‹ Les sociétés primitives de l'Afrique équatorialeChapitre 67 sur 122 · I. Voir pngc 3yi · texte numérisé non relu

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sorte d'initiation à forme vaguement religieuse, comportant, selon les cas, des simagrées, un enseignement, des conseils, l'admission dans des sortes de collèges ou d'associations. Je n'insisterai pas ici sur ces points intéressants, qui, pour la clarté et la bonne harmonie de cette étude, gagneront ù être reportés au chapitre de la religion.

Du peu que les Noirs consentent à nous dire, nous entrevoyons que le cérémonial secret de la puberté doit comporter quelques manœuvres, quelques jongleries ayant comme prétexte l'initiation à la procréation. Chez la fille, l'intervention est des plus effectives. En nombre de contrées, elle est déflorée — si c'était encore à faire — au moyen d'engins artificiels convenablement façonnés. Des cérémonies et fêtes accompagnent et suivent cette préparation à la nubilité. Cette coutume est probablement dictée par l'idée de faciliter la conception ; elle trahit une fois de plus la constante préoccupation de maternité que j'ai déjà plusieurs fois signalée.

La circoncision, que l'on trouve en beaucoup d'endroits, a certainement, du côté masculin, un but analogue. Les vieilles gens d'expérience connaissent sans doute les complications possibles du phimosis, bien que les exercices prématurés dans l'âge tendre soient peut-être propres à en provoquer la dilatation progressive. D'ailleurs cette opération n'est pas généralisée à toutes les peuplades. Quelques-unes l'ignorent; d'autres semblent l'appliquer seulement d'occa-

sion, chirurgicalement. pour ainsi dire, et sans aucun apparat ; d'autres enfin l'illustrent d'un grand cérémonial et de fêtes pu]}liques. L'opéré vit à part jusqu'à complète guérison et porle pendant ce temps un costume spécial, composé, pour la partie essentielle, d'une sorte de jupe en feuilles de palmier.

J'incline à croire (mais je manque de données précises sur ce point) que la circoncision est d'application plus rigoureuse et plus constante chez les peuplades de l'intérieur que chez celles de la côte occidentale, oij, selon toute apparence, cette coutume a été en vigueur jadis, mais a fini par tomber en désuétude sous T influence de l'éducation chrétienne.

L'âge même auquel on procède à la circoncision est indéterminé. Ici elle est pratiquée dès les premiers jours après la naissance. Là — et c'est le cas le plus fréquent — on attend 1 âge de dix ou quinze ans, l'époque de la puberté, ou même plus tard.

Dans la première enfance, enfin, sont pratiqués les tatouages et mutilations qui seront à la fois le signe distinctif de la tribu et comme la médaille d'identité de l'individu. Ces marques sont extrêmement diverses : — perforation de la cloison du nez et des narines; des lèvres; du lobe, de la conque ou du bord de l'oreille ; incisions profondes ou mouchetures sur le front, les joues, la poitrine, le ventre, les bras; épilation des cils et des sourcils. Les membres inférieurs sont épargnés ainsi que le dos. L'introduc-

VIE DE l'iXDIVIDU DANS LA FAMILLE IqS

tion dans les incisions de matières colorantes est rare; le résultat cherché n'est pas tant l'obtention d'un dessin indélébile et qui, d'ailleurs, ne trancherait pas sur le fond noir de la peau, mais plutôt la production de cicatrices, surtout de cicatrices saillantes. En quelques contrées, pour assurer le relief, on détache un lambeau de peau, que l'on maintient ensuite soulevé, jusqu'après guérison, au moyen d'une boulette d'étoupe. Ainsi procèdent les élégants du Ilaut-Oubanghi et du Congo équatorial pour obtenir, ceux-là les trois ou quatre larmes de chair qui ornent leur front; ceux-ci, une crête saillante qui leur prête une expression féroce. Les perforations des lèvres reçoivent soit de longs cristaux de quartz', soit de larges disques de bois ou d'ivoire qui transforment la bouche en bec de canard ^ Dans le centre de l'Afrique ^ les deux lèvres sont bordées de rangées serrées d'anneaux de cuivre. D'autres fois, la cloison du nez est traversée d'un long dard de porc-épic ou d'un chapelet de perles*. Dans les ailes du nez on passe des bûchettes de bois, des clous, des culots de cartouches". Le pavillon de l'oreille est bordé d'anneaux ; le lobe est distendu par de grands disques qui le font retomber jusqu'à l'épaule ^

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