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CHAPITRE IV

EGOiSME ET ALTRUISME

Les sentiments d'afTection sont quelquefois vifs . quoique généralement peu durables. Un certain nombre de langues expriment par un même vocable les mots aimer et vouloir, désirer. Cette confusion a une signification assez philosophique ; elle indiquerait que le platonisme est inconnu sur la carte du Tendre africain. Il semble cependant que l'amour peut quelquefois y prendre une légère nuance de sentimentalité. Sans être fréquents, les exemples n'en sont pas rares. On relève, chez les Fangs, des faits de vendettas tirant leur origine de l'enlèvement d'une femme par son amoureux, en vue de la soustraire à la tyrannie d'un père et à la recherche d'un prétendant al)horré. — J'ai assiste, dans un village riverain du Ngoko, au tableau touchant de deux amants assis sur la place du village, se tenant embrassés dans la pose la plus abandonnée, et chez lesquels les regards,

l'attitude, le geste, le silence même témoignaient quelque chose de plus que l'amour purement charnel.

Chez les Noirs, l'amour maternel est ce qu'il est partout, fait de soins, d'attentions, d'abnégation; le dévouement de la mère pour son enfant est absolu et de tous les instants.

Le père est plus modéré dans sa tendresse pour sa progéniture. Parfois il se laisse aller à la prendre dans ses bras, à la faire marcher ou jouer. Il la cajole et la dorlote, à ses heures. Mais il ne s'attarde jamais à ces essais d'expansion.

En Afrique comme partout, chez les anfhropophages comme chez les tribus les moins sanguinaires, la femme partage les instincts propres à son sexe, la sentimentalité, la nervosité, le caprice, le désir de plaire . Elle sollicite les hommages ; elle aime la parure; les compliments sur ses charmes la flattent; la plus affreuse mégère n'y est pas insensible. Elle affectionne les mignardises, petits enfants, petits chiens, petits oiseaux. Elle minaude en les caressant. Elle jette des exclamations flùtées : « Qu'il est gentil, ma chère ! » Une mère étrangère passe dans un village avec son marmot. Chacune, à son tour, veut prendre l'enfant, le tenir dans ses bras, le pouponner, le faire sauter, le chatouiller pour le faire rire'.

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