‹ Les sociétés primitives de l'Afrique équatorialeChapitre 33 sur 122 · GAITE · texte numérisé non relu

GAITE

Le Nègre n'est ni gai, ni enjoué, ni drôle. Il est plutôt mélancolique. Les préoccupations matérielles ne lui laissent aucun loisir pour la joie.

L'homme des forêts a l'humeur triste et morose. Il rit peu. La prison végétale où il vit enténèhre son esprit. — L'homme des plaines est plus pétulant. Mais il va rarement jusqu'à la gaîté communicative et à la joie exubérante. Dans l'entraînement même des jeux et de la danse il apporte je ne sais quoi d'impassible et de mélancolique. Je parlerai plus tard de la danse; mais je veux noter ici, comme trait psychologique, le contraste bizarre qui s'y montre entre le mouvement désordonné, les gestes lascifs et le sérieux imj)erturbablc des visages. C'est une excitation à froid. Ces gens-là n'ont vraiment pas l'air de danser pour s'amuser.

Leurs distractions révèlent quelquefois une sorte de nervosité maladive. Des femmes se réunissent en

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