INTRODUCTION IX
ensemble plus harmonieux, plus clair et plus intuitif. Je fuis par principe le détail anecdotique et qui n'est que pittoresque. Je cherche à faire l'embryologie de ces sociétés; à analyser leur naissance, leur développement, leurs progrès ; à dégager, s'il se peut, la genèse dans la masse sociale de ce principe primordial des associations humaines, l'autorité. Il faut donc disséquer l'embryon. Mais je voudrais, en même temps, éviter un écueil qui me paraît très grave. L'abus de l'analyse, de la dissection, de la dissociation, l'abus de l'étude de laboratoire conduit insensiblement à la conception d'êtres et de phénomènes en dehors de la nature. La nature est un bloc qui ne souffre pas d'être entamé sans être, du même coup, travesti. Et, s'il nous est nécessaire de la fractionner pour en ramener les parties à la mesure de notre compréhension, encore faut-il, de temps à autre, nous donner le loisir de l'examiner avec ce recul qui remet les parcelles à leur place et rend à l'ensemble sa figure et ses proportions réelles. L'échantillon desséché dans un herbier n'est pas la plante; la pièce anatomique macérée dans l'alcool n'est pas un animal. Je m'efforcerai donc de ramener sans cesse chaque partie au tout, espérant que le lecteur pensera comme moi que la redite n'est plus une faute de composition, si elle est systématique et voulue. Il est arbitraire de penser qu'il n'y a pas de science hors du chiffre, des mesures de temps, de longueur