous le n'^ 567. Elle fut, à cette époque, autorisée à établir un oratoire dans le quartier de la Villette (XIX° arrondissement) et à former une Société de bienfaisance et de secours religieux. L^oratoire est situé rue d’Allemagne n° 100 (1). Oratoire et Société sont dirigés depuis leur origine par M. J. Gahen, qui a su grouper autour de lui la population juive de ce
quartier. ,
Cette association a pour objet de venir en aige a ceux de ses membres que la maladie frappe ou que le deuil atteint. A la mort d’un sociétaire ou de la femme d’un sociétaire, une cotisation extraordinaire de 1 franc est prélevée sur chaque membre et le montant en est versé entre les mains de l’époux survivant ou des enfants mineurs. Les frais de convoi sont supportés par la Société.
Elle a en outre une caisse de bienfaisance alimentée par les troncs de l’oratoire et par ceux placés chez les personnes en deuil. Leur produit est distribué aux nécessiteux. Enfin elle contribue à plusieurs œuvres de la communauté.
Composée de cinquante-cinq membres à sa fondation, elle compte actuellement cinquante-quatre sociétaires titulaires et quatorze honoraires. Elle avait au janvier 1885 un avoir de 7,615 fr. 30.
(1) Il était en 1867 rue d'Allemagne, 67, et en 1379 au n” 73.
SOCIÉTÉS d’hommes
Le Repos Eternel
Œuvre de concessions perpétuelles aux cimetières
de Paris.
La suppression de la fosse commune éveilla de tout temps l’attention et Tintérêt de ceux qui s'occupaient des indigents dans la Communauté de Paris. La Société de prévoyance la Terre proniise (1) assurait bien la sépulture à ses membres, mais elle n’avait pas cru pouvoir accorder aux nécessiteux une réduction de la somme requise. Il y avait là une lacune à combler : elle fut signalée par M. Edinger, président de la Société dite les Enfants de Sion, et la Société le Repos éternel fut fondée pour donner une sépulture perpétuelle à ses membres titulaires, à ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter une concession ni de payer les cotisations des Sociétés ayant le même but. Elle fut créée en 1870 avec le concours de toutes les Associations de secours mutuels de Paris, et dirigée par une Commission composée de présidents de ces Sociétés.
Voici comment procéda l’OEuvre d\i Repos Éternel, dont la création, disait M. le Grand-Rabbin de France, en 1870, était « une de ces belles et religieuses idées qu’il est du devoir de chacun d’encourager, d’appuyer et de propager » : elle acheta à la Ville de Paris, au fur et à mesure des besoins.
(l) Voir cette Société, page 104.
des terrains qui furent convertis en caveaux, partagés en dix-huit ou vingt cases, selon que les terrains se prêtent à la division. Le prix de la concession d’une case fut fixé à 100 francs (1), payable par un versement de 5 francs au moment de la souscription, et le reste «quand l’adhérentpourra», soit par un versement mensuel de 1 franc, « soit dans un délai indéterminé ». Tout adhérent titulaire eut, moyennant ce titre de concession, droit a l’inhumation dans une des cases d’un caveau et à l’inscription de son nom sur la pierre tumulaire. La Société sollicita et accepta les membres honoraires, dont les contributions furent employées au profit des membres titulaires.
La fondation de cette OEuvre fut accueillie avec une extrême faveur dans la Communauté et le Comité de bienfaisance de Paris lui donna de précieux encouragements (2). Un grand nombre de Sociétés de secours mutuels y adhérèrent et achetèrent plusieurs titres de concessions, désireuses de faire profiter leurs participants des avantages offerts par le Repos Éternel.
(1) Depuis 1883, par suite de décisions municipales, la Société dut porter à 115 francs le prix d’une case pour les adultes, et à 80 francs pour un enfant au-dessous de sept ans.
(2) Le Comité de bienfaisance fit l’acquisition de six terrains, dont il fit don à la Société pour y faire inhumer ses membres adhérents.
Le Comité s’intéressa beaucoup au développement du « Repos Eternel », et parmi les membres qui s’attachèrent le plus spécialement à cette œuvre, il convient de citer M. Paul Oppenheini qui, rapporteur de la Commission chargée d’examiner dans quelle mesure le Comité pourrait prêter son concours au « Repos Eternel », se montra un des plus énergiques partisans de l’œuvre en formation.
SOCIÉTÉS d’hommes
Les nécessiteux à leur tour y adhérèrent bientôt en masse. Les neuf dixièmes d’entre eux, auxquels M. Henri Picart fit valoir les bienfaits d’une telle prévoyance, consentirent à consacrer 1 franc par mois sur les secours qui leur étaient accordés pour s’assurer une place perpétuelle lorsque la mort viendrait les frapper. La Caisse de mutualité, que M. Henri Picart avait fondée dès 1871 sous faction du Comité, fut rattachée en 1881 au Repos Étemel, qui réduisit alors à 6 francs la contribution des indigents et assura du même coup au mari et à la femme une double sépulture. En même temps, h la Maison de retraite de l’hôpital de Rothschild, hommes et femmes firent une caisse commune pour s’assurer à tous la sépulture dans les caveaux de la Société.
Seuls, dans les classes intermédiaires; ceux qui ne voulaient rien du Comité, qui gagnaient leur vie sans secours et sans soutien, et les pauvres honteux n’avaient pu encore faire acte d’adhésion. Il s’agissait de les amener à l’œuvre de sépulture perpétuelle. Pour y arriver on accorda à tous ceux qui s’adressaient à la Société des réductions en rapport avec leur situation, et le bureau décida en 1872 de consacrer à f avenir tous les fonds souscrits par les membres honoraires aux sépultures des diverses catégories d’individus que nous venons de mentionner.
C’est en 1872 aussi que la Société créa les concessions perpétuelles pour les enfants, moyennant une somme de 70 francs.
Du mois de janvier 1870 au 31 juillet 1877, le Repos Étemel avait fait sept cent quatre-vingt-treize
inhumations dans ses caveaux : l’œuvre était donc appréciée de tous; elle atteignait le but que les fondateurs s’étaient proposé, quand un incident faillit compromettre le résultat de tant d’efforts.
Une œuvre catholique s'était formée en 1878 sur le modèle du Repos Éternel^ mais tout en adoptant les principes essentiels de la Société israélilo, elle ajouta à l’inhumation un service religieux el ‘tes droits accessoires qui élevèrent d’une manière excessive le prix de chaque case. Le Conseil municipal, voyant là une œuvre de propagande et se fondant sur la loi du 23 prairial an XII en vertu de laquelle les concessions perpétuelles dans les cimetières ne peuvent être obtenues que pour des caveaux de famille, interdit toute concession de terrain à l’œüvre catholique et, par contre coup, à la Société le Repos Éternel. Malgré les plus actives démarches, le Conseil municipal refusa de revenir sur sa décision (1).
La Société, loin de se laisser abattre par ces graves circonstances, y puisa de nouvelles forces et un plus grand désir d’accomplir son œuvre « sociale et d’humanité, de charité et de bienfaisance », et elle la continua dans des conditions nouvelles qui n’en altérèrent pas l’idée morale primitive. — De 1870 à 1885, elle procéda dans ses caveaux à l’inhumation de deux mille cent quatrevingt-douze personnes. La période décennale de 1873 à 1883 avait donné mille septcent trois inhuma-
(1) Ces démarches furent faites par MM. Zadoc Kahn, Grand - Habbin de Paris; Gustave Dalsace, président de la Société « I.o Bienfaisante », et Benoît-Lévy, président de l’œuvre.
SOCIÉTÉS d’hOMMÉS
lions. Snr ce nombre, quatre cent soixante-six furent faites à prix réduits ; cent trente-deux gratuitement ; deux cent quatre-vingt-dix-neuf par les soins réunis du Repos éternel et du Comité de bienfaisance ; huit cent dix, soit un peu moins de la moitié, ont pu payer le prix du tarif (1).
Telle est l’œuvre dontM. Edinger fut le «promoteur » (2) et à laquelle M. Benoît Lévy, qui la présida pendant quatorze ans (1870-1884), se consacra avec une activité incessante, justement pénétré du but éminemment religieux et charitable qu’il se proposait d’atteindre. La maladie put seule ralentir sa surveillance, et la mort mettre un terme à son dévouement (3). Mais il avait organisé la Société de telle sorte que, même après sa mort, disait M. Henri Picart, « il semble être là encore, nous « conseiller, nous encourager... Le nom de Benoît « Lévy est attaché à celte œuvre plus qu’à toutes
(1) Dans une période de cinq ans, de 1881 à 1886, la Société a procédé à 846 inhumations, et sur ce nombre on a accordé la gratuité absolue ou des réductions plus ou moins fortes pour 425 d’entre elles.
(2) Extrait des procès-verbaux de la Société du « Repos Eternel ». — Séance du 23 janvier 1877. — «M. Edinger réclame « le titre de fondateur de la Société du « Repos éternel » , que « M. le président Renoît-Lévy s’est attribué II résulte d’une « discussion approfondie à ce sujet, à laquelle ont pris part « tous les membres du bureau, que M. Benoît-Lévy est en « effet fondateur de la Société du « Repos Eternel » , et que « ce titre ne peut lui être contesté. Toutefois il convient de « tenir compte à M. Edinger d’une partie de sa réclamation, et <( s’il n’a pas été le fondateur de la Société, il en a été l’inspi- « rateur ou, pour mieux dire, le promoteur. Les membres du «. bureau se plaisent unanimement à le reconnaître et lui en a donnent acte. »
(3) Il mourut le 24 janvier 1884.
« les autres qu’il a fondées ou soutenues, car c’est « surtout à celle-là qu’il a donné tout ce qu’il pou- « vait : son cœur, son temps, ses capacités. »
Son fils, M. Edmond-Benoît Lévy a été appelé à lui succéder, après une présidence intérimaire de M. Henri Picart. Les sentiments qui l’animent prouvent qu’il maintiendra cette œuvre au degré de prospérité (1) où le dévouement de son fondateur a su l’amener (2).
Société Hollandaise
Le but de cette Association est d’assister aux derniers moments ses sociétaires malades, « selon les vieux usages du rite judaïque ». Elle a été fondée en 1868. Elle se composait alors de participants besoigneux auxquels leur salaire trop minime ne permettait pas de contribuer pour une
(1) En 1871-72, la Société comptait quarante-sept membres honoraires; en 1873-74, quatre-vingt-dix; en 1874-75, cent seize; en 1876-77, cent trente-quatre; 174 en 1878-79; 183 en 1880-81; 187 en 1883-84, et 194 en 1884-85.
L’actif de la Société fut de 3,828 francs en 1872; ,de plus de 10,000 francs en 1874; de 13,439 francs en 1875; de 15,072 en 1877 ; de 21,000 francs environ en 1879; de 22,436 fr. en 1881, et de 16,128 francs en 1885.
Les terrains et cases disponibles ne sont pas compris dans l’actif de cette dernière année. Les cases et caveaux peuvent être évalués à une dizaine de mille francs.
(2) Le conseil d’administration est composé de MM. Edinger, vice-président; Coblence, trésorier; Auguste Picart, secrétaire; Eug. Caen, Alphonse Cahen, Gust. Dalsace, M. Franck, Kopenhague, Leder, Henri Picart et Alex. Simon.
SOCIÉTÉS d’hommes
large part à la Caisse commune. La Société décida qu^elle ne fonctionnerait qu’un an après sa fondation et commencerait sans délai à constituer un fonds de réserve moyennant une cotisation hebdomadaire de 15 centimes. — Autorisée le 23 juin 1870, elle cesse immédiatement de fonctionner, la guerre et la Commune dispersant ses membres.
Dès que la paix fut conclue et que la tranquillité commença à renaître, les sociétaires se groupèrent de nouveau. Grâce à leur économie et à leur discipline, ils formèrent un noyau d’adhérents capables de s’entr’aider. — La cotisation qui, durant deux années encore, avait été de 15 centimes par semaine, fut portée à 1 franc par mois, et un droit d’admission, fixé à 5 francs, fut perçu sur chaque nouveau membre.
Les femmes sont admises dans la Société ei paient une contribution mensuelle de 65 centimes.
En cas de maladie, chaque membre a droit à un garde-malade pendant deux jours et deux nuits aux frais de la Société. En cas de décès, il est alloué à la veuve d’un sociétaire ou à ses enfants mineurs une somme de 50 francs. La Société se charge des frais d’enterrement et elle donne une concession perpétuelle.
Elle accorde des secours exceptionnels aux veuves et aux orphelins pendant les jours de fêtes.
La Société hollandaise compte actuellement cent quatre-vingt-sept membres : soit vingt honoraires et cent soixante-sept actifs (81 hommes et 86 dames).
Les recettes s’élèvent de 2,800 à 3,000 francs par
an et les dépenses à 2,400 francs. - Elle a un avoir de 2,789 francs.
L’Association a. été successivement dirigée depuis sa fondation par MM. Bloch, Arbeid et A. B. Van Amerangen, président actuel.
Les Enfants d’Isaac
Cette Société, qui puise ses éléments dans la population israélite de la rive gauche, a été fondée en 1874. Son règlement a été adopté dans son Assemblée générale du 22 février et approuvé par le préfet de police le 28 mai 1874. Elle est enregistrée sous le n° 631.
On n’est admis dans la Société que de 21 ans à 50, et les droits d’admission ont été fixés à 5, 10 et 15 francs, suivant l’âge. Tout candidat est obligé à une année de noviciat, pendant laquelle il n’a droit qu’à l’assistance religieuse, aux gardes-malades et aux visites du médecin.
La Société accorde à ses malades une indemnité de maladie, les soins du médecin et les médicaments ; en cas de décès, une somme de cinquante francs à la veuve ou aux orphelins. Lorsqu’un membre atteint 70 ans et qu’il fait partie de la Société depuis vingt ans, il est dispensé de la cotisation mensuelle et exempt de corvées.
Les Enfants d’isaac étaient au nombre de trentequatre lors de la fondation ; ils sont actuellement
SOCIÉTÉS d’hommes
cinquante-trois titulaires. Ils ont un capital de 4,500 francs.
M. Salomon jeune en est le président depuis l'origine. M. Fleur, directeur de l’Ecole consistoriale Gustave de Rothschild, est secrétaire depuis la même époque.
Les Enfants de Gracovie
Fondée le R** août 1880, cette Société a été autorisée le 18 octobre de la même année, sous le n“ 232. Elle avait vingt-neuf membres à sa fondation (1); elle a aujourd’hui trente-huit titulaires et dix honoraires.
Elle a principalement pour but d’accorder des secours à ses membres en cas de maladie et une indemnité à la veuve ou aux enfants du sociétaire décédé. Ainsi que son titre l’indique, elle se recrute spécialement dans la colonie juive originaire de ces contrées extrêmes de l’Autriche.
Les recettes de la Société se composent : 1® du droit d’admission (5, 10 ou 20 francs de 20 à 50 ans); 2® de la cotisation mensuelle (deux francs); et 3°
(1) Ils exerçaient les états suivants : 2 professeurs de langues étrangères; 1 marchand de diamants et perles fines; 6 fourreurs, 1 courtier en marchandises; 1 tailleur; 1 placier en articles de Paris; 1 courtier en pierres fines; 1 marchand de rognures; 1 restaurateur; 1 placier en fournitures de bureau; 1 fabricant de casquettes; 1 étudiant; 1 ouvrier bijoutier ; 1 placier
en bijouterie; 6 marchands et colporteurs; 1 chapelier; 2 fabricants.
de la répartition des dépenses pour gardes-malades, frais funéraires, denier à la veuve.
Les Enfants de Cracovie ont un avoir de 2,672 francs. Ils sont présidés depuis la fondation par M. Salomon Kohn.
L’Union scolaire
C’est le 31 mai 1882 qu’il a été formé sous ce titre une association amicale entre tous les anciens élèves Israélites des Ecoles consistoriales et communales de Paris (1). Elle a commencé à fonctionner le 1'^’’ juillet 1882 et a été autorisée par arrêté en date du 29 août.
Conçue au sortir du cimetière où les anciens élèves portaient à un de leurs instituteurs, M. Trêves (2), un dernier tribut d’affection et de reconnaissance, l’association a pour but de constituer le patronage des élèves sortants par les élèves sortis, d’établir entre tous ses membres un centre commun de relations amicales, de venir en aide à ceux des anciens élèves des dites écoles qui seraient dans le besoin. Cette assistance peut s’é-
(1) Voir au sujet de ces écoles notre Histoire des Ecoles communales et consistoriales (Paris, Durlacher, 1884). ^
(2) La pensée de recueillir des souscriptions pour ériger un monument à M. Trêves, appartient, paraît-il, à M. Henri Strauss, secrétaire de la Société. C’est lui également qui eut l’idée de jeter les bases d’une association que M. Célestfn Lévy, un des vice-présidents actuels, projetait depuis longtemps de fonder.
i30 SOCIÉTÉS d’hommes
tendre aux parents, veuves et enfants d’anciens élèves.
Constituée avec cent vingt membres, elle compte actuellement deux cents sociétaires actifs, seize membres honoraires et trois membres perpétuels (1). Les recettes , composées des cotisations (2), des dons et des intérêts du capital, s’élèvent de 12 à 1,300 fr.; et les dépenses de 8 à 900. La Société possède un capital de 2,400 francs environ.
Ces ressources, minimes encore, augmenteront rapidement. Il est à désirer, en effet, que les élèves des Écoles contribuent à cette œuvre éminemment utile, sollicitent leur admission dans la Société et y viennent resserrer les liens d’amitié et de camaraderie qui se sont formés sur les bancs de l’école.
r Union scolaire, placée sous la présidence d’honneur du Grand-Rabbin de France et du Grand- Rabbin de Paris, est présidée depuis sa fondation par M. Edmond Aron (3).
(1) Les membres honoraires sont ceux qui, sans avoir fait partie des écoles, veulent contribuer à la prospérité de l’Association. Sont membres perpétuels ceux qui font un versement de cent francs.
(2) La cotisation est fixée à 6 francs par an, au minimum.
(?) La Société est dirigée par un comité composé des deux vice-présidents : MM. Henri Picart et Gélestin Lévy; d’un trésorier, M. Léopold; d’un trésorier-adjoint, M. Jules Heymann; d’un secrétaire, M. Henri Strauss; de deux secrétaires adjoints] MM. Léopold Lévy et Alexandre îless, et de treize membres.
L’Union Israélite
Fondée dans le dessein de « maintenir et forti- « fier les sentiments de charité parmi les membres « qui composent la communauté Israélite du Gros- « Caillou et d’unir les sociétaires par les liens de < la fraternité », cette Société, dénommée Société de bienfaisance de l’Union israélite, a plus particulièrement pour but de venir en aide aux indigents israélites, sans condition de sexe, d’âge ou de nationalité.
Gréée le 26 avril 1885, et par conséquent la dernière en date, elle est composée de membres actifs qui payent une cotisation de cinquante centimes par mois, et de membres honoraires qui contribuent à la prospérité de la Société, uniquement par leurs dons. La caisse de secours ne doit commencer à fonctionner que lorsque la Société pourra disposer d’un capital de mille francs. Les recettes s’élèvent actuellement à cinq cents francs environ.
En ce qui concerne la mutualité, la Société rend les honneurs suprêmes aux sociétaires en les convoquant tous au convoi d’un membre, en faisant réciter les prières pendant la semaine de deuil et en faisant célébrer annuellement à son oratoire un service religieux, en commémoration des sociétaires décédés.
132 SOCIÉTÉS d’hommes
L Union Israélite compte cinquante-quatre membres. Elle est présidée par M. Emmanuel Michel, et a pour secrétaire M. J. Schneider, directeur de EEcole consistoriale de l’Avenue de Ségur(l).
(1) Elle a pour vice-président, M. Alphonse Lévy; et pour trésorier, M. Isidore Franck.
LES
SOCIÉTÉS DE DAMES
LES
SOCIÉTÉS DE DAMÉS
La Maternité Israélite
Cette association^ la plus ancienne de toutes les Sociétés de dames, est plus que centenaire : elle date de 1784. Pendant de longues années, elle remplit sa mission de bienfaisance et de charité sans être liée par aucune règle. Pour remédier à cet état de choses, « sans nuire toutefois au but primitif de la fondation », elle décida en 1843 d’obtenir l’autorisation de l’administration compétente et de rédiger un règlement constitutif qui fixât les droits des sociétaires ainsi que ceux des directrices. « Depuis plus d’un demi-siècle, était-il dit au titre 1-, il existe une Société de bienfaisance fondée par les Dames Israélites de Paris. Cette institution philanthropique a constamment été composée des dames les plus honorables, alliées ou épouses de négociants, d’artistes, d’artisans ou d’employés. . . . L’ancienne Société se régénère dès aujourd’hni et prendra désormais pour titre : Société de la Maternité israélite de Paris, » Ses statuts furent élaborés le 26 juillet 1843, soumis au ministre qui les approuva le 11 décembre, et elle fut enregistrée sous le n® 4.
SOCIÉTÉS DE DAMES
La Société, avant cette époque, était présidée par Sauphar, rentière, demeurant rue du
Temple, n° 15 5 elle possédait un capital de 850 fr., (( placé chez M. Halphen , par 1 entremise de « M. Ennery, Grand-Rabbin », et le nombre des membres s’élevait à soixante-deux (1).
Toute dame israélite résidant à Paris put être admise à faire partie de la Société, pourvu qu’elle fût âgée de 21 ans au moins et de 50 ans au plus, qu’elle fût exempte de maladie chronique ou incurable, et qu elle pût justifier du consentement de son mari à son entrée dans la Société.
Le droit d’admission était fixé à vingt ou trente francs, suivant la situation de la récipiendaire. Ce droit n’est plus perçu aujourd’hui. Pour la fille (mais pour la fille aînée seule) d’une dame sociétaire, le minimum était abaissé à six francs. Elle devait toutefois, « comme sa mère, posséder toutes les vertus d’humanité. » La Société admit également des membres honoraires.
Lorsqu’en 1843 la Société se reconstitua, elle résolut de continuer, comme cela avait été pratiqué jusqu’à ce jour, « de se porter mutuellement des « secours en cas de maladies, vieillesse, infirmités «ou accidents. » Toute dame de l’Association, nécessiteuse ou non, était tenue d accepter les secours de maladie et de deuil. La cotisation annuelle était fixée à dix francs, « avec exemption
(1) Voici les professions qu’elles exerçaient ; 29 rentières; 7 marchandes à la toilette; 1 bouchère; 1 marchande de nouveautés; 16 négociantes; 1 marchande au Temple; 1 boulangère; 2 marchandes; 4 sans indication.
de tous services personnels. » Elle fut portée à 12 francs en 1867.
En 1865, la Société avait un actif d a peu près cinq mille francs. Ses recettes s’élevaient à 850 fr. environ et ses dépenses dépassaient 600 francs. Elle créa en 1867 une caisse de secours annuels pour la vieillesse. Elle comptait alors soixante-dix membres actives et une honoraire.
A cette époque, à la suite de la révision du règlement, la Société fut approuvée, et M*"® Gaffré, qui avait succédé à Sauphar, fut nommée présidente par décret en date du 20 février. Elle mourut en 1877 et fut remplacée le 9 octobre de la meme année par B. Haas jeune.
Malgré l’aclivité que déploie la présidente actuelle, l’Association, composée de dames heureuses de contribuer au soulagement d’infortunes, mais n’ayant nul besoin de secours, ne compte plus actuellement que trente-huit membres. Les recettes sont d’environ 500 francs par an, et les dépenses d’à peu près autant. La Société a un actif de 5,000 francs.
Les Dames Israélites de Paris
Les premiers documents que nous ayons de cette Société datent de 1826. Elle était alors présidée par la dame Hindché Bollwiller, et le comité d’administration était composé des dames Feilché Elsace, Gidchen Haltstadt, Edel Welignen et Reiché
SOCIÉTÉS DE DAMES
Franck. Il est admissible que cette Association faisait partie des trois ou quatre réunions do dames que le Consistoire avait laissé subsister en 1809.
Gomme le fit La Maternité israélite^ la Société de secours mutuels dite les Dames Israélites de Paris élabora son premier règlement en 1842. Il date du 14 décembre. Mais elle ne se mit pas en instance pour être autorisée.
Instituée « dans un but philanthropique, de piété et de charité», elle admet, moyennant un droit d’admission de 20 francs et une cotisation minima de 9fr. par an, toutes les dames Israélites résidant à Paris, âgées de moins de cinquante ans. En 1826 (le 9 janvier), elle fit un règlement spécial ayant pour objet de former, par un engagement volontaire, « un fonds commun à l’effet de garantir à chacun les prières usitées pour le repos de son âme, quand il plaira à Dieu d’en disposer. » L’engagement était de trente francs.
Les participantes seules ont droit aux secours accordés en cas de maladie (1), lors du décès (2) d’un parent en ligne directe, et à une garde de jour et de nuit pendant la maladie d’une enfant du sexe féminin non mariée, quel que soit son âge. Des gardes peuvent être également accordés à des « étrangers » malades.
La Sociélé, présidée depuis 1842 par veuve Martin, a toujours compté dans son sein des nota-
(1) Neuf francs par semaine durant les deux premiers mois de maladie; six francs durant les 3* et 4« mois et 3 francs pour le 5* mois,
(2) Neuf francs pour la semaine de deuil
bilités juivos. Ici baronno Jcnnos do Rothschild,
Douairière, en faisait partie. Isidor, Zadoc- Kahn, Heine, H. Fould, Coralie Gahen, David Brühl, Albert Gohn, üulry jeune, sont également membres de la Société.
Malgré la situation heureuse d’un grand nombre de dames, la Société s’acquitte largement de ses devoirs de mutualité, et, outre les droits attribués à toutes, vient en aide à quelques-unes par des secours particuliers, des pensions, etc. Elle exerce très libéralement aussi la bienfaisance, souscrit à des œuvres spéciales et emploie en aumônes les deux tiers de ses revenus. Ses dépenses sont d’environ cinq à six cents francs par an, et ses revenus d’un millier de francs en moyenne.
Ses membres, au nombre de cinquante-six en 1877, et de soixante-quatre en 1881, étaient soixante, quinze au D" janvier 1885. Le capital de la Société a suivi la même progression : de 4,000 francs en 1877, il s’est élevé à 4,600 et à 6,000 francs (avoir
actuel).
Les femmes d’Israël
Gette Société fait remonter la date de sa fondation à l’année 1826, Elle fut autorisée une première fois le 12 décembre 1853 et une seconde fois le 12 novembre 1868. Elle fut alors enregistrée sous le n® 347. Elle a pour but de venir en aide à celles de ses adhérentes que frappe le deuil ou la ma-
SOCIÉTÉS DÈ DAMES
ladie. Toute sociétaire malade reçoit un secours de 7 francs par semaine.
La Société, composée actuellement de quatrevingt-quatorze membres titulaires, admet également des membres honoraires : elles sont au nombre de seize.
Les membres honoraires payent, comme les membres actifs, une cotisation mensuelle de 1 fr. 25 ; mais ellessont dispensées du droit d’admission, fixé à 6, 12 et 18 francs, suivant Tâge (de vingt à cinquante ans). Les enfants des sociétaires ne payent que la moitié de ce droit. Une année de noviciat est imposée aux nouveaux membres.
La Société a un avoir de 2,900 francs.
Elle est présidée par Mme Hauser, qui est à la tête de la Société depuis 1864. Elle a succédé à rois présidentes, dont la première est restée i nconnue. La date de nomination de Mmes Joseph Cerf et Simon, qui ont suivi, est ignorée.
Les Dames Déborah
Fondée en 1840 et autorisée en 1850 sous le m 347, cette Société, qui comptait à sa création environ quarante membres, a pour objet d’accorder à ses sociétaires des secours en cas de deuil et de maladie. Les indemnités pécuniaires, les médicaments, les secours extraordinaires aux veuves, les soins du médecin, les indemnités pendant la semaine de deuil, les gardes-malades,
constituent les droits dont jouissent les sociétaires. Elle fait également des distributions aux pauvres et contribue à dés œuvres de charité.
Les recettes s’élèvent à environ 2,500 francs par an, et les dépenses à 2,000. Elle a un avoir qui s’élève à environ 4,000 francs.
La Société est présidée depuis 1860 par Mme Léop. Blum. Elle l’avait été précédemment par Mme Fribourg (1840) ; Mme Blum (1846) ; Mme Lévy (1852).
Les « Dames Déborah » sont au nombre de 160.
Esther et Rebecca
La Société de secours mutuels dite Esther et Rebecca en formait deux originairement : Tune était connue sous le nom de Dames d'Esther^ et l’autre de Dames de Rebecca. Instituées toutes deux dans le but de venir en aide à leurs membres en cas de besoin, elles accordaient plus particulièrement des indemnités de maladie et de deuil, et leurs sociétaires avaient pour devoirs de donner personnellement leurs soins aux malades, de veiller les morts et de s’acquitter des soins religieux qui suivent le décès.
Si, dans ces circonstances, les membres avaient droit au concours de la Société, elles devaient aussi, conformément à la tradiction juive, faire participer la Société à leurs joies : c’est ainsi que, lorsqu’une sociétaire était « de cérémonie », si par
SOCIÉTÉS DE DAMES
exemple elle était « marraine ou conduisait une mariée à la synagogue », elle devait verser une offrande de 1 franc.
La Société de « Rebecca » a été fondée en 1836, et celle d’ « Esther » existait en 1853. Le 26 juin 1867, elles demandèrent — et par arreté en date du 22 juillet elles furent autorisées — à fusionner. Elles eurent à se conformer aux statuts de l’ancienne Société de « Rebecca » et continuèrent à porter le n° 351 sous lequel elle était enregistrée.
La nouvelle Société eut donc pour objet d’accorder des secours pécuniaires à ses membres en cas de maladie et de deuil. Ces indemnités étaient primitivement réparties entre les sociétaires ; elles sont aujourd’hui payées par la caisse. La Société se charge également des frais funéraires. Elle accorde une pension à toute sociétaire ayant soixante-quinze ans d’âge et vingt-cinq ans de sociétariat. Il est vrai que ces pensions, dont le maximum est fixé à 100 francs, ne doivent être allouées qu autant que les ressources le permettront, et elles ne pourront jamais être prises que sur les intérêts du capital social : or, ce capital s’élève à 1,233 francs.
La Société avait 54 membres en 1867 et 65 en 1877. Elle en a aujourd’hui 75. Ses dépenses varient suivant les besoins des sociétaires : elles ont été de 1,200 francs en 1878 ; de 600 en 1881 ; de 1,100 3n 1882 et de 929 en 1885. Les recettes s’élèvent à un millier de francs environ.
La Société était présidée depuis sa fondation par Mme Fribourg, à qui a succédé, cette année, Mme B. Willard.
Les filles de Zorobabel
Fondée le 26 juin 1853, autorisée le 12 décembre de la même année et enregistrée sous le n® 353, celte Société, composée de dames israélites de Paris, fut approuvée le 1®*’ Juin 1880.
Elle eut pour unique but, à l’origine, de donner à ses membres des secours en cas do maladie et de deuil, mais, par suite du développement qu’elle prit, et grâce à la direction qu’elle reçut de MM. Joseph Picard (1853-1867), Alexandre Simon (1867- 1878) et Jules Lion (depuis 1878) (1)^ elle étendit notablement les avantages de la mutualité. C’est ainsi qu'elle a actuellement pour but :
1° De donner les soins du médecin et les médicaments ;
2® D’accorder une indemnité pendant la durée de la maladie (2);
S'^De payer une indemnité de deuil (3);
4° De donner, au moyen d’une cotisation spéciale (4) une indemnité en cas de décès du mari ;
50 D’accorder les frais funéraires — par leur répartition à somme égale sur toutes les sociétaires.
(1) M. Alfred Lévy a été nommé président le 24 juin 1886, en remplacement de M. Jules l.ion, décédé.
(2) Pendant les trois premiers mois, 1 fr. 50 par o ur; Ofr.75 pour le semestre qui suit, et après ce délai, une ndemnité mensuelle de 10 à 20 fr., suivant les ressources de la Société.
(3) 1 fr. 50 pour chaque jour de deuil observe.
(4) 1 franc par membre.
SOCIÉTÉS DE DAMES
A ces avantages, importants déjà, la Société en ajouta un nouveau qui devait la recommander spécialement à l’attention de ceux qui cherchent dans la mutualité des sécurités contre les éventualités de l’avenir. Elle institua en 1879 uneC^ç/sse de dotation au profit des filles de sociétaires et^ des jeunes filles admises comme sociétaires actives. La première dot fut délivrée en 1881, époque à laquelle le capital atteignit la somme de 1,000 francs. La délivrance de la dot a lieu sur la présentation de l’acte de mariage. En cas de célibat, la dot est remise à l’ayant droit à trente-cinq ans révolus.
La Société se compose de membres honoraires et de membres participants : elle avait trente sociétaires à sa fondation; elle compte actuellement : cent vingt -trois membres actifs, cent trente membres honoraires et trente enfants. Les enfants, à partir de fâge de dix ans, furent admis depuis 1880. Ils paient la moitié des cotisations ; ils jouissent des soins du médecin et des médicaments. En aucun cas, il ne leur est payé d’indemnité en argent.
Les dépenses de la Société s’élèvent annuellement à 2,500 francs et les revenus à 2,600 francs. Le mouvement du capital depuis 1877 indique bien le développement qu’a pris la Société : de 4,589 francs au 31 décembre de cette année , il dépassait 10,000 francs en 1880, 14,000 en 1883 et 16,000 en
Les dames de Jérusalem
La Société a pour objet d’accorder à ses sociétaires des secours en cas de maladie et de deuil. Fondée en 1848, elle fut autorisée dans le courant delà même année. Constituée avec trente membres elle en compte actuellement cent quatre-vingls, soit cent soixante-deux titulaires et dix-huit honoraires.
Elle est présidée depuis sa fondation par Mme Dinah Lévy; et en même temps elle eut successivement pour directeurs MM. Rothschild, qui fut président de la Société de Jérusalem (hommes) ; Lion Lévy, du Mont-Sinaïy et Benoît Lévy, du Repos Eternel,
Les Filles de Jacob
C’est le 18 juillet 1864 que cette Société fut fondée par 33 dames de sociétaires appartenant à l’association des « Enfants de Jacob ». Elle fut autorisée le 18 mai 1865.
Elle a pour but, moyennant une cotisation de 1 fr. 25 par mois, et un droit d’admission de 5, 10,. 15 ou 20 francs, suivant Tage (de quinze à cinquante ans), d’accorder à ses sociétaires des secours et des indemnités de maladie et de deuil. Lorsqu’une sociétaire atteint l’âge de soixante-dix ans, et qu’elle fait partie de la Société depuis plus de vingt ans, elle est exempte de toutes cotisations et de toutes corvées.
La Société compte actuellement soixante-dix-sept
146 SOCIÉTÉS DE DAMES'
membres ; ses dépenses sont d’environ 800 francs par an et ses recettes de 1,200 francs. Elle a un avoir qui s’élève à 2,000 francs en chiffres ronds.
Elle est présidée depuis sa fondation par Augustine Gohn; et M. Léon Leder, qui en est le fondateur, est le président d’honneur de cette association.
Union des Dames israélites
Constituée en 1885, en même temps et sur le même modèle que la Société X Union Israélite, composée d’hommes, cette association a particulièrement pour objet de venir en aide aux indigents israélites.
Au décès d’une sociétaire, la Société entière est convoquée. Une députation officielle du quart des membres inscrits est désignée à tour de rôle pour accompagner le convoi de la maison mortuaire au cimetière.
Les recettes de la Société se sont élevées à ce jour à 348 fr. 50. Il y a soixante -et-onze dames sociétaires.
Alphonse Lévy a été élue présidente, et Schneider, directrice de l’école consistoriale de l’avenue de Ségur, en est la dame secrétaire.
SOCIÉTÉS DISPARUES
Sociétés d’hommes
Amis de Vordre. — Cette Société prétendait exister depuis vingt ans lorsqu’elle demanda,, en i835, l’autorisation du Préfet de police. Elle aurait donc été fondée vers i8i5. Elle avait pour but « des actes de bienfaisance et les pratiques religieuses ». Elle était présidée en i835 par MM. Hoffmman et Simon. Elle ne figure pas sur les états de la préfecture en i838.
Anciens élèves de V Ecole de travail de Strasbourg.
— Formée en 1867 par les anciens élèves des Ecoles de travail de Strasbourg et de Mulhouse pour venir en aide auxélèves qui viennentchercher du travail à Paris. N’existe plus depuis 1882. Elle a été présidée par MM. Henry Aron (1867-1874) ; J. Berr (1874-1877) , et Léon Mayer (1877-1882).
Assistance mutuelle des Israélites ou Renaissance,
— Autorisée le i3 février i83o sous le n° 254. D’après une lettre écriteau Consistoire en 1887, la Société prétendait exister depuis dix ans, soit 1828. Son règlement date du 5 janvier i838. Elle comptait à cette époque 39 membres : M. Isaac Dukas, président. Lieu de réunion, 5, rue de Braque. Le Trêves, médecin de la Société. Secours alloués : indemnité en cas de maladie; pension en cas d’infirmité;
SOCIÉTÉS DISPARUES
assistance religieuse et pécuniaire au décès d’un membre; indemnité à la veuve; secours extraordinaires en cas de besoin. M. Jules Gafîré, président en iSJp. — i6 membres en i85i. La Société n’existe plus depuis i858.
Association philanthropique. — Pour procurer gratuitement aux indigents israélites les papiers nécessaires pour contracter mariage. MM. L. Blum et Charles Benjamin, directeurs. — Fondée et disparue en 1862-1863.
Bienfaits mutuels ou Bourse Israélite de secours et de bienfaits mutuels, n° 200. •— Autorisée le 9 septembre 1823. Lieu de réunion,. rue St-Merry, no 41. M.M. Seligmann, président. La Société demanda à l’administration, en 1824, l’autorisation de faire célébrer dans le temple un service funèbre pour® le repos de l’àme de feu S, M. Louis XVI II. »'*— L administration refusa, particulièrement parce que cette Société avait été formée sans l’assentiment du Consistoire, comme « vingt autres Sociétés de cette nature » existant à Paris.
Caisse centrale des Sociétés, — Fondée en 1862 dans le but de donner des secours aux membres des Sociétés après six mois de maladie. M. Benoît Lévy en fut président de i863 à 1870, Elle fut dirigée à cette époque par M. Léon Lévy. Dissoute, la même année.
Caisse des prêts mutuels (i). — Organisée en i863 dans le but de faire des prêts aux adhérents de cette So-
(i) Voir, au sujet des Sociétés de prêts, notre Histoire du Comité de bienfaisance.
ciété. Eux seuls y avaient droit. La cotisation annuelle était fixée à cinq francs. On admettait les membres honoraires. Disparue en 1866. MM. Jules Lion, président, et Léon Lévy, trésorier.
Dou\e Tribus. — Cette Société, fondée le 17 avril 1861, a eu pour but d’assurer à ses membres des secours mutuels en cas de maladie, infirmités, vieillesse, et de faire en commun des actes de bienfaisance. Elle était composée d’israélites des XI et XV® arrondissements de Paris. Elle eut pour fondateur et président M. Léon Coblence, et pour vice-président, M. Itamar Cohen. Elle comptait à cette époque 35 membres. M. Léon Coblence mourut avant la complète organisation de cette Société.
Enfants de David ou du roi David. — Elle figurait, en 18 39, sous le n® 32, parmi les vingt Sociétés dont la liste fut communiquée au Consistoire par la préfecture. Elle comptait alors 24 membres et était présidée par M. Louis Lévy, rue des Blancs-Manteaux, i3. — Elle portait le n® 216 en 1841, et elle avait 34 membres. — Elle fut autorisée par arrêté en date du 6 juin 1854 et enregistrée sous le n° SSy* Elle avait pour but de donner des secours aux sociétaires malades et Lassistance religieuse en cas de décès* M. Elie Lévy, président, en 1867; M. Marc Halff, (i863-i865) ; M. Godchaux depuis 1866. — Dissoute en 1878.
Enfants d’Enoch. — N® 574. Etait une association polonaise. Fondée le 24 mars 1875, elle s’est dissoute le 8 janvier 1881 .
SOCIÉTÉS DISPARUES
T^yisôi^tîBfyicftis de la loi fyioscCi^iio. Pondcc en 1845. Président, M. Wolff Hirsch. — A disparu avant i852.
Fï'citBY'Tiité isruélitc, — Fondée en 1868 par un groupe de jeunes gens, presque tous anciens élèves des écoles Israélites de Paris. Elle comptait plus de cent adhérents en 1869. Enregistrée sous le n» 5g3. Président, M. Ad. May. Dissoute en 1871.
Indivisible. — Enregistrée sous le n® 490. Fondée en i856. Présidée, jusqu’en 1873, par M. Lehmann, et par M. Weill jusqu’en 1879 où elle disparut.
Jeunesse Israélite de Met\. — Ayant eu Société correspondante à Paris. N’a existé que quelques années. Disparue vers 1854. Dirigée par M. Witlich.
Lien d'Israël. — Un annuaire israélite (i) mentionne aux années 1863-64 st i864“65 une Société de ce nom qui avait pour président M. Coblence (de Vaugirard). Elle ne figure pas aux années suivantes. Une autre Société était déjà en possession de ce titre distinctif (2).
Mont Moria, n" 3o. — Fondée en i838, autorisée en 1839. A cette date, 20 membres. Lieu de réunion rue Cloche-Perche, n® 1 1 . Président, M. Rosenheck- Dissoute en 1840.
Œuvre israélite de travail et de placement, Fondée au mois de février 1881 pour venir en aide à un nombre restreint de travailleurs, cette œuvre
(1) Calendrier à Fusage des Israélites pour l’année 6624 (1863-64). — (L. Blum, éditeur, Paris).
(2) Voir page il3.
répondait à un besoin si justement reconnu qu’elle fut obligée, à ses débuts et malgré ses prétentions modestes, de faire face à un nombre considérable de demandes.
L’Œuvre fut organisée sur l’initiative de M. le Rabbin Raphaël Lévy qui, conduit par ses fonctions d’ Aumônier des prisons et hôpitaux à rechercher la cause qui fait échouer dans ces maisons un trop grand nombre d'’Israélites, a été amené à l’attribuer particulièrement au manque de travail.
Malgré de précieux encouragements et malgré l’actif dévouement de M. le Rabbin R. Lévy, l’Œuvre, débordée par Timmigration des Juifs russes, dut cesser de fonctionner au mois de mars 1884.
Dans l’espace de trois années, le comité de l’Œuvre eut à s’occuper de 864 individus. Sur ce nombre 40 ont été rapatriés; 21 ont obtenu des secours importants et font du commerce à leur compte; et 299 ont trouvé du travail grâce aux recommandations du comité.
Le comité de direction, présidé par M. le rabbin R. Lévy, était composé de dix membres : MM. F. Meyer, ingénieur; Winter et Bénédic, négociants; Julien Hayem et Stanislas Leven, manufacturiers; Henri Lyon, avocat; A. Michel- Lévy, ingénieur des mines; Joseph Reinach, avocat; et D’’ Strauss, médecin en chef de l’hôpital Tenon.
Paix îsraélite de Paris. — Fondée en 1839, autorisée le 25 janvier 1841 sous le n° 227. Avait alors 44 membres. Elle se réunissait en assemblées de prières. En 1843-1844, M. Simon Mayer, président,
SOCIÉTÉS DISPARUES
rue Geoffroy- Lange vin, 19 ; en 1854, M. Rothschild. La Société a disparu en 1854-1 855.
Patriarches Israélites de Paris^ n° 52. — A été fondée le 22 décembre 1819. Figure sur la liste des Sociétés transmise par la préfecture en 1839, sous le n” 23. Elle comptait 29 sociétaires à cette date. Présidents : MM. Isaac Lévy et Bloc. Lieu de réunion : rue Simon-le-Franc, 17. Enregistrée en 1843 sous le n® 218; Kalmann Hirsch, président ; 28 membres. En 1845, Berman Wiener^ président, 32 membres. En i85i, Simon Hayem, président; 48 sociétaires. En i853, Schayermann. La Société n’existe plus depuis 1854.
Philanthropique israélite. — Règlement manuscrit sans date. Elle avait pour but : i® de secourir, par la mutualité, ses membres dans tous les cas de détresse; 2° de soulager les Israélites malheureux qui seraient reconnus dignes, tant par des secours pécuniaires que par des secouis religieux ou des « conseils salutaires », destinésàleur procurer le moyen d’améliorer leur position. Projet élaboré par M. Itamar Cohen.
Philanthropique de secours inutuels et de bienfaisance. — Cette Société soumit con règlement au Consistoire en décembre 1837. Elle paraît avoir été une émanation des Patriarches Israélites^ car parmi les treize membres fondateurs, il y en a trois ou quatre qui appartenaient à cette Société. Elle avait pour objet l’assistance mutuelle « et dans tous les genres », en faveur des malades, des veuves et des orphelins.
Providence. — Existait en 1840.
Réunion de la Religion. — Existait en 1849.
Société de secours aux Israélites malades et agonisants. — Fondée en 1870, n® 601.
Société des observateurs du Sabbath. — Fondée en
1866, cette Société avait pour objet de « soutenir, « aider, employer les jeunes gens qui désiraient rester < fidèles à la foi de leurs pères, et faire en sorte que « ceux qui voulaient se placer à Paris dans des mai- « sons de commerce pussent observer la loi du samedi « et remplir leurs devoirs religieux ». MM. Bernard Merzbach, Fédermann, Prosper Cohen et Braun, furent à la tête de cette association qu’ils placèrent sous le patronage de M. Isidor, Grand-Rabbin de Paris. En
1867, elle comptait 60 membres fondateurs et était en instance pour être autorisée. Elle disparut en 1869.
Syndicat des Présidents de Sociétés. — Institué, — comme son titre l’indique, — dans le but de surveiller les intérêts généraux des Sociétés mutuelles Israélites. M, Benoît Lévy en fut le président. Fondé en 1870, le Syndicat disparut la même année.
Union et Humanité. — Existait encore en i853.
Union alsacienne. — Autorisée le 7 juin 1873, sous le n® 61 3.
Sociétés de Dames.
Bonne union des Dames israélites. — Fondée en i838 sous le n® 162. Mme îvfayer, présidente en i863 jusqu’en 1878, où la Société fut dissoute.
SOCIÉTÉS DISPARUES
Dames de Rachel. — Autorisée le 12 décembre 1 85 3. A fusionné avec la Société dite dts Filles de Zorohabel en 1879. — Elle portait originairement le n° 35o, A eu successivement pour présidentes : Mmes Fribourg (i863-i865); Charles Lévy (i865- 1866); et Bénédic ([867-1879).
Dames de Dinah. — N’existe plus depuis 1866.
Femmes Israélites de Sarah. — A été fondée en 1834 sous le n° i36. A disparu vers i865. Elle a eu pour présidentes Mmes Fray (1863-1864); et Picard (1864-1865).
Mères de la Charité. — Existait en 1854. Disparue vers i865. Mme Simon, présidente.
Société dite d’Eve. — Composée de dames israélites de Paris, elle a commencé le mai i85o et a été enregistrée la même année sous le n" 277. Elle a été instituée « dans l’intention de s’entFaider mutuellement en cas de besoin. » Elle accordait une indemnité de six francs par semaine, pendant trois semaines, aux sociétaires malades. Toutes les sociétaires étaient tenues de veiller, chacune à leur tour, les sociétaires malades. La sociétaire, âgée de 75 ans, était exempte de cotisations et de corvées. En i85o, la Société était présidée par Mme Cerf-Lévy et comptait 23 membres. Elle disparut vers i865.
Sœurs de Japhet. — Fondée en 1860 sous le n® 421. N’existe plus depuis 1878. — A eu pour présidents MM. Chailly (i863-i865) ; Carvallo (1865-1873); et Mme Lévy (1873-1878).
Société mutuelle de bienfaisance , — Existait en
Société du Progrès. — Fondée en 1866; dissoute en 1874. Mme Simon, présidente.
Il a existé certainement bien d’autres Sociétés de Dames. Mais les renseignements très vagues que nous avons sur elles ne nous permettent pas de les mentionner ici. Les annuaires israélites n’ont commencé à publier leurs titres qu’en i863. Enfin une vingtaine de Sociétés ne nous sont connues que par les noms des Dames qui les présidaient, et cela particulièrement de 1840 à i852.
APPENDICE