‹ Les sociétés primitives de l'Afrique équatorialeChapitre 50 sur 122 · I. V. Largeau, Encyclopédie pahouine · texte numérisé non relu

I. V. Largeau, Encyclopédie pahouine

La remise de la pacotille au beau-père est opérée intégralement ou par fractions vers le moment de la livraison de la femme, soit avant, soit après, selon les conventions : c'est une affaire de solvabilité et de bonne foi réciproque.

Les Fangs — qui, décidément, tiennent un rang bien distinct dans la grande famille congolaise — pratiquent un usage tout différent. Le sexe aimable — utile aussi, comme on a vu — est coté à un tarif si élevé qu'il n'y a pas dans le pays de fortune capable d'en acquitter le paiement comptant. Nous savons déjà que les accordailles sont faites généralement dès làge le plus tendre. A ce moment, un premier versement est effectué soit par le futur luimême, s'il est en âge de posséder, soit par sa famille, s'il est encore mineur. La fiancée passe de sa famille dans celle de ses beaux-parents. Elle ne cesse d'y séjourner jusqu'à sa nubilité ; elle y reçoit l'empreinte des mœurs et des idées de son nouveau milieu, s'assimile les traditions locales, s'assouplit aux goûts et aux caprices du futur maître de ses destinées. Entre temps, le parti de l'époux continue à s'acquitter par versements successifs. Certes, il se fait tirer l'oreille. Le Fang est mauvais débiteur. Son créancier a bien de la peine à recouvrer le prix convenu; il est obligé de l'arracher bribe après bribe. Souvent il n'y peut parvenir; et, alors, c'est le conflit, puis la guerre. Nous reviendrons plus loin sur ce genre d'incidents. Supposons pour le moment la

Page 1