‹ Les sociétés primitives de l'Afrique équatorialeChapitre 34 sur 122 · GAITE · texte numérisé non relu

GAITE

petit groupe. Elles chantonnent une mélopée plaintive et bientôt se mettent à pleurer à chaudes larmes. Demandez-leur la cause de leur chagrin; elles répondent qu'elles n'ont aucun motif d'affliction, qu'elles pleurent pour s'amuser.

Je ne connais que les populations riveraines du haut Oubanghi * et une petite tribu de la haute Sanga ' qui soient d'humeur franchement gaie. Ils chantent à journée entière, abondent en farces, calembours, niches et espiègleries. Ils connaissent les petits jeux de société; tel le suivant. Celui qui, à la tombée de la nuit, aperçoit la première étoile dans le ciel crie : mapolo! Son camarade lui doit un gage. — Ils pratiquent volontiers les « scies ». Un jeune Bouraka. qui faisait partie de ma maison, avait imaginé de pousser, vingt fois le jour, sur un ton suraigu le cri : kè-kou! auquel il faisait succéder d'un ton plus grave un kè-kou-kè sonore. Cela ne signifiait rien; mais mon noir Gavroche était heureux de l'agacement que ce a bateau » produisait sur ses camarades.

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